karma_to_burn_wild_wonderful_purgatory Dire que le parcours de KTB au sein de l'industrie du disque a été semé d'embûches est plus qu'une innocente lapalissade, c'est une triste vérité. A leur décharge, rares sont les majors voire même les gros labels indépendants à miser sur un combo de stoner/ heavy rock exclusivement instrumental. Paraîtrait que ce serait difficile à placer en tête de gondole. Dommage, ça commence à être tendance de nos jours, comme quoi, les précurseurs sont toujours mal payés. Quoiqu'il en soit, suite aux défections successives (c'était pas une mauvaise chose d'ailleurs lorsque l'on y réfléchi bien.) de leurs chanteurs, loin de toutes les considérations commerciales susceptibles de pervertir leur musique, les Karma to Burn sont redevenus ce qu'ils étaient, rappelons-le, à leurs débuts : un groupe instrumental. Un retour aux sources baptisé Wild wonderful purgatory, débarqué dans les bacs en 1999, sans doute une manière comme une autre de se racheter une virginité. Peut-être même un peu plus d'ailleurs, tant le premier titre de cet album claque à la face de l'auditeur avec ses riffs brûlants et sa rythmique carrée au possible. Petit hic, Karma to Burn se loupe royalement sur le second titre avant de se rattraper haut la main avec le troisième. Et là, c'est le drame, on recommence avec le 4e, un titre sans âme, sans inventivité. Voilà en gros le problème du rock instrumental : sans chant, quand ce n'est pas vraiment passionnant au début, ça devient rapidement d'un ennui mortel. D'autant qu'ici, KTB semble rater (ou réussir, c'est au choix, selon que l'on est d'humeur indulgente ou pas) un titre sur deux.
Verdict identique sur le reste des titres de Wild wonderful purgatory, qui ressemblent par moment au purgatoire du titre, un état de fait d'autant plus rageant lorsque l'on découvre que ce n'est autre que l'innénarable Neil Fallon (Clutch) qui devait initialement poser son flow sur les titres de cet album. En clair, une déception (relative) en douze mouvements au regard de ce dont semble être capable le groupe. et si quelques titres sortent évidemment du lot (les pistes 9 et 12 notamment) on était en droit d'attendre un peu plus de Karma to Burn. Séance de rattrapage au prochain numéro.