The Kills - Midnight boom The Kills : un homme et une femme. Lorsque l'on est un duo rock, il n'est pas toujours évident de soulever les foules car l'on sait pertinemment qu'il va y manquer au moins un élement humain. Soit on s'en sort avec la composition parce qu'on est doué musicalement, soit ce sont les voix qui mettent tout le monde d'accord. Ou les deux ! The Kills, eux, se débrouillent avec une guitare, un chant et une boite à rythme. Alors, forcément, quand on fait de l'"électro-garage", on se doute bien que le niveau musical ne casse pas trois pattes à un canard. C'est du 100% brut. Pourtant, avec leurs moyens, le duo anglo-américain envoie néanmoins du groove, de la sueur et un brin de pop. La pop : c'est probablement la principale évolution apportée à ce Midnight boom. Mais ne vous y méprenez pas, on est bien loin des trucs pompeux de radios commerciales. La mécanique est toujours aussi bien huilée : guitare acérées, rythmes binaires minimalistes mais efficaces au possible et une voix des plus délicieuses.
C'est d'ailleurs cette dernière qui donne un intérêt spécial à ce quatrième album. Alison "VV" Mosshart évolue entre une vocalise écorchée et une douceur des plus absolues. Jamie "Hotel" Hince accompagne la belle avec sa voix dopée à la clope et à l'alcool. Cet opus sent véritablement la nuit : la piste de danse serait représentée par "Cheap and cheerful" et "Sour cherry", le peep-show avec "U.R.A. fever" et "Tape song" avec son refrain endiablé, le bar enfûmé avec scène de spectacle apparente avec "Hook and line" et "M.E.X.I.C.O." et la fin de soirée serait incarnée par "Black balloon" et "Goodbye bad morning".
Midnight boom, de par son évolution avec des morceaux plus joviales en général (et donc ses tubes potentiels), est l'album qui ouvrira très certainement les portes à un public pour qui The Kills rimait avec dépression et mal-être.