Jack and the Bearded Fishermen - Hunting isn't easy... when dogs become wolves Hunting isn't easy... when dogs become wolves, titre complètement décalé pour album furieusement cool. Les Jack and the Bearded Fishermen veulent frapper fort et y mettent les formes. Intro tendue et grésillante, souterraine et insidieuse, le groupe met d'entrée la pression, on attend l'explosion et celle-ci ne tarde effectivement pas vraiment à venir avec "Well done black wolwes". Contraction de Dozer et de Unida, condensé de stoner abrasif et bourdonnant qui colle à la peau, une lourdeur prégnante, un sens du riff qui déboise particulièrement affirmé, les Jack... foncent droit dans leurs bottes et font pulser la quatre-cordes.
Le groove lourd et incisif, le chant complètement en phase avec les arrangements, comme habités par les dieux du Stoner (Kyuss et consorts), les Bisontins envoient leur premier titre dans les tuyaux, l'efficacité chevillée aux amplis. Une tuerie d'entrée, forcément ça calme. Ce qui calme encore plus, c'est qu'ils enchainent directement avec le petit frère les bougres ("Goodbye black wolwes"). La bande de jeunes loups aiguise son appétit carnassier de rock'n roll qui tamponne et en rajoute une couche. Les quatre montent le son, font durer le plaisir avant de tout faire sauter sur leur passage. Saturation électrique, des riffs qui se superposent jusqu'à plus soif, le tout arrosé par une section rythmique qui tient le tout d'une main de maître. Breaks sulfuriques, mélodies ravageuses et surtout ces guitares qui font cramer les enceintes, le groupe semble avoir tout compris. Du coup, il appuie là où ça fait mal tout en musclant un peu plus son jeu.
Grosses guitares qui font du dégât à coups de riffs pachydermiques, un groove salvateur particulièrement appuyé, "Don't need friday" s'éloigne des étendues désertiques américaines pour se rapprocher de ce dont sont notamment capables les excellentissimes Ufomammut en matière de lourdeur psychée flirtant avec les frontières du sludge... le tout sans pour autant s'affranchir de l'élément de base de leur musique : ce stoner caniculaire qui fait vibrer la mécanique (le bien nommé "Lightning colt"). Ajouté à cela un dernier titre fleuve ("Shipwrecked & survivors") mélangeant habilement les atmosphères, un artwork particulièrement soigné et un album dispo au format LP 12''+CDR : les quatre viennent assurément de faire sauter la banque. Et de notre côté, on tient là ce qui est assurément l'un des meilleurs réprésentant du genre dans notre chère contrée. Jack and the Bearded Fishermen ? Fucking awesome !