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Biographie > Rubik's kube

Dans ma quête inlassable et limite obsessionelle de tout ce que le petit monde de la musique compte groupes stoner/ heavy/ desert rock de qualité, je dois admettre que je n'avais pas encore de formation belge dans ma playlist. Des américains, des suédois, norvégiens, finnois, suisses et même français oui, mais belges, ce n'était pas encore fait. Voilà que le tort est réparé avec le débarquement de Kube dans nos pages. Natifs de Bruxelles (en Belgique donc... avis aux amateurs de perles...), Vince (chant, gratte), Deck (basse) et JF (batterie) composent le line-up actuel du groupe qui a connu depuis ses débuts (en 1997 quand même...) de nombreux remaniements de personnels avant d'en arriver là. En l'espace de neuf ans, Kube a également eu le temps d'écumer les scènes de sa Belgique natale et même d'y ajouter une petite louche de démos autoproduites, lui permettant d'affiner son style en toute sérénité. Le style justement, décrit comme du stoner punky wave, risque d'en envoyer plus dun au plafond, les trois membres du cube se revendiquant de l'influence de Queens of the Stone Age, Black Sabbath ou les Melvins... En clair, que du gros, du massif, de l'énergique calibré pour carboniser les tympans. Kube est-il capable d'assumer? Réponse dans la chronique de Stockholm syndrom, premier album studio sorti début juin 2006 chez Buzztown Records, la division de Buzzville (Artimus Pyledriver, Monkey3...) chargée de promovoir les groupes issus du Benelux.

Interview : Kube, Interview à peu près cubique (mars 2007)

Kube / Chronique LP > Stockholm syndrom

kube_stockholm_syndrom.jpg En voilà trois qui ont de l'énergie à revendre et qui n'hésitent pas à le faire savoir ! En dix titres tout rond, les Belges de Kube, n'ont pas hésité à mettre le paquet, histoire que l'on se souvienne (longtemps) d'eux. Pour un premier album, ils auraient eu tort de se gêner, mais là on prend carrément une rouste monumentale. Là où l'on pouvait s'attendre une grosse claque heavy rock monolithique qui allait décoiffer du brushing de poseur émo/pop trendy, Stockholm syndrom est un disque qui prend toutes les recettes du rock et les réacommode à sa sauce, sans jamais en mettre une goutte à côté. Laissant une large plage aux instrumentaux dans ses morceaux ("Army on my side" et le groovyssime "Shadows & stars"), Kube tisse des compositions tout en riffs abrasifs et énergie purement stoner. Et ce, sans que cela n'évoque trop quelque chose de déjà entendu ailleurs. La classe non ? Evidemment, les amateurs de rock couillu et un peu sablonneux reconnaîtront au détour de quelques riffs ou ambiances saturées la patte d'un Queens of the Stone Age ou d'un Melvins, mais pour le reste, les belges ont accouché là d'un album étonnamment inventif. Un "Someone to blame" toujours sur le fil du rasoir, rupture de rythmes, basse bourdonnante, solis de gratte tendant vers le psyché, Kube sait absolument tout faire, mais ne joue jamais à en mettre plein la vue. Ses morceaux le font déjà pour lui. Entre stone rock brut de décoffrage qui tabasse ("In bed") et power-stoner-pop enlevée ("Dreamin' of you"), le groupe câle quelques riffs atomiques comme on n'en a pas entendu depuis bien longtemps ("New life"). De mélodies à l'efficacité diabolique en rythmiques percutantes, Kube nous sert un album qui va te mettre la tête à l'envers plus vite qu'un demi-litre de vodka cul sec.
On se dit alors que ces gars-là ont quasiment tout compris au rock... et bien c'est pas faux, d'autant qu'ils en rajoutent une petite couche avec le caniculaire "Orgy". Lourd, psyché, envoûtant et hypnotique, du stoner rock avec des guitares (vous me direz, difficile de faire sans...), mais celles-ci sonnent comme personne et démontrent avec force ce dont est capable le combo belge. Laissant retomber la saturation et les sphères du psychédélisme désertique, Kube alourdi l'addition en faisant parler sa puissance sur l'instrumental "Running free". Basse rampante, maîtrise formelle de tous les instants et feeling imparable, les belges ne se reposent pas sur leurs lauriers et s'offrent en guise d'apothéose un "Are you blind" aux refrains accrocheurs et aux breaks en flux tendu. Massif et innovanat Stockholm syndrom est d'une surprenante virtuosité tant les belges s'appliquent à se réinventer en permance, à perpétuellement se mettre en danger, sans pour autant esquisser le moindre début de fausse note. Là, je m'incline...