Rock Rock > Keiko Tsuda

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Keiko Tsuda annonce fièrement la couleur sur son MySpace "Nous sommes tous des steaks hachés". Que dire après une réflexion philosophique empreinte d'une si grande sagesse ? Peut-être que les Keiko sont deux, qu'il y a d'un côté Florian (guitariste de Tempus Fugit et FloG) et de l'autre Jean-Phi (batteur de Mondragon)... Qu'à deux, ils ont assuré quelques premières parties remarquées (Dianogah, Papier Tigre, Pneu, Goodbye Diana...) et qu'après ça, ils ont enregistré en 2 jours (oui, deux jours...) un premier album composé de 8 titres et finement baptisé 1,2,3,4,5,6,7,8, peut-être une référence ironique à une étiquette "math-rock" qu'on leur colle bien volontiers.

Keiko Tsuda / Chronique LP > 1,2,3,4,5,6,7,8

Keiko Tsuda - 1,2,3,4,5,6,7,8 1,2,3,4,5,6,7,8, voilà le titre d'album qui ne s'embarrasse pas avec les futilités. Mais comme les Keiko Tsuda ne sont pas du genre à jouer la carte de la facilité, ils ont donné des noms à leurs morceaux. Et pas n'importe quoi. On s'attendait à une formule mathématique, une vague démonstration résolvant finement le problème de la quadrature du cercle, on a droit à "Rouleau de printemps" et "Steak haché" en guise de mise en bouche. Là forcément comme tout bon chroniqueur du W-Fenec qui se respecte, on s'assoit et on dévore ce premier effort des Keiko avec appétit. Et dès lors difficile de ne pas se laisse harponner par ce mélange math-rock semi-improvisé un peu "ovniesque", qui n'est pas sans évoquer par instants les fulgurants Chevreuil, voire les Pneu ou les groupes "made in Distile Records" (Looking for John G, Swims, 37500 Yens...) dans les quelques accélérations électriques qui parsèment "Ball trap". Des boucles math-rock qui s'entremêlent à l'infini, une maîtrise rythmique diabolique, le duo parvient à sortir des sentiers battus tout en restant (relativement) accessible. A part "Tic tac" qui nous laisse un peu circonspect.
Mention spéciale à "Exploding whales", modèle du genre qui ravira les inconditionnels de ce style, ceux-là mêmes qui se délectent de ces groupes qui savent varier comme personne leurs signatures rythmiques en usant à loisir de mesures asymétriques. On ne sait pas si le groupe revendique son "appartenance" à ce courant rock cérébral, mais un titre comme "Willy" avec son final toute en dissonances et assemblages un peu déglingués devraient convaincre ceux qui ont érigé ce système métrique atypique comme code d'honneur (ou presque). Difficile de trouver des mots pour décrypter ce qui ne peut vraisemblablement être "décrit". Car Keiko Tsuda livre ici un disque âpre et rugueux qui refuse de céder aux avances de la superficialité pour aller directement au bout de son concept. Aussi exigeant soit-il. Une démarche artistique qui trouve paradoxalement son aboutissement dans l'improvisation, là où on imaginerait l'oeuvre du duo, comme une très fidèle interprétation d'un texte déjà maintes fois retravaillé. C'est dans ce côté immédiat que le groupe arrive à trouver l'aboutissement de ce 1,2,3,4,5,6,7,8...