Khâro : Lehvilu Certains groupes n'ont pas besoin d'une longue présentation, juste un titre ou deux, des accords lancés dans le vide et le silence se fait, Khâro fait parti de ceux-là. Lehvilu confirme, après la démo de 2002, le génie du duo à créer des mélodies poignantes et des atmosphères magiques.
C'est à "I do", à qui revient la lourde tâche d'ouvrir cet album de 9 titres, chose qu'il fait à merveille, intro elfique, voix virevoltante, qui papillonne, prend de l'ampleur et prend magnifiquement appui sur la guitare qui respire, vie et meure tout à la fois, l'ensemble s'embrase, prend vie par lui-même, titille les glandes lacrymales et s'éteint lentement. En un mot, un seul : Whahoh...
La faculté qu'à le duo à créer, modeler, synthétiser des atmosphères avec ce petit bout de magie cachée qui propulse les hymnes au zénith, est vérifiée à mainte reprise sur Lehvilu, avec "I do", "More", "Untitled Document", "Dékalé" et les autres, une symbiose semblable à celle qui se dégage de Dead Can Dance.
Les sonorités électroniques de "Schizophrenik" ou "Khâro II" et les accents folk de "Lehvilu", se mélange avec les traits celtiques, Khâro joue à l'alchimiste, à l'apprenti-sorcier, notamment avec un "Absinth" où l'électronique s'empare de la barque, pousse un peu plus loin le paysage musical, la chimie musicale qui produit des étincelles, un croisement de NIN et de An Pierle, avec une voix chaude, cristalline, dont Caroline a le secret.
Khâro est un lagon sonore, un paradis harmonique, une entité faite de liquide amniotique, expérience musicale qui met en couleurs une peinture sonore, et confirme avec beauté et magie la talent du groupe.