Rock Rock > Jack and the Bearded Fishermen

Biographie > Jack et la pêche géante...

Il se murmure depuis quelques temps que du côté de Bezak City Rock'n Roll (Besançon quoi...), quatre trublions partagent une inavouable double passion pour la pêche et le dégraissage de guitares aux formes et couleurs pour le moins extravagantes. N'en déplaise aux éternels et inénarrables pourfendeurs de musique amplifiée leur évoquant le Grand Satan, les Jack and the Bearded Fishermen aiment la pêche à la ligne... (oui ça existe...). En même temps, c'est toujours mieux que de se doucher à l'eau bénite en récitant des psaumes vaguement poétiques en bonne grenouille de bénitier bête et obéissante. Pour revenir aux Jack and the Bearded Fishermen, ils sont donc 4 (Bastien, Thomas, Pierre et Hervé) et selon la légende, pratique une musique qui serait aussi hypnotique qu'une danse méduses géantes sorties de la mythologie mais également aussi puissante qu'un gang de marsouins ninjas culturistes. Et pour le prouver, ils n'hésitent pas à monter sur scène le plus souvent possible afin de faire valoir leurs attributs rock'n roll/stoner au background hérité des maîtres du genre que son les Kyuss, Fu Manchu, Dozer et autres Nebula. Sinon, ils ont aussi sorti un premier effort début 2009. Son titre : Hinting isn't easy... when dogs become wolves.

Interview : Jack and the Bearded Fishermen, Jack & the interviewed Fishermen (mars 2022)

Jack and the Bearded Fishermen / Chronique LP > Playful winds

Jack & The Bearded Fishermen - Playful winds 8 ans que nous étions sans nouvelles de Jack et ses pêcheurs barbus. C'était beaucoup trop ! Enfin pas exactement puisque les Bisontins avaient tous les cinq profité pour naviguer sur d'autres barques, explorer d'autres contrées, au gré du vent. Certains avaient pu mettre les voiles sur la route de l'electro indus avec Horskh, de l'indie rock avec Go Spleen et Mercury Hill ou encore de l'indie punk avec Red Gloves. Et à chaque fois avec un talent plus qu'insolent. Si tu n'as pas encore écouté ces différents groupes, tu peux foncer tête baissée, pas besoin de garantie ni de SAV.

Les vents étant plus favorables, pour ne pas dire plus ludiques (Playful winds), les voilà qui se sont finalement retrouvés avec encore plus de plaisir (et le nôtre par la même occasion). Alors certes, il y a un virus qui est venu mettre son grain de sel marin dans leur GPS et les a contraints à modifier quelque peu leurs plans, pour donc à nouveau embarquer ensemble après un petit retard à l'allumage. Et on ne va pas s'en plaindre. Ça leur a permis de peaufiner minutieusement leur attirail, bien lustrer la coque afin de s'aventurer au large, fendre les vagues sans encombres et revenir à bon port avec dix belles pièces. Oui, ici on privilégie la qualité à la quantité. Pas de pêche au gros, en mode chalutier qui détruit et pollue tout sur son passage. Les gars plongent en apnée, à mains nues et ont adopté la tendance écolo, circuit court, local... Pour preuve, non seulement ils ont refait confiance à Flavien Van Landuyt qui avait enregistré Minor noise, leur précédent effort, au Studio Zèbre à Besak mais ils lui ont aussi confié le mix et le master s'est fait au même endroit. D'ailleurs, dans la famille DIY on n'est jamais mieux servi que par soi-même (et ses potes), ce disque sort bizarrement en cd digipak en autoproduction mais je me suis laissé entendre dire qu'une version vinyle était dans les rouleaux. Tant mieux, notamment pour voir cette chouette pochette, bien plus colorée que ce à quoi ils nous avaient habitué, en grand format.
Il faut savoir qu'une virée avec les Jack c'est une expérience. C'était déjà le cas sur les précédents albums mais Playful winds s'appréhende, s'écoute vraiment dans son intégralité. On appuie sur play et on part en voyage, en immersion sonore indie / noise / heavy rock complète. Les morceaux s'enchaînent, les nappes de guitares se superposent sans se marcher dessus (le groupe en compte trois quand même !) et au milieu de tout ça, la basse se fraie un chemin, balisé par la batterie. Quelques intros ou morceaux instrus ("Periscope", "Playful winds") permettent quelques sas de respiration, décompression, avant de repartir de plus belle. Difficile de faire ressortir une chanson plus qu'une autre tellement l'ensemble forme un bloc mais si on me titille un peu, "Atlantide" et "Silent firms" sont celles sur lesquelles mon attention se fait plus précise. Ah et puis "Beware of birds" aussi, qui ouvre l'album. Ah et puis aussi... toutes en fait.

