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Prenez une jolie voix, chaude et claire, un violon un peu taquin, un peu mesquin, une guitare volontaire et pas peureuse, une batterie discrète mais efficace, voila le groupe Khâro au grand complet. Debut de l'histoire en janvier 2000 quand Eric Karolewicz, 'Karo' quand il etait petit, et Caroline Hembise, dite Kâa, conjuguent leurs talents et leur musique, puis viennent un violon, et finalement une batterie, tout cela n'est pas très original, certes, ce qu'il y a d'original chez Khâro, c'est l'alchimie et la magie qui se dégage de leur musique. Entre un D Lud enflammé et un Despondents acoustique, Khâro suit son chemin rock. Quatuor acoustique, carré féerique, les tendances sont diverses et la passion partagée, rock acoustique ou rock de grand air, mettre une étiquette sur la musique de Khâro n'a que peu d'intérêt, l'écouter en a beaucoup plus.

Khâro / Chronique EP > Empty

Khäro : Empty Une contradiction comme titre, voilà une idée originale, Empty comme titre d'un EP regroupant cinq titres denses et magiques. C'est simple, percutant, et loin d'être vide de sens. Khâro continue de délivrer ces complaintes, un peu plus mélancoliques que dernièrement d'ailleurs. Une guitare discrète, des samples qui se glissent entre les interstices, Khâro continue son bonhomme de chemin avec un Empty qui fait écho à Lehvilu, un univers un peu plus sombre, telle une ombre passée aux rayons X et cinq titres homogènes qui se suivent sans pour autant se ressembler.
Khâro vibre sur "No smoking" et envoie sa peur dans les tréfonds d'un nadir surréel, guitare envoûtante, voix presque chevrotante, c'est cette répétition entêtante qui donne toute sa force à ce titre : coupure, interruption, le temps file, comme les notes qui s'égrainent désespéremment. Le vide n'est jamais totalement vide, celà serait trop facile et signifirait surtout le règne du néant, "Empty" quant à lui profite de l'effet Casimir et des fluctuations du vide pour surgir en furie d'une intro calme de 5 minutes. Comme on dit il faut se méfier de l'eau qui dort.
Proéminence électronique, "The last song" pourrait clôturer bien des chapitres en beauté, guitare lente et majestueuse, Khâro se fait plus langoureux et s'applique avec soin pour exploiter cette ligne mélodique sous-jacente, accords simples, Khâro laisse parler la musique, laisse les artifices aux vestiaires pour les indécis en manque de confiance. Cinq titres que l'on aura plaisir à écouter, à laisser s'écouler régulièrement aux travers des haut-parleurs, "The walker" y donnant un rythme régulier et appaisant.

Khâro / Chronique LP > Lehvilu

Khâro : Lehvilu Certains groupes n'ont pas besoin d'une longue présentation, juste un titre ou deux, des accords lancés dans le vide et le silence se fait, Khâro fait parti de ceux-là. Lehvilu confirme, après la démo de 2002, le génie du duo à créer des mélodies poignantes et des atmosphères magiques.
C'est à "I do", à qui revient la lourde tâche d'ouvrir cet album de 9 titres, chose qu'il fait à merveille, intro elfique, voix virevoltante, qui papillonne, prend de l'ampleur et prend magnifiquement appui sur la guitare qui respire, vie et meure tout à la fois, l'ensemble s'embrase, prend vie par lui-même, titille les glandes lacrymales et s'éteint lentement. En un mot, un seul : Whahoh...
La faculté qu'à le duo à créer, modeler, synthétiser des atmosphères avec ce petit bout de magie cachée qui propulse les hymnes au zénith, est vérifiée à mainte reprise sur Lehvilu, avec "I do", "More", "Untitled Document", "Dékalé" et les autres, une symbiose semblable à celle qui se dégage de Dead Can Dance.
Les sonorités électroniques de "Schizophrenik" ou "Khâro II" et les accents folk de "Lehvilu", se mélange avec les traits celtiques, Khâro joue à l'alchimiste, à l'apprenti-sorcier, notamment avec un "Absinth" où l'électronique s'empare de la barque, pousse un peu plus loin le paysage musical, la chimie musicale qui produit des étincelles, un croisement de NIN et de An Pierle, avec une voix chaude, cristalline, dont Caroline a le secret.
Khâro est un lagon sonore, un paradis harmonique, une entité faite de liquide amniotique, expérience musicale qui met en couleurs une peinture sonore, et confirme avec beauté et magie la talent du groupe.

Khâro / Chronique EP > Kharo

kharo : maxi Intro percussive, un peu decalée, un peu enchanteresse, et une guitare malicieuse, suave et sucrée, douce qui se rajoute dessus délicatement, violon qui intervient par pointe, un son pas très bien enregistré, un peu distordu, sâturé, et une voix cristalline, chaude, un joli brin de voix qui navigue sur ces flots mielleux, "What are you doing on a chessboard" et sa guitare subtile. Ca commence comme une vieille chanson canadienne, un peu folk, un peu Edith Butler, "Stanley and his beer" court dans l'air, une ambiance un peu feutrée, un peu intime, un vieux bar sous la neige, des murs en bois, un violon sur le côté, une guitare et une batterie qui font front, la voix rechauffe les coeurs, les âmes, s'appuie sur cette guitare acoustique, avec ces attaques charmeuses, et s'envole, déraille, plus vite, le reste s'enflamme avec effrontement. "Rage" et désespoir, un djembé qui initie le groove apres une guitare mélancolique, une voix qui illumine le tourbillon féerique, un violon qui s'insinue dans les strates mélodiques, crescendo, duo métaphysique, Khâro a une capacité indéniable à broder des atmosphères. Intro lente, vraiment lente, guitare mystérieuse, insaisissable, insolite, et une voix qui se glisse dans vos oreilles, chuchotement intrusif, humide, la voix s'écarte, mais reste vissée, violon un peu jazzy, batterie simple et complète, la montée est lente, douce, mais insidieusement, la voix se fait plus présente, plus insistance, "My penis" prend de la hauteur sur une guitare qui tombe dans les aigues, paradoxale et inquiétant, petite boucle interférentielle, qui chute sur une voix vertigineuse. L'atmosphère intrinsèque de Khâro, cette capacité à créer un grand espace apaisant, entre paysage un peu brumeux d'Irlande ou rougeoyant du Canada, impression inspirée par un violon qui agit par touche, par léger ajout de couleurs, peinture musicale, se retrouve sur "Mein bruder", et son couplet répétitif qui agit magnifiquement lors des changements de tons, de rythmes, de couleurs.
D'une sensualité froide et d'une émotion acoustique insaisissable, Khâro fait de la peinture sur notes, entre règne acoustique et ambiance paysagiste, un transport musical apaisant.