King Witch - Body of Light J'ai vécu un confinement assez agréable. Avec un rythme assez soutenu, entre télétravail très (tôt) le matin et charge d'enfant (au singulier et dans le bon sens du terme certes, mais il y avait quand même du boulot) l'après-midi. Un des avantages, outre le fait d'avoir passé énormément de temps avec ma petite famille, était de travailler en musique tout en étant concentré sur mon activité professionnelle. Sauf qu'il m'est arrivé une fois de stopper net toute activité sur mon PC tellement le disque que j'étais alors en train d'écouter était puissant. Ce disque, c'est Body of light de King Witch.

King Witch est un quatuor écossais menée d'une main de fer dans un gant de velours par la voix envoûtante de Laura Donnelly. Après une première production remarquée en 2018, le groupe, signé par Listenable Records, propose une merveille de heavy doom et enfonce le clou avec ce Body of light, long de soixante minutes pour neuf morceaux (quatre titres durent plus de huit minutes, parfait pour poser les ambiances lourdes et malsaines et sans se fixer de limite). Dès la mise en bouche avec le titre éponyme, combinant ambiance lourde et envolées rapides et maîtrisées, King Witch donne le ton d'un disque classieux et vertueux. Les deux pièces maîtresses de ce disque délicieux s'avèrent être les deux morceaux les plus longs : "Solstice I - She burns" pointe le bout de son nez dans une atmosphère lancinante se transformant au bout de huit minutes en complaintes heavy. Laura est aussi efficace quand il s'agit de poser une ambiance ou quand il est temps de lâcher les fauves. "Beyond the black gate" suit la même destinée et fait voyager l'auditeur dans un univers sonore difficilement descriptible. Et quand il s'agit d'envoyer des morceaux francs du collier (le rapide et démoniaque "Witches mark", le lourd et puissant "Order from chaos"), le groupe se sublime. Au même titre que quand il s'agit de faire rimer mélodies et volupté ("Solstice II" est un régal).

S'inspirant de Black Sabbathet Candlemass, le groupe écossais, jouant dans la même cour d'école qu'Avatarium (dont le dernier album est également une réussite), pose une bombe qui risque de faire pas mal de cratères dans le paysage stoner doom international. Du beau boulot.