Du pareil au même Autant vous le dire tout de suite, cette chronique de ce premier album de Justin(e) aurait dû figurer dans ces pages depuis quelques mois. Ok, cette galette n'est pas toute neuve, mais mieux vaut tard que jamais (on se rassure comme on peut, hein ?). Et pourtant, ça ne veut pas dire que je viens de me mettre entre les écoutilles ce disque punk rock qui déboite sévère. C'était pourtant mal barré. Quand j'ai reçu Du pareil au même, le nom de Justin(e) évoquait pour moi les petits protégés de Guerilla Poubelle, sensation dans le microcosme français du punk rock. Je ne suis pas un grand fanatique de GxP, alors tout de suite, un a priori aurait pu s'installer. Mais non, j'ai vite envoyé le skeud dans ma haute fidélité, et franchement, grosse baffe. Grosse grosse baffe. Chant en français, compos bétons, refrains efficaces, Justin(e), dès son premier effort longue durée, a déjà tout compris. Quatorze titres scandés totalement dans la langue de Molière, et une ribambelle de tubes. Le quatuor Nantais recycle avec un son moderne la grande tradition du punk rock français des années 80. L'esprit des groupes contestataires de la "grande époque" associé au chant à la limite de la saturation rend l'ensemble très attrayant, surtout que Justin(e) joue avec son temps bénéficiant d'une production des plus actuelles ; en ayant su digérer ses influences tant ricaines que frenchies. Le son est massif, les mélodies sont imparables et les textes largement compréhensibles à la première écoute (et ça, c'est vraiment un plus) oscillent entre sujets plus ou moins graves et cynisme à outrance presque hilarant. Justin(e) en veut, les quatre frappent un grand coup avec ce disque qui mérite une oreille (et un coup d'œil à l'artwork du livret impeccable.) Franchement, Justin(e) vient de foutre un sacré coup de pied dans la fourmilière et ce qui est sûr, c'est qu'il va falloir compter avec eux dans l'avenir. Putain, mais quel con, pourquoi avoir tant attendu avant de vous parler d'eux ? Vive le rock burné, vive le punk rock efficace, vive les mélodies, vive les morceaux bien faits, vive Justin(e) !!!