Deux ans après un EP qui lançait de belle manière son aventure musicale, le quatuor lyonnais Irnini Mons (pour rappel, fondé par des ex-Decibelles) revient avec Une habitante touchée par une météorite. Un premier LP qui en dévoile un peu plus sur cette entité rock qui n'a jamais caché son goût pour les belles mélodies et les structures malléables, pour les jeux de chants captivants, et les facéties textuelles divertissantes.
Je ne sais pas si c'est le fait d'être un peu familier avec Irnini Mons, mais l'écoute de ce nouvel album m'a paru beaucoup plus fluide que leur EP. Preuve véritable d'une mue qui a fonctionné, et d'une formation qui s'est trouvée sur le plan de la création et de la direction musicale. Le quatuor prend d'assaut le spectre indie-rock avec un clin d'œil à peine dissimulé aux années 80, avec un style post-punk aux guitares à la fois funky, lourdes et aventureuses. On peut y voir aussi, à travers ce chant français éhonté, un lien avec tout un pan de la culture rock hexagonale de l'époque ("Elis police" aurait pu tout à fait être chanté par Elli Medeiros ou Lio). À ce titre, les parties vocales ont été soigneusement travaillées avec de belles polyphonies, des vocalises croisées ou bien des leads partagés entre les hommes et les femmes du groupe. Ce dernier démontre une communion sur ce point-là assez saisissante pour mettre en lumière des textes emplis d'ironie et d'espièglerie.
Mais ce Une habitante touchée par une météorite révèle également un contraste musical intéressant. L'explosivité rock ("Maudit destin", "Quelqu'un de bien", "Bonne journée", "Montagnes ambrées") cohabite assez aisément avec la quiétude de certaines plages (dont la très jolie "Toi là") ou avec des moments plus frétillants ("T'as pas peur", "La glace à l'italienne"). La force et l'intrépidité artistique sous contrôle de ce premier album d'Irnini Mons a éveillé progressivement chez nous un sentiment d'attirance intense, un peu comme le développement d'une pellicule qui passe dans différents bains et qui dévoile toutes les couleurs, les contrastes et les reliefs de ce qui a été capté. À ce sujet, et pour terminer cette chronique, saluons le très bon travail de production de Rémi Gettliffe (Last Train, Dirty Deep, The Wooden Wolf, Undervoid...), un Alsacien planqué en pleine campagne et passionné de son à l'ancienne, qui a su tirer à merveille le meilleur d'Irnini Mons. Espérons que ce "meilleur" le soit encore davantage au prochain épisode des excitantes aventures de Fanny, Sabrina, Guillaume et Valentin.
Publié dans le Mag #62

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