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Biographie > Kinski

Kinski produit un rock presque exclusivement instrumental. A la fois mélodique, noise, spatial, énergique, psychédélique, ce groupe reste avant tout résolument rock. Avec des ambiances planantes, des sons noises, des riffs dynamiques et hypnotiques, il est difficile de rester insensible à cette musique qui nous transporte. Ce groupe de Seattle est dans la pure lignée du rock noise de Sonic Youth.
Formée en 1998, dès 1999 il sorte déjà leur premier album auto-produit Space launch for Frenchie. Suite à l'arrivée d'un second guitariste, l'album Be gentle with the warm turtle (2001) se fait remarquer par la presse musicale de Seattle . Après de nombreuses scènes locales avec des groupes du même esprit tel que Bardo Pond, Kinski part pour une tournée aux États-Unis et au Japon avec Acid Mother's Temple. Les textures de guitares du leader Chris Martin prennent toutes leurs dimensions dans l'album enregistré début 2002 Airs above your station. Véritable réussite dans l'ensemble, cet album représente tout à fait Kinski dans le son rock et atmosphérique. En collaboration avec Acid Mother's Temple un dernier album vient de sortir en octobre 2003 à la fois noise et très psychédélique… Avis aux amateurs !

Interview : Kinski, Kinskinterview (janvier 2004)

Kinski / Chronique LP > Down below it's chaos

kinski_down_below_it_s_chaos.jpg Kinski... pas grand chose à voir avec l'acteur fétiche du cinéaste allemand Werner Herzög, quoique, revient à l'été 2007 avec son troisième album : Down below it's chaos, toujours distribué par l'excellent Sub Pop (Band of Horses, Low, Friends of Dean Martinez ou Wolf Parade). Apôtre d'une musique essentiellement rock (post) / krautrock / stoner exigeante, le quartet originaire de Seattle est un groupe au succès confidentiel mais à l'aura assez étonnnate, Kinski a ainsi ouvert pour la machine de guerre Toolienne il y a quelques mois.
Il faut dire que le groupe possède une griffe musicale inimitable et de toutes les façons rarement imitée... S'amusant à déconstruire sauvagement le rock traditionnel, Kinski se plaît à construire des compositions à l'architecture sans cesse changeante. Des guitares grinçantes au fuzz typiquement stoner, des fulgurances noisy et rugueuses façon Jesus and Mary Chain, des riffs frénétiques, des rythmiques mid-tempo qui nous emmènent en apesanteur au-dessus de morceaux sur lesquels la saturation est reine, alors-même que les lignes de grattes s'entremêlent à n'en plus finir ("Boy, was I mad !"). Post-rock arty déjanté, noise brumeuse passionnelle, Kinski touche à tout sans jamais vouloir se poser durablement. On pense à Shellac pour les insaisissables divagations soniques... à Dinosaur Jr. pour la tension éléctrique permanente. La force du groupe est de ne jamais être où on l'attend, de sans cesse proposer des alternatives à ce que l'on a l'habitude d'avoir entre les tympans.
Des compositions étriquées ("Dayroom at Narita international", "Crybaby blowout"), une voix nonchalante et imparfaite, un son volontairement brouillon qui nous renvoie aux free-rock jazzy des 70's, Down below it's chaos ne ressemble à rien de connu et là est tout son intérêt. Entre ambiances intimistes et explosions sonores, Kinski est sans cesse sur le fil du rasoir, jouant les funambules à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sol. Les quatre américains sont donc peu connus, qu'à cela ne tienne, ils vont alors en profiter pour exploser les conventions et affirmer haut et fort leur personnalité musicale. Expérimental souvent, vintage par instants, le groupe brûle les étiquettes que l'on tente en vain de lui apposer pour livrer une musique à la fois chaotique et ordonnée, déviante et fulgurante. Le tout pour un un album riche en couleur, éléctrique et turgescent donc on ressort la tête à l'envers, les oreilles bourdonnantes, mais le sourire aux lèvres...

Kinski / Chronique EP > Airs above your station

Kinski : Airs above station Si vous voulez vous faire une idée de ce qu peut être Kinski, Airs above your station, sortie début 2003, est l'album à écouter… mais pas n'importe comment. Posez vous dans votre meilleur fauteuil, coupez le portable et mettez le CD dans la platine. Le premier morceau, "Steve's basement" est très atmosphérique et la mélodie arrive peu à peu pour vous transporter dans l'univers du groupe. L'ambiance de ce premier morceau rappelle Neurosis lorsque la batterie rentre en jeu. "Sémaphore" continue le voyage avec des sonorités issues d'un cocktail d'effets omniprésents sur la guitare de Chris Martin. Les riffs sont bien amenés. Il faut pas chercher la prouesse dans la technique pure mais dans la texture du son, les mélodies et cette capacité qu'à Kinski de faire monter en puissance leur morceaux dans une ambiance qui devient peu à peu noisy. On reconnaîtra à coup sûr l'influence de la scène de Seattle. Particulièrement de Sonic Youth sur "Rhode island freak out". Psychédélique par moment, noise à d'autres mais les harmonies sont toujours bien trouvés et la rythmique place définitivement le groupe dans un son rock. A consommer sans modération.