rock Rock > Kraken Oxen

Biographie > Some words of madness poetry

Kraken Oxen est un projet initié et emmené par les anciens bassiste et guitariste de la formation noise Weeping Minds of Silence (séparé en 2004). Le groupe a, au départ, a vu le jour sous la forme d'un projet discographique baptisé Titan deceit et réunissant notamment divers musiciens, dont des membres de Duet, H2oil, Ezeki3l ou Enki. L'objet sort début 2005 sur le label Space Patrol et distribué par Overcome distribution. A l'occasion de North asylum sorti fin 2006 sur le label Alp/Runa, Kraken Oxen revient à une formation beaucoup plus réduite mais toujours composée d'intervenants du premier opus (Jérémie assure piano, basse et les voix, Mike, les guitares, Antoine, la batterie et Aurélien les voix), et enregistre douze titres de rock sombre, lo-fi et mélodique à la croisée des chemins entre rock indépendant lunaire, noise et post-rock.

Kraken Oxen / Chronique LP > North asylum

kraken_oxen.jpg Ceux qui avaient entendu parler de Kraken Oxen et de son rock mélodique obsessionnel attendaient sans doute de North asylum qu'il poursuive le chemin musical emprunté lors de Titan deceit. A l'écoute des premiers titres de ce deuxième opus, ces-mêmes auditeurs seront forcés d'admettre que la musique des tourangeois a gagné en noirceur ce qu'elle a perdu en mélodie. Car dans North asylum, tout n'est qu'ombre mystérieuse et songes labyrinthique. Le groupe livre des compositions lo-fi mais d'une étonnante complexité, celle-ci se mêlant à une démarche expérimentale affirmée pour laquelle, Kraken Oxen explorent au maximum les limites de ses instruments. Sorte de post-noise folk tentaculaire, le Kraken Oxen nouveau est un objet sonore difficilemment identifiable mais chargé en ambiances sombres, latentes, ineluctables et angoissantes.
Usant de la distorsion pour mieux nous dérouter, nous offrant quelque ersatz de mélodies blafardes avant de nous plonger dans ses ténèbres, le groupe a décidé de nous enfermer dans son univers malade... presque psychotique. Minimalisme surmonté de quelques fulgurances étouffées, contre-pieds innattendus se fendant de quelques perles troublantes et oppressantes, cette deuxième livraison signée Kraken Oxen a tendance à lorgner vers une scène indépendante française qui s'affirme de plus en plus (Chevreuil, Nelson) sans jamais céder une once de terrain aux impératifs du marketing musical. Enfermé dans "l'asylum" du titre de l'album, le rock du kraken se fait parfois plus acoustique, plus aride, tout en gardant cette retenue maladive, comme si la folie des quelques accès de rage se devait d'être contenue quoiqu'il advienne dans les arrangements fouillés et labyrinthique des douze titres composant cet effort. Jusqu'à quand ?