Julii Sharp est une jeune guitariste-chanteuse installée à Toulouse, qui compose un répertoire situé à la lisière d'une folk lumineuse et d'un pop-rock sans fioritures, toujours guidé par l'émotion. À l'aise en solo, elle a pourtant très vite choisi la force du collectif, d'abord avec un EP prometteur, Toucan, paru en 2023, puis avec Burning line, son premier album, publié deux ans plus tard. Ce nouveau disque nous a immédiatement égayés, un peu à la manière de ceux de Claire Days. Pas de détours inutiles, ici la musique nous touche en plein cœur. Julii Sharp y affirme un goût inaltérable pour les mélodies délicates qui caressent l'oreille, tout en laissant régulièrement surgir des élans plus nerveux, lorsque les guitares s'emballent et que la cadence se fait plus appuyée. L'excellent single "Pirates in the room" en est l'exemple le plus évident avec sa montée en intensité à la fin donnant autant envie de fermer les yeux que de taper du pied.
Burning line s'impose ainsi comme une succession de morceaux pleinement accomplis, enregistrés en live avec l'expérimenté Olivier Cussac. Un choix loin d'être anodin, tant le musicien, connu pour ses compositions de BO de films (Les as de la jungle, Pil...) et ses collaborations avec Slift, Karkara, Dirty Fonzy ou Aquaserge, sait capter les vibrations avec justesse et préserver la sincérité des interprétations. Le son respire, les arrangements restent sobres mais précis, laissant toute la place à la voix et à la dynamique du groupe. De délicates ballades aux morceaux les plus frétillants, à l'image de "Chrysalis" aux accents indie pop rappelant Metric, Julii Sharp déploie un rayonnement vocal constant. Elle y raconte, sans pathos ni grandiloquence, les thèmes universels qui jalonnent nos existences comme l'amour, la mort, ou l'amitié. Avec Burning line, la Toulousaine signe un premier album d'une maturité déjà affirmée, baigné de couleurs chaudes traversées de subtiles froideurs, à l'image de ce visage pâle sur la pochette qu'elle a elle-même peint. Un disque sensible et incarné, où la nostalgie se mêle à la poésie, et ce, jusqu'à sa dernière note sur la magnifique "Atmosphere".
Publié dans le Mag #69

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