Planet of tapes Un Dimanche est un micro-label qui a peu de groupes dans son écurie mais qui ne manque pas d'idées et n'hésite pas à faire la promotion de la musique indé sans oeillère. Car oui, quand un label sort une compilation, c'est souvent pour faire de l'auto-promo et placer ses jeunes pousses au regard de tous, ici seuls Apple Jelly et Jose and the Wastemen représentent la maison. Avec Planet of the tapes, l'équipe Un Dimanche s'est donc fait des plaisirs multiples et autres qu'onanistes... Déjà, la compil' sort sous la forme d'une K7. Le truc des années 80' que les jeunes d'aujourd'hui peinent à imaginer et ne comprennent même pas comment on pouvait "rembobiner" quelque chose et ouvre grand les yeux si on leur parle d'"autoreverse"... Premier plaisir donc, faire revivre le format symbole de l'échange et donc des premières copies et compilations faites maison... Bien entendu les titres sont dispos en mp3 pour ceux qui ont jeté leur magnétophone et leur walk-man. Planet of the tapes c'est aussi un nom et un visuel, double plaisir ici avec deux références cultes tant littéraires que cinématographiques, deux monstres de la Science-Fiction La planète des singes et 2001 : l'odyssée de l'espace. Enfin, ils ont sélectionné tout un tas de groupes pop/rock/folk et les ont convaincus de trouver des inédits pour donner encore plus d'intérêt à la compil (au final 16 des 24 groupes proposent une exclue !). Parmi ces groupes on remarque les Slut Machine et leur "Mississipi" qui oscillent entre le grunge gras des débuts de Nirvana et le sludge de l'embouchure du fleuve éponyme et les groupes qui envioent du bois avec des poils autour (Duster 71, The Ludes, Flashfalcon, Vegas Parano, Lads in Vertigo, Troma Lisa) et font plus de bruit que The Easy Aces ou Owen Temple Quartet plus sages... Mais pas autant que les combos pop plus ou moins inspirés (The Barettes ou Kinda Weird Fishes ne m'ont pas marqué), s'en sortent bien mieux les lumineux Apple Jelly, les doux Mai ou Staircase Paradox. Dans le lot, on a aussi un peu de folk (Modern Folks et Lull) et d'électro (Benn et Aluminum Babe). Restent 4 OVNIS dont Jose & the Wastemen dont le "Heading for the holy mountain" est assez spatial et Mount Analogue et leur "Saavik" post-pop-électro-expérimental.
24 groupes d'horizons divers s'offrent à toi alors si en plus d'écouter de la bonne musique et te la péter avec une jolie K7 placée en évidence dans ton salon, tu sais ce qu'il te reste à faire...