Au lendemain d'un concert de Dub Inc. à guichet fermé, de toutes autres sonorités viennent faire trembler la cave Doubiste puisque emo-screamo'n'roll, intense post-hardcore, accents pop et bases punk prennent corps (respectivement) au travers des prestations de Ampools, Aside From A Day, Lack et Servo. Un petit retard au planning n'aura pas changé le premier constat à effectuer : même si Ampools et Aside From A Day jouent à domicile, contrairement à la première édition, le public (parmi lequel on reconnaît des membres de Stellardrive, Hiro ou Membrane) ne s'est pas tellement massé pour se prendre une nouvelle mandale derrière les oreilles. Et le passage de Lack, dont les dates en France ne sont pourtant pas légion, n'y pourra rien. La faute à une alléchante affiche du Reperkusound 3 près de Lyon (Sick Of It All, Fishbone Aqme, Eths, Psykup, Sna Fu, Grimskunk, ISP, sans parler du lendemain...) ? Plus vraisemblablement aux "terrasses et aux canettes" selon Onito.

Aux environs de 21h45, Ampools s'atèle à entamer In noise we trust #2. Le moins que l'on puisse dire c'est que la combinaison screamo-émo-déboite-core passée à la moulinette rock'n'roll prend au tripes ! A défaut de remuer le public, l'alchimie composée par les "gamins" (si le groupe existe depuis 10 ans, ses membres sont très loin d'être des pré-retraités) de Ampools les habite profondément, au point de produire des convulsions désespérées sur Onito (chant) et de faire suer à grosses gouttes les autres membres du groupe, Antoine, Victouf et Joe. La formation présente son tout nouvel EP et bien sûr Puzzle sans oublier Hier, j'étais un autre ("Baudrier") en étalant sauvages bouillonnements de décibels, de sueur et de rock ! ("Hier soir le rock'n'roll m'a sauvé la vie"). Les émotions sont fortes, la débauche d'énergie est totale et la petite dizaine de titres "Ampoolsiens" laisse place à l'autre groupe Bisontin du soir : Aside From A Day.
Lack @ Cylindre (2008) Julien occupe la batterie, Dess semble méditer avec sa basse, Nico (membre aussi de Stellardrive) et Fred, tournent presque le dos au public, l'un guitare en main, l'autre face au clavier : voilà positionné AFAD, devant un halo de lumière rougeoyante. Histoire de ne pas effrayer le manant, le groupe débute son set tout en douceur. Puis vient inexorablement le moment du chaos et de la déliquescence, deux registres si bien amenés par le quatuor. C'est ainsi qu'évolue la prestation du groupe, entre percutions de haut vol, post-hardcore dense et hypnotique et passages planants, introspectifs, sollicités par des séquences et le clavier. Les interventions de Fred, accroché à son micro, ponctuent les longs mouvements instrumentaux et contribuent à cette dualité fureur/harmonie, caractéristique des Bisontins. En fin de concert, Aside From A Day, à l'actualité chargée (sortie du DVD Videography, participation à la méga-compil' Falling down), profite de l'occasion pour jouer un nouveau titre, extrait de son album (Manufactured landscape, déjà enregistré) à paraître à l'automne.
Le public qui s'était un peu éparpillé précédemment, se regroupe et s'agglomère devant des Danois en pleine tournée européenne (et sept autres arrêts effectués en France). Après avoir installé leur matériel, les Lack déconnent entre eux dans la langue de Andersen... et hop, c'est parti ! Mis à part quelques titres antérieurs, Lack déroule le tapis rouge à Saturate every atom, constituant son actualité, et prouve la fraîcheur des titres qui le compose. Le son "plus abrupt" tant espéré est au rendez-vous et le chant (aigue) de Thomas passe très bien sur scène, autant dire que les nuisances possibles se sont volatilisées. Placé au centre, Kasper, fait union avec sa basse, tandis que les guitaristes l'encadrent (Thomas assurant simultanément le chant est placé à droite) et Jacob, derrières ses fûts, ne tarde pas à transpirer généreusement lui aussi. Revigorant et carré, Lack enchaîne avec ferveur ses morceaux, véritables bombes à en déhancher plus d'un! Numéro 1 à l'applaudimètre, le troisième quatuor du jour se doit de remonter sur les planches pour un bref rappel lors de leur antépénultième date française...
Lorsque l'affiche de In noise we trust #2 a été annoncée, ne connaissant pas spécialement le groupe, je me demandais un peu ce que venait faire Servo. Une fois avisé, je me suis dit "un truc punkisant, pourquoi pas". Sauf qu'hier soir, c'est le groupe qui a dû se demander ce qu'il faisait là. Car la lourde tâche (selon l'expression consacrée) n'est pas revenue à Ampools d'ouvrir les hostilités mais plutôt à Servo de les clôturer. Une grosse partie de l'assistance s'est fait la belle après Lack et des quelques dizaines de gaziers encore présents au début du concert du trio, on ne dénombrait plus qu'une poignée d'individus à son terme. Mais Léo, Arno (sa tête de grand fou et son t-shirt "Le super beatnick") et Rémi ne désarment pas et assurent (entre quelques larsens) leur punk délirant (ou délires punkisants) devant une salle au bord du vide. Servo la joue "rigolard & binaire", n'oublie pas de remercier les derniers spectateurs et, pas bégueule, Léo se tortillera par terre, en vrai rockeur !