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Jean Jean / Chronique LP > Froidepierre

Jean Jean - Froidepierre Un peu moins de 5 années après Symmetry, Jean Jean revient avec une bonne excuse et un album à l'artwork symétriquement très joli. La magnifique photo en illustre le titre de l'opus, Froidepierre, qui est aussi le nom du chalet alpin où le groupe a enregistré. La bonne excuse, c'est que le duo est désormais un trio, Grégory (Almeeva, Kid North) ayant intégré le projet avec ses instruments (notamment basse et synthés). Toujours instrumental, leur rock se veut moins joyeux, moins mathématique et un peu plus "post" (voire cinématographique) que par le passé. Les compositions sont à la fois plus incisives, offrant un plaisir immédiat, et plus immersives, gagnant en simplicité, on y pénètre sans trop réfléchir. Les sonorités un peu old school de certains claviers sont ultra chaleureuses et comme le duo basse/batterie s'entend à merveille pour créer une dynamique entraînante, on est vite embarqué dans leur univers où la nervosité règne, le terme étant à prendre plus souvent dans le sens de l'excitation que du stress. On frétille, on sautille, on est impatient de savoir où Froidepierre nous emmène, et tant pis si les temps de repos sont rares (le titre éponyme). Bref, c'est encore une très belle réussite.

Jean Jean / Chronique LP > Symmetry

Jean Jean - Symmetry Après Mosca Violenta, Morse ou encore Town In A Mess, on poursuit l'exploration des dernières sorties Head Records (Pneu, Café Flesh, Mudweiser...) avec le premier opus long-format signé Jean Jean soit un album qui renferme tous les éléments de la nomenclature math-rock : des titres à la con, des compositions chiadées, des riffs qui tricotent, une section rythmique qui varie intelligemment son déploiement d'énergie. Bref, tout y est mais Jean Jean propose sa version des faits et j'irais même à dire qu'il s'agit d'une oeuvre qui ose, même si cela ne me convainc pas toujours. Question d'appréciation personnelle ?

Le premier titre, "Coquin l'éléphant", est une très bonne porte d'entrée, classique, mais bonne quand même. Foncièrement "happy math-rock", la piste alterne moments qui bastonnent et des phases très mélodiques avec une certaine réussite même si les plus farouches d'entre vous seront écœurés par la relative exubérance des arrangements. Durant les pistes suivantes, Jean Jean appuie sur le bouton "le changement, c'est maintenant" et son math-rock de facture classique prend des accents big-rock et post-rock, comme sur le morceau "Love" qui suit une nette orientation à la Oceansize et Radius System. Une prise de risques notable oui, clairement et c'est là que l'album segmentera ou séduira son audience. La référence à Radius System n'est du reste pas innocente puisque Gregory Hoepffner y va de son featuring sur le titre "Laser John", ça reste remarquablement bien foutu, la maîtrise du sujet est évidente, sans pour autant transcender le trentenaire étroit d'esprit que je suis. Constat qui restera sensiblement le même sur la globalité de Symmetry.

Le sentiment est toujours mitigé après quelques semaines d'écoutes mais comme Symmetry me laissait totalement indifférent au début, il s'agit peut-être d'un "grower longtermiste". Un peu comme la fille physiquement banale de vos années lycées qui deviendra plus jolie après quelques longues semaines de discussions sur Jim Jarmusch et Nirvana. Symmetry ? A vous de voir mais potentiel de séduction, il y a. Merci (encore) Head Records.

[fr] Ecoute "Symmetry": Bandcamp (29 hits)External ]