kharo : maxi Intro percussive, un peu decalée, un peu enchanteresse, et une guitare malicieuse, suave et sucrée, douce qui se rajoute dessus délicatement, violon qui intervient par pointe, un son pas très bien enregistré, un peu distordu, sâturé, et une voix cristalline, chaude, un joli brin de voix qui navigue sur ces flots mielleux, "What are you doing on a chessboard" et sa guitare subtile. Ca commence comme une vieille chanson canadienne, un peu folk, un peu Edith Butler, "Stanley and his beer" court dans l'air, une ambiance un peu feutrée, un peu intime, un vieux bar sous la neige, des murs en bois, un violon sur le côté, une guitare et une batterie qui font front, la voix rechauffe les coeurs, les âmes, s'appuie sur cette guitare acoustique, avec ces attaques charmeuses, et s'envole, déraille, plus vite, le reste s'enflamme avec effrontement. "Rage" et désespoir, un djembé qui initie le groove apres une guitare mélancolique, une voix qui illumine le tourbillon féerique, un violon qui s'insinue dans les strates mélodiques, crescendo, duo métaphysique, Khâro a une capacité indéniable à broder des atmosphères. Intro lente, vraiment lente, guitare mystérieuse, insaisissable, insolite, et une voix qui se glisse dans vos oreilles, chuchotement intrusif, humide, la voix s'écarte, mais reste vissée, violon un peu jazzy, batterie simple et complète, la montée est lente, douce, mais insidieusement, la voix se fait plus présente, plus insistance, "My penis" prend de la hauteur sur une guitare qui tombe dans les aigues, paradoxale et inquiétant, petite boucle interférentielle, qui chute sur une voix vertigineuse. L'atmosphère intrinsèque de Khâro, cette capacité à créer un grand espace apaisant, entre paysage un peu brumeux d'Irlande ou rougeoyant du Canada, impression inspirée par un violon qui agit par touche, par léger ajout de couleurs, peinture musicale, se retrouve sur "Mein bruder", et son couplet répétitif qui agit magnifiquement lors des changements de tons, de rythmes, de couleurs.
D'une sensualité froide et d'une émotion acoustique insaisissable, Khâro fait de la peinture sur notes, entre règne acoustique et ambiance paysagiste, un transport musical apaisant.