JSBE - Orange Introduire Orange avec "Bellbottoms", le meilleur morceau de l'album, c'est soit un coup de génie qui en appelle d'autres, soit que Jon Spencer souhaite atomiser immédiatement les petits oreilles de l'auditeur pour mieux en capter son indulgence par la suite. On en a pas douté un seul instant mais c'est la première option qui prédominera : le trio a déjà une réputation d'usine à tubes et à aucun moment celle-ci ne subira de démenti dans Orange. Le Jon Spencer Trio enchaine les succès et avec un brio presque insolent.
"Bettlebottoms" ou comment plier une affaire en quelques minutes : du riff enflammé et la voix du manitou rock'n'roll, du break jouissif en veux-tu en voilà, le tout servi dans une dynamique vicieuse et cinglante... Bref, une énormissime entame d'album comme seul les new-yorkais en sont capables. Moins frontal, "Ditch" casse le rythme sans pour autant casser notre plaisir. Le savoir faire d'un groupe qui n'a déjà plus rien à prouver en étendard et toujours un paquet de bonnes idées dans un seul morceau : à base de riff excellent, de break ravageur, de folie rock'n'roll et ce saxophone positivement souffreteux qui vient conclure le titre. "Dang", c'est du Jon Spencer Blues Explosion qui percute et trace sa route sans que quiconque puisse l'arrêter dans son entreprise. Toujours excellent. "Very rare" séduit grâce à ce groove nonchalant et sa facette instrumentale, preuve s'il en est que dans le trio, pas de question d'égo. Quand la musique se suffit à elle même, Jon Spencer sait se mettre en retrait pour laisser parler la puissance de feu du collectif. Dans la collection de titres géniaux qu'est Orange, "Blues X man" remporte les suffrages, peut-être parce que c'est avec ce brûlot que votre serviteur a fait connaissance avec le groupe sur une compilation live du Tibetan Freedom Concert organisé par les Beastie Boys (Mike D apparait d'ailleurs en tant que remixeur sur le second cd). Le groupe n'a jamais autant mérité son "Explosion". Orange, c'est la classe à l'état pur.

NdR : On t'épargnera la chronique des suppléments inhérents à la réédition, ils valent variablement leur pesant de cacahuètes selon ta fan-attitude, les intervenants et ton degré d'ouverture d'esprit. Si tu lis cette chronique, on ne se permettra pas de douter ni de l'un, ni de l'autre. Réédition mortelle quoi qu'il en soit. Pas l'ombre d'un foutage de gueule, Jon respecte visiblement ses fans, c'est pas le cas de tous les groupes un tant soit peu reconnus.