Les scientifiques de tout pays n'en reviennent toujours pas voici que l'herbe qui endort aurait une autre propriété, celle de réveiller les morts. Ainsi, plus de 20 ans après la formation du groupe et 12 ans (!) après leur dernier et deuxième album, (Mary) Jane's Addiction renaît de ses cendres tel un phoenix flamboyant et toujours aussi camé. Oh, évidemment, l'activité cérébrale des californiens n'a jamais vraiment frisé le coma : on avait pu suivre de loin les tribulations de Perry Farrel au sein de Porno For Pyros, et l'on a pu constater à l'écoute de son album solo Trust no one que l'on pouvait faire confiance à Dave Navarro en matière de sens mélodique aigu, toujours à l'aise dans un contexte d'expression plus lâche que celui des Red Hot Chili Peppers. Et voilà qu'à nouveau épaulé de Stephen Perkins à la batterie et de Chris Chaney à la basse, le duo magique se reforme sur les bases saines d'une amitié durable jamais entamée par le temps et les intempéries. En 1987, Jane's Addiction avait sauvé le rock par un premier album empruntant autant à l'héroïsme romantique de Queen, à la puissance de feu de The Cult, qu'au groove charmeur des Red Hot de l'époque. En 2003, peuvent-ils encore étonner et redistribuer les cartes d'un jeu trusté par la vague rock'n'roll ? Eléments de réponses avec Strays.