Jeudah - While we sleep Le side-project de deux side-project donne t-il un album side-car ou un album tout pourri ? Une équation qu'il m'a été donnée de résoudre avec un plaisir coupable. Si vous avez lu les lignes précédentes, vous aurez surement compris que cet album a été écouté avec énormément de circonspection au départ. En gros fan de Khoma/Cult Of Luna, on traque toujours la nouveauté et l'intérêt s'est porté tout naturellement vers ce projet, sans pour autant connaître le pédigree de Kristian Karlsson de Pg.lost.
Commençons par le coté pratique des choses avant tout : album commandé directement sur le Bandcamp (pour une dizaine d'euros si vous voulez le télécharger et l'avoir en physique ou cinq euros pour un téléchargement simple), il faudrait être sévèrement aveugle pour ne pas louer cette intention.
La première écoute déroule un "Things will fall apart" très ambiance, très agréable, très Sigur Ros, idéal par un temps de pluie ou de neige. Essayez l'été prochain, vous verrez. S'ensuit le tubesque et incontournable "While we sleep, dans la veine de ce que Khoma nous propose de mieux, mélo, simple et efficace. Le troisième morceau, "Gone", est une petite gâterie pop sucrée comme on les aime sans trop l'avouer, franchement cul-cul mais sur lequel on revient avec un plaisir coupable (Comme caresser un Cactus, la dream-team du W-Fenec ne me contredira pas). On enchaine ensuite avec "Seconds", ambiance piano-bar futuriste froide à souhait, idéal pour lire du Houellebecq. Cinquième titre, "The edge of the world", un poil plus pêchu, qui pourrait très bien appartenir au set de Khoma. Le fanboy de base que je suis est content, mais ceux qui n'aiment pas Khoma ?? Ca se corse d'ailleurs avec "Black swan" pour lequel on pourrait dire la même chose. Ouille, le morceau suivant "The wind carries fire" très bon au demeurant pourrait se voir attribuer la même critique. Le huitième morceau est à mon sens l'erreur de goût qui plante le climax qui s'installait petit à petit : "A ghost that never leaves" devait probablement être une boucle de Logic Pro ou de Cubase qui tournait en boucle ou un exercice Bontempi qui trainait par là. Comme quoi, on peut être quelqu'un de très bien et de temps en temps passer à coté. Neuvième piste, le dantesque "The lash". Ca ne se décrit pas, ça s'écoute ! Dixième et dernier titre : "Life in a sinking ship", plus calme et performance rare à noter, premier morceau avec une guitare. Morceau parfait pour clore un premier album déjà témoin d'une démarche très mure mais pas si éloignée que ça de ce que pourrait faire Khoma. Est-ce bien, est-ce mal ? Je ne sais pas mais en tout cas, pour un premier album c'est déjà très bien de rivaliser comme ça. Mais attention, ça pourrait aussi discréditer le talent de deux musiciens qui ne prennent pas tant de risque que ça sur While we sleep.