Kimon Kirk - Altitude La musique est un pilier de ma vie. Oh, bien sûr, mes proches sont ma raison de vivre, mais la musique pourrait me faire vivre sans raison. C'est indispensable. Vital. Mon équilibre en dépend. La musique, je l'aime forte, bruyante, rapide, énergique. Mais mon âme de rockeur peut se retrouver complètement déstabilisé et profondément touché par le disque d'un artiste dont je ne soupçonnais pas l'existence il y a une heure et qui, après une seule écoute, sera gravé dans mon inconscient pour toute ma vie. Altitude de Kimon Kirk en est un exemple flagrant.

Musicien et producteur américain accompli (au regard de ses nombreuses collaborations avec, selon sa biographie, Grant-Lee Phillips, Aimee Mann, Session Americana), Kimon Kirk publie son deuxième album, dix ans pile poil après Songs for society. L'homme prend son temps, mais tout ceci est dérisoire quand les premières notes d'"Evergreen" résonnent. J'ai succombé au chant des sirènes en moins de trente secondes. Véridique. Grâce et volupté s'entremêlent dans mon esprit déjà conquis. Candeur et mélancolie forment une mixture enivrante et responsable d'un spleen dangereusement délicieux. Pop music, accents country, grosses rasades de folk rock (et bien plus encore) sont parfaitement maîtrisés par Kimon et ses acolytes. C'est plus que délicieux. C'est au-delà de la justesse. Et ça dépasse l'entendement d'un disque abouti.

Que le groupe hausse le rythme ou qu'une simple guitare accompagne les bouleversantes mélodies vocales de Kimon Kirk, tout est parfait. A l'image de la musique épurée et tellement riche en sonorités. Simple mais tellement spécial. Les douze œuvres d'art garnissant Altitude se découvrent et se redécouvrent à chaque écoute, une jolie sonorité en cachant une autre. La production est admirable, les arrangements léchés, et notre homme est aussi à l'aise quand il s'agit d'instaurer un moment de mélancolie ("Evergreen" pourrait m'arracher des larmes ; "What do I know", "Halfway right"), de sublimer un instant ("Baby who knows") ou d'assommer l'auditeur avec ses chansons pop rock délicieuses ("Trampoline", "The girl I used to know", "Failed myopic"). La bande son parfaite pour se laisser porter par la volupté et la richesse d'un artiste qui ne laissera pas indifférent les amateurs de Springsteen, Chris Isaak et même Beck.

Une grande bouffée d'air frais et dans la période suffocante que nous vivons actuellement. La musique de Kimon Kirk est à respirer à plein poumon. Et je ne remercierai jamais assez Théo (mon fournisseur officiel de superbes artistes) de m'avoir donné accès à ce bijou qu'est Altitude. Un disque attachant et déstabilisant.