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Kiruna est une ville de quelques 18 500 habitants située en Laponie suédoise et qui est connue pour abriter la plus grande mine de fer à ciel ouvert que l'on puisse trouver sur le globe. Sinon, Kiruna, c'est également un combo lyonnais estampillé noise-core indie et adepte d'un "Do It Yourself" clairement assumé. Dès ses débuts en 2007, le groupe qui compte en son sein un ex-Llorah, se distingue sur scène en tournant notamment avec Gantz, Lvmen et Young Widows avant de sortir, dès sa première année d'existence un premier EP intitulé Social haven of cultural decline. Un an plus tard, les lyonnais remettent ça avec Penundaan, un vinyle LP 12'' une face sorti en édition limitée.

Kiruna / Chronique EP > Penundaan

Kiruna - Penudaan Kiruna aurait pu céder aux tentations hardcore qui transparaissent à l'écoute des premières secondes de Penundaan. Le groupe aurait pu se laisser aller à produire un album de noise-rock classieux et jouer les clones de Shellac, voire de leurs compatriotes de Marvin. Trop facile... Au lieu de ça, le quartet lyonnais a décidé de ne pas choisir et de livrer une musique hybride qui emprunte autant à l'un ce qu'elle rend à l'autre. Crossover indie-noise-core rock racé et sans concession, Kiruna ne fait rien comme les autres et préfère tracer son propre sillon musical, démontrant tout au long des quelques vingt minutes que compte cet effort, que l'on n'est jamais obligé de se laisser enfermer dans une case pour exister... Au contraire.
"Kwa Zulu Natal" démarre ainsi sur les chapeaux de roue et ne laisse pas le doute s'installer quant aux intentions du groupe avec ce Penundaan. Une fois passée une intro aux samples hérités de la culture musicale d'Afrique noire, Kiruna met les guitares en avant et développe un rock noisy parsemés d'éclairs hardcore qui savent mettre le doigt là où ça fait mâl(e). Un peu comme si Baxters, One Second Riot et Revok avaient décidé de fusionner leurs talents et de placer le résultat sous le haut patronage d'Unsane, "Bunk Morland" met rapidement les choses au clair. Kiruna ne compte pas jouer petits bras. Des torrents de noise pure coulent dans ses veines et ceux-ci, ajoutés à un feeling rock, quelques hurlements rageurs et un passage éclair dans le mixeur, font de "Two's a crow" un véritable manifeste de ce genre hybride qu'est le son des lyonnais.
Penundaan, un disque sous tension permanente, une oeuvre qui se fond littéralement dans une saturation électrique laquelle en accentue le côté rugueux et abrasif ('From Marrakech to Rabat inside out"). A l'énergie, balançant son spleen existentiel à la face de l'auditeur, ce sans gant ni retenue, Kiruna joue avec les larsens, distille un alliage noise-rock vénéneux aux effluves hardcore qui vient s'écraser contre les murs, enflammant le studio à coups de riffs incisifs et nous laissant définitivement à sa merci. Cinquième et dernier titre de cet effort, "Circles of affection" termine le travail. Le chant est toujours sur le fil du rasoir, scandé ou hurlé (voire les deux), il se fait l'écho d'une douleur vivace qui ne demande qu'à crever l'abcès, ce que le groupe ne fera pas complètement. Là encore cela semble volontaire, comme un moyen de brouiller un peu plus les pistes, rester tapi dans l'ombre avant d'exploser au grand jour sans prévenir...