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Biographie > Brutus ?

C'est en 2004, que Junius fait ses premiers pas en écrivant des morceaux qui se réclament alors autant de Bedhead ou M83 que de Philip Glass. Après un an de travail, le groupe sort en 2005 son premier EP, Forcing out the silence, bientôt suivi quelques mois plus tard de l'album Blood is bright (Radar Recordings, 2006). Plus de 200 concerts au compteur lors de ses deux premières années d'existence, Junius s'investit pleinement dans sa musique et enregistre alors ses disques avec Will Benoit (de Constants) et les fait masteriser par Nick Zampiello (Converge, Isis, Torche). Le retour critique est éloquent, la presse est à genou et permet au groupe de tourner encore plus et notamment de traverser l'Atlantique pour jouer sur le vieu continent. En 2009, les Américains sortent leur deuxième album via The Mylene Sheath/Make My Day Records (Caspian, Constants, Gifts from Enola...).

Junius / Chronique LP > Reports from the threshold of death

Junius Automne chargé en matière de sorties orientées post-rock et affiliés, c'est sans doute la saison qui veut ça et pour pallier à la sinistrose ambiante, certains groupes se sont mis en tête de livrer des disques de très haute volée. On a notamment eu Blueneck ou Russian Circles pour ne citer que les plus évidents, voici Junius et son Reports from the threshold of death qui, avec son mélange post-rock + metal tellurique + chant à la Deftones, s'élève très haut dans les sphères émotionnelles d'une musique à l'intensité palpable, bouleversante. "Betray the grave", titre inaugural de l'album est une claque magistrale, témoignant de l'évolution du groupe en matière d'écriture ; "All shall float" vient confirmer que le Junius cuvée 2011 évolue décidément à un sacré niveau. Et le groupe d'enterrer de lui même un The martyrdoom of a catastrophist, certes pas mauvais, loin s'en faut, mais clairement très en deçà de ce nouvel opus.
Comme à son habitude, le groupe n'hésite pas avec l'emphase mais cette fois sait mieux travailler le dosage que jamais pour conserver une véritable constance dans l'effet, avec toujours cette question d'intensité et de vibrations sensorielles qui agitent l'auditeur dans tous les sens à l'écoute de "Dance on blood" ou "A universe without stars". Des mélodies déchirées, des arrangements tantôt pesants tantôt plus aériens et une question récurrente, qu'est-ce donc que cette musique pratiquée par Junius ? Celle-là-même qui se plaît à jongler avec les étiquettes, à faire virevolter les émotions, à dresser un mur de décibels avant d'envelopper un "Haunts for love" ou "(Spirit guidance)" d'un halo légèrement shoegaze. La réponse est toujours aussi floue. La trame narrative est comme souvent typée émo-rock et derrière, le groupe laisse une belle place à quelques fulgurances post-métalliques, avec plus ou moins de réussite, souvent plus que moins du reste, à l'image du monumental "The meeting of pasts" ou du très beau "A reflection of fire" sur lesquels le groupe emmène avec lui l'auditeur dans une autre dimension. Les deux derniers morceaux sont une formalité et confirment un peu plus que Junius fait définitivement partie de la caste des grands.

Junius / Chronique LP > The martyrdoom of a catastrophist

Junius - The Martyrdom of a Catastrophist Intro nébuleuse, une montée en pression des guitares, un chant bien mis en avant (vraiment très en avant...), des instrumentations oscillant entre indie-pop et post-rock ascentionnel, "Birth rites by torchlight", titre inaugural de The martyrdoom of a catastrophist ne manque pas de qualité, quand bien même ce chant a quelque chose de tellement agaçant qu'il nous force finalement à baisser le son... pour mieux le ré-augmenter lorsque les guitares (re)prennent le pouvoir. Un vrai travail sur les ambiances sur "The antediluvian fire" sorte de western-song au post-rock fantomatique, des mélodies finement ciselées et un chant se trouvant à la croisée des chemins entre Dredg et Interpol, sauf que c'est too much, surtout sur les refrains, Junius avait pratiquement tout bon. Pratiquement on a dis. En clair, après deux morceaux, on est partagé entre plaisir pur et frustration agaçante. Un interlude plus tard et le groupe laisse un piano initier la trame mélodique d'"A Dramatist plays catastrophist" et parvient à éviter l'écueil des titres inauguraux pour affirmer un peu plus sa griffe musicale. Une étonnante palette de couleurs utilisée par les Américains qui jonglent entre les atmosphères et les motifs harmoniques sur "Ten year librairian", quelques part au point de convergence d'une pop-shoegaze hallucinée, d'un post-rock-core enfiévré, avant de s'attaquer à l'escalade du sommet de son album : "Stargazers and gravediggers". La petite merveille mélodique de The martyrdoom of acatastrophist. Rares sont les morceaux à attendre un niveau tel qu'ils suffisent à eux seuls de convaincre d'acquérir l'album. Surtout que la suite se maintient à peu près sur les mêmes hauteurs, d'"Elisheva, I love you" à "Letters from Saint Angelica", malgré quelques architectures un peu ampoulées, avant de conclure en beauté avec l'envoûtant "The mourning eulogy". Des qualités indéniable, un gros défaut de conception..., un peu rageant cet album trop emphatique mais pourtant d'une élégance mélodique rare. Reste quand même un magnifique objet, emballé dans un digisleeve deluxe très classe, qui vient confirmer une fois de plus que chez The Mylene Sheath (Caspian, Gifts from Enola déjà...), on ne rigole pas avec la notion de collector...