Io Monade Stanca - The impossible story of Bubu Une chose est certaine : on ne peut reprocher aux italiens de Io Monade Stanca de ne pas s'exprimer. Car "expression" est vraiment le mot approprié à l'écoute de The impossible story of Bubu, une histoire à rebondissements difficilement narrable. Le deuxième album du trio de Canale (région de Cuneo, Piémont) est une œuvre de sept morceaux (dont certains bien allongés) complètement hallucinante de par ses compositions décousues et son chant (en est-ce ?) mélangés de cris tordus et plaintifs. On l'aura compris, tout repose sur l'instrumental. Expérimentaux dans l'âme, les membres de Io Monade Stanca ne sont pas éloignés de l'esprit des excentriques Big Pop, des survoltés Le Singe Blanc ou de leur compatriotes et camarades de label Aucan. Sans oublier les influences évidentes de Shellac ou Captain Beefheart, la musique des italiens brasse les phases guitaristiques cycliques ("Federico Borelli") et les explosions sonores ("Datemi Subito 10 Euro") expulsant toute linéarité susceptible d'ennuyer l'auditeur. Encore faut-il que ce dernier soit un minimum initié à la noise-rock teintée de prog-jazz et de math-rock ! Le degré de liberté employé par Io Monade Stanca est tellement conséquent que l'on s'imagine la préparation et les heures de répétitions que cela engendre pour reproduire cela en concert, la progression des morceaux n'étant jamais évidente. Produit par le batteur de Three Second Kiss, The impossible story of Bubu est évidemment un album difficile et long à cerner où l'attention est de mise et qui prendra certainement un nombre conséquent d'écoutes avant un jugement définitif. Le label Africantape tape une fois de plus dans le mille avec Io Monade Stanca, après avoir déniché des groupes talentueux tels que Passe Montagne, Aucan et Hey! Tonal. Comme disaient les Bisontins : "In noise we trust".