Jessica93 - Rise Une véritable révélation auprès du public (avec des concerts "sold out") et un engouement de la presse musicale (une couverture inattendue dans un magazine papier assez renommé en France), à tort ou à raison, Jessica93 ne pouvait pas rêver mieux après l'arrivée presque prématurée de son troisième album, Rise. En effet, un peu plus d'an après Who cares, vendu à plus de 2500 exemplaires, le petit nouveau était déjà prêt à être diffusé, le temps d'être recontacté par les copains de Teenage Menopause Records et Music Fear Satan pour le sortir et le tour est joué. Et le moins que l'on puisse dire c'est que le disque ne passe pas inaperçu avec sa pochette qui, sans doute, concourra dans la catégorie de la pire de l'année 2014. On y voit le séquanodionysien poser façon "photo de vacances" devant sa Citroën Visa jaune avec son pote Nafi de Noir Boy George (mais également de Scorpion Violente, The Dreams et Le Chômage), alors qu'ils sont en pleine tournée commune. Un peu d'humour ne fait pas de mal de temps en temps, surtout que le bonhomme n'en manque jamais (vérifiez donc le nom de ses autres groupes dans la biographie).

Rise reprend les choses là où Who cares les avait laissées. Jessica93 continue en effet de propager à travers les enceintes sa poisseuse et glaciale cold wave qui passerait même pour de la dark pop avec d'excellents morceaux (tubes ?) comme "Asylum" (avec sa délicieuse basse qui ronfle) et "Inertia", sorte de western mélancolique hypnotique 100% addictif. On sent que Geoff maîtrise de mieux en mieux sa formule qui pourrait être considérée, tel que beaucoup l'ont souligné, comme un savoureux mélange entre le côté très sombre de The Cure, les rythmes industriels et froids de Godflesh et l'attitude inconvenante de Nirvana, dont est fan l'intéressé. Rise établit l'abonnissement du chant de Jessica93 que l'on arrive à mieux discerner qu'auparavant, et laisse échapper un soupçon de lumière ("Karmic debt"), comme si son auteur avait voulu éviter de rendre une nouvelle fois son œuvre trop dense. A l'inverse, "Surmatants" et "Uranus" aurait pu se ranger facilement dans le tracklisting de Who cares. Toujours est-il que l'homme-orchestre garde avec Rise l'âme de son bébé intacte : une sombre hypocondrie contagieuse et introspective.