En 2020, je découvrais le "punk-rock métallisé déglingo" de Joe La Truite au travers de ... Trapped in the cosmos. Une salade de pangolin aux rhinolophes, un nouveau batteur (Martin) et quelques mois plus tard, le trio livre un nouvel album encore plus fouillé (et pas si fouillis) et abouti (et pas si marabouté) : Ultimate ninja storm 2 : full zguen.
On est désormais plus sur du "metal-rock punkisé allumé" et on est autant capté par la musique que par tout ce qui l'accompagne. Comprends par là que les Bucco-Rhodaniens nous plongent dans un univers un peu particulier qui mélange tout un tas d'éléments de la pop culture et du gaming sans rater l'occasion de faire un décalage absurde. Ainsi avec le premier titre, tu peux te laisser emporter par la vague d'énergie, le riff tournoyant, le beat trépidant, le chant qui semble se répondre à lui-même et kiffer les arrangements décoratifs autant que la puissance déployée par la guitare couplée à la batterie sur la fin ou alors te pencher sur ce "Little ninja zombie cyborg" dont l'histoire est documentée dans un livret "manuel" à l'intérieur du digipak, un petit être dénué de réelle intelligence, mais doté d'armes redoutables qui lui permettent d'affronter "Cosmozouk" dans "Octogone 8000" quelques pistes plus loin (le tout commenté par Michael Buffer ?). Le zguen n'est pas toujours positif, son côté sombre amène autant la pluie que la nuit avec son cortège de riffs lourds et de ruptures qui viennent tester tes articulations ! En dessins comme en textes, précis et créatifs, l'album se vit les yeux grands ouverts si on plonge dans le concept, mais peut tout aussi bien se déguster uniquement avec les oreilles puisque le fond ne l'emporte pas sur la forme, même sur le générique de fin des "Credits" (un instrumental car la folie du combo n'a pas poussé le délire jusqu'à chanter les réels crédits). Tiens, en parlant de générique, "Light speed" fait un gros clin d'œil à celui, iconique, de Batman composé par Neal Hefti dans les années 60. La télévision (via les séries et les dessins animés), mais également le cinéma (l'intro de "Dramaticus collatio" jusqu'au débarquement des locutions latines !), nourrissent le monde très ouvert de Joe La Truite qui arrivent donc à nous projeter des images mentales en plus de ses sons !
Finalement, ce Ultimate ninja storm 2 : full zguen ne part pas tant dans tous les sens que ça, car musicalement comme scénaristiquement, Joe La Truite suit des lignes directrices assez claires et ses incartades un peu foutraques ne sont que des incartades, c'est ce qui permet au groupe de rester dans le zguen.
Publié dans le Mag #67


