isolation La scission de We Hate You Please Die avait été certainement une des pires nouvelles sur le plan musical du début 2023. D'un côté les musiciens, de l'autre le chanteur. Les premiers annonçaient se séparer de Raphael Balzary, chanteur au charisme incroyable sur scène et sur disque mais véritable animal fragile dans la vraie vie. Les musiciens indiquaient que la séparation intervenait "pour raisons personnelles" et qu'"il [leur était] maintenant devenu trop dur de continuer ensemble"... Un monde s'écroule. Ceux que je décrivais comme des néo Pixies avec une balance entre la bassiste qui épaulait Raphael au chant, ne sont plus que la moitié ou le quart d'eux-mêmes. Alors que les héritiers régicides conservaient le nom en distillant un style complètement différent soit du (ne boudons pas notre plaisir) bon punk façon Riot Grrrls, l'âme était partie dans les limbes...

Nous nous consolions dans les premières productions du groupe. Réécoutant le titre éponyme qui finissait le disque Kids are lo-fi termes qui à eux seuls définissaient le groupe. Puis à 1 min 42 du titre "We hate you please die" arrive un "Isolation" braillé en mode folie par Raphael, seul, qui se détache des "We hate you please die" chantés en chœurs par les deux vocalistes. C'est, étonnement, le nom qu'a repris Raphael Balzary, éloigné pour un temps de ses soucis de santé, pour poursuivre l'aventure. L'animal fragile a été percuté par un véhicule roulant à vive allure et laissé pour mort sur le bord de la route mais les 4 titres d'Isolation reprennent l'histoire là où "Can't wait to be fine" (titre qui semblait prophétiser de ce qui allait se passer) l'avait laissée.

Nous étions tous impatients que Raphaël aille mieux, en effet, "Extend the light" est chanté dans le second titre "Sanism" : la lumière revient mais la folie sur disque est toujours là sans entraver la santé mentale de Raphael. Là où le manque de Raphaël dans la nouvelle mouture de WHYPD se faisait sentir par un parti pris éloigné de ce que la formation produisait à quatre ; Julien, Lounès, Enzo et Cyprien (Cheap Teen) font oublier l'absence des anciens camarades du chanteur. De plus, comme pour revendiquer la filiation, pour rependre son trône, la jeune femme sur la pochette de l'EP est la même que celle des deux LP de WHYPD. Produit par Eliott Selwood (Purrs) le premier EP de la nouvelle formation navigue entre post-punk/punk et mélancolie. L'auditeur retrouve le côté hybride entre les temps de folies rageuses et l'accalmie harmonique et sensée tout autant que sensible. L'EP reprend les ingrédients qui ont fait que nous aimions WHYPD pour les sublimer : du punk à la pop, en passant par du garage. La bio nous indique "chaque moment de douceur se paye, les émotions sont désormais libres, la colère en figure de proue" et c'est finalement ce que nous attendions après le divorce violent et que nous avons hâte de retrouver sur scène.