Kvelertak Kvelertak L'équipe du soir est composée de moi-même (intéressant, non ?) et de mon fidèle ami Mimi, spécialiste en bonnes histoires et en excellents tuyaux musicaux. Comme nous sommes tous les deux sur la même longueur d'onde, ça sent l'expédition qui va faire mouche. Le temps de nous garer tranquillou que nous pénétrons dans le club de la Rockhal de Esch-sur-Alzette, non loin de Luxembourg Ville.

Blood Command a déjà envoyé son set quand nous entrons dans la salle, et après avoir jeté un coup d'œil sur le merch des groupes (avec notamment le dernier LP de Kvelertak à 40 euros, bien les gars !), il est temps de prendre une bonne rafale de Planet of Zeus. Le quatuor grec envoie un heavy stoner rock qui fonctionne parfaitement bien, et même si le public n'interagit pas autant que le frontman qui harangue les foules, Planet of Zeus recueille néanmoins un accueil chaleureux de la part d'un auditoire plus concentré que concerné.

Il en sera de même pour Kvelertak qui donnera un concert explosif devant une assemblée clairsemée mais réceptive aux missiles envoyés par les six Norvégiens. Ce concert luxembourgeois, un des premiers de la tournée européenne (malheureusement écourtée pour les événements actuels), restera comme une belle leçon de rock'n'roll de la part d'un groupe véritablement en place. Dès "Rogaland", premier extrait de Splid, les compteurs s'affolent et Ivar Nikolaisen, en véritable maître de cérémonie, en impose par sa présence scénique aussi délurée qu'incontournable (le voir se vider une canette de bière sur le crâne ou boire le liquide provenant de la sueur de son t-shirt sont tout un programme !). Il faut dire que le début du concert a de quoi faire plier les plus valeureux d'entre nous. Rendez-vous compte : s'enchaînent successivement et quasi sans interruption cinq bombes (parmi lesquelles "Bruane brenn", "Necrosoft" et "Discord") exécutées à la perfection, et il faudra attendre le septième morceau pour reprendre son souffle. Pas pour longtemps, car le groovy "1985" fera danser nos vieux corps de rockeurs. On ne loupe aucune miette de l'exécution des morceaux par les trois fins limiers à la guitare, tandis que le basse/batterie fait des merveilles. Le son est de très bonne qualité (au contraire des lights poussives et peu inspirées), et on reste quand même surpris de la manière dont sonne la batterie (on se croirait à un concert d'Iron Maiden). Mais c'est clairement la complémentarité des guitares qui nous époustoufle. Le nouvel album aura les honneurs de la set list (8 extraits sur les 17 morceaux joués), et malgré une sortie datant d'une quinzaine de jours, le public semble déjà ultra réceptif aux nouveaux morceaux composant Splid. Le début de deuxième partie du set, piochant dans le premier et le troisième album, se veut résolument plus agressif et aura paradoxalement tendance à ramollir l'assistance. Mais c'est pour mieux rebondir par la suite avec le démentiel "Brätebrann", tandis que le rappel, composé de "Fanden ta dette hull!" (déjà un futur classique) et de l'hymne "Kvelertak", achèvera une assistance qui n'en demandait pas tant. Après pas loin de 90 minutes de set endiablé, nos amis norvégiens tirent leur révérence sous les applaudissements d'un public qui aura passé une soirée. mouvementée ! Sans nul doute un groupe à revoir en salle... en 2021 :-(