Jack is back et n'est pas là pour enfiler des perles d'huîtres. Non, son retour est bien plus précieux (mon camarade Gui de Champi lui a même décerné la note de 20/10) et quand on sait que c'est sur scène que le groupe est encore plus impressionnant, on a bien hâte de croiser leur chemin.

Jack and the Bearded Fishermen / Chronique LP > Minor noise

Jack And the Bearded Fishermen - Minor noise Minor noise, troisième album de nos Jack and the Bearded Fishermen adorés. Oui, tu as bien lu, adorés. Car chez les gaziers du W-Fenec, ce groupe fait quasi l'unanimité. Ce qui est assez rare pour être souligné. Mais je m'égare déjà. Donc oui, J&TBF est de retour avec un album explosif, dense, puissant, prenant. Et ce sont les labels Impure Muzik, GPS Prod, Slow Death et consorts qui ont eu le nez fin pour presser cette galette déjà indispensable.

Pour ceux qui n'auraient pas suivi depuis le début, les cinq de Besançon pratiquent un stoner noise rock à trois (!) guitares. L'expérience accumulée sur la route et la réputation de stakhanovistes des salles de répètes font de ce groupe un poids lourd du genre en 2014. Et Minor noise n'en est qu'une preuve (flagrante) de plus. Bénéficiant d'une production puissante et d'une qualité exceptionnelle, les dix bombes délivrées par les "Jack" ne laisseront pas l'auditeur indifférent. Car entamer l'écoute de cet album équivaut à vivre une expérience sonore presque irréelle. "Autumn arrows", déflagration sonore ouvrant les hostilités de l'album, résume parfaitement la situation en trois minutes tout rond : rythmique rageuse, guitares dégueulant de riffs ultra efficaces, excellente complémentarité des voix, composition soignée. Pas mal pour un début. "Low tide", malsain à souhait, "Reminder", compact et destructeur, ne dérogent pas à la règle que le groupe s'efforce sans difficulté à tenir : allier la puissance, les émotions, la rage et la finesse. Le refrain de "Minor noise" n'en finit pas de trotter dans ma tête quand le chef d'œuvre de l'album, à savoir "Inverted queen", déboule sans crier gare avec son intro mélo/noisy débouchant sur un riff de guitares tranchant et dévastateur. Je n'en suis qu'à la moitié de l'écoute de l'album que déjà, les émotions s'entremêlent, tout comme les inspirations stoner, sludge, noise et autres. "Way out" offre le temps de quelques mesures une respiration qui n'est pas de refus dans ce chaos sonore. Le robuste "Wet black papers", massif et mélodique, en impose fièrement, tandis "Tina", crossover noise et punk, est certainement le morceau le plus accessible du disque. La mélancolie s'empare de "White hours", et le dernier brûlot intitulé "Program" est tout simplement renversant. Le prochain qui se demande si je n'exagère pas dans mes propos prendra deux baffes : la première quand il aura enquillé les quarante-deux minutes intenses et massives de Minor noise, et la deuxième quand je lui aurais balancé ma paume dans sa joue.

Jack and the Bearded Fishermen, avec sa rythmique mastoc (cette basse, putain, cette basse !), ses guitares débordantes d'énergie, ses voix énigmatiques et dérangeantes, ses morceaux intelligents et sa puissance de frappe en impose clairement. Minor noise est un bijou de stoner rock teinté de noise et de punk, un album indispensable pour les amateurs de sensations fortes. Et je ne te raconte pas ce que ça donne en live. Je préfère que tu t'en rendes compte par toi même, car tu vas encore dire que j'exagère.

Jack and the Bearded Fishermen / Chronique LP > Places to hide

Jack and the Bearded Fishermen - Places to hide Jack is back. Non pas Bauer, mais l'autre, le franc-comtois accompagné de ses fidèles Bearded Fishermen. Quoiqu'il en soit, ils sont de retour après un excellent Hunting isn't easy... when dogs become wolves et reviennent avec les crocs acérés comme jamais. La "faute" à une production monstrueusement efficace signée Serge Moratel (qui a un palmarès long comme une tentacule de Kraken) et des titres brûlants comme l'Enfer, audacieux cockails de rock frondeur, de stoner/garage musculeux et de noise thermo-nucléaire. On va la faire courte, ce Places to hide ne comporte "que" dix titres mais inflige une sacrée raclée super-noïsique à l'auditeur. "Scenario" carbonise d'entrée les amplis et fait saigner les tympan en enchaînant les coups de boutoirs rock'n'roll, habité par une hargne aux fondements punk et une sacrée envie d'en découdre, du coup fatalement on accroche. Tant mieux après tout, le groupe ne comptait pas changer sa ligne de conduite d'un iota.
Et s'il calme un temps le jeu sur "Roam until the end", c'est pour mieux se lâcher sur un "Closed" qui envoie sérieusement du bois. Riffing de bûcheron, mélodies tronçonneuses, le son est phénoménal, la basse ronde et volubile pendant que les trois guitares enflamment des titres qui n'en avaient de toutes les façons par besoin et une batterie qui "drive" le tout avec maîtrise, Jack and the Bearded Fishermen impose sa griffe avec la puissance telle que l'on imagine sans peine la boucherie que doit donner le groupe en live ("Beginner"). 4 titres pour marquer les esprits durablement et c'est dans la poche, le reste, soit "DF Code", "Between the ghosts" ou encore "42 minutes later", est là pour prolonger un peu plus le plaisir... en dégoupillant encore une fois du gros rock bien lourd, aux tentations presque sludge et à l'impact considérable, preuve qu'après un premier effort déjà bien foutu, un split pour les collectionneurs et une participation au quatrième de la compil Mighty Worm, les Bisontins boxent désormais dans la catégorie poids-lourds.

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Jack and the Bearded Fishermen / Chronique LP > Hunting isn't easy... when dogs become wolves

Jack and the Bearded Fishermen - Hunting isn't easy... when dogs become wolves Hunting isn't easy... when dogs become wolves, titre complètement décalé pour album furieusement cool. Les Jack and the Bearded Fishermen veulent frapper fort et y mettent les formes. Intro tendue et grésillante, souterraine et insidieuse, le groupe met d'entrée la pression, on attend l'explosion et celle-ci ne tarde effectivement pas vraiment à venir avec "Well done black wolwes". Contraction de Dozer et de Unida, condensé de stoner abrasif et bourdonnant qui colle à la peau, une lourdeur prégnante, un sens du riff qui déboise particulièrement affirmé, les Jack... foncent droit dans leurs bottes et font pulser la quatre-cordes.
Le groove lourd et incisif, le chant complètement en phase avec les arrangements, comme habités par les dieux du Stoner (Kyuss et consorts), les Bisontins envoient leur premier titre dans les tuyaux, l'efficacité chevillée aux amplis. Une tuerie d'entrée, forcément ça calme. Ce qui calme encore plus, c'est qu'ils enchainent directement avec le petit frère les bougres ("Goodbye black wolwes"). La bande de jeunes loups aiguise son appétit carnassier de rock'n roll qui tamponne et en rajoute une couche. Les quatre montent le son, font durer le plaisir avant de tout faire sauter sur leur passage. Saturation électrique, des riffs qui se superposent jusqu'à plus soif, le tout arrosé par une section rythmique qui tient le tout d'une main de maître. Breaks sulfuriques, mélodies ravageuses et surtout ces guitares qui font cramer les enceintes, le groupe semble avoir tout compris. Du coup, il appuie là où ça fait mal tout en musclant un peu plus son jeu.
Grosses guitares qui font du dégât à coups de riffs pachydermiques, un groove salvateur particulièrement appuyé, "Don't need friday" s'éloigne des étendues désertiques américaines pour se rapprocher de ce dont sont notamment capables les excellentissimes Ufomammut en matière de lourdeur psychée flirtant avec les frontières du sludge... le tout sans pour autant s'affranchir de l'élément de base de leur musique : ce stoner caniculaire qui fait vibrer la mécanique (le bien nommé "Lightning colt"). Ajouté à cela un dernier titre fleuve ("Shipwrecked & survivors") mélangeant habilement les atmosphères, un artwork particulièrement soigné et un album dispo au format LP 12''+CDR : les quatre viennent assurément de faire sauter la banque. Et de notre côté, on tient là ce qui est assurément l'un des meilleurs réprésentant du genre dans notre chère contrée. Jack and the Bearded Fishermen ? Fucking awesome !