The Inspector Cluzo

Biographie > Une panthère au pays de la fusion

The Inspector Cluzo est aussi énigmatique que sa musique est déjantée ! Une guitare, une batterie, le feeling, et c'est parti. On sait peu de chose à propos des deux énergumènes qui composent ce groupe fantasque et fantasmatique. Tout juste que des groupes comme Fishbone ou Infectious Grooves les ont invité sur une récente tournée australienne. Pour faire court, on dira juste que le premier album éponyme du duo (ex Wolfunkind, enregistré chez Kraemer à Bruxelles, vient de sortir via Ter à Terre en France (et Pinacle au Royaume Uni, Groove Attack en Allemagne, Schock en Australie, White Poney au Japon ...) et qu'une grosse tournée européenne se profile, une tournée qui visitera l'Italie, la Hongrie, la Scandinavie... après avoir écumé les salles françaises.

Review Concert : The Inspector Cluzo, The Inspector à La Maroquinerie (Janv. 2026)

The Inspector Cluzo / Chronique LP > Less is more

The Inspector Cluzo Less Is More En juin dernier, The Inspector Cluzo a sorti Less is more, un disque qui ressemble à une évidence et, en même temps, à une anomalie dans le paysage actuel. Une anomalie heureuse : ici, rien n'est surjoué, rien n'est "Gonflé". Tout est tenu, organique, précis. Le duo (Laurent Lacrouts au chant/guitare, Mathieu Jourdain à la batterie), originaire de Mont-de-Marsan, poursuit son chemin à contre-courant : ferme à vocation durable, esprit DIY, refus de la démesure et des artifices. Le titre n'est pas une posture, c'est une ligne de conduite, un garde-fou, presque une philosophie de production.

Musicalement, l'album condense ce qui fait la force du groupe depuis des années, soit un rock-blues lourd et groovy, capable d'accroches immédiates, mais jamais simpliste. Les riffs sont francs, la batterie est massive, et l'ensemble garde ce grain "Vivant" qui donne l'impression d'entendre des instruments avant d'entendre une production. Ce n'est pas un disque qui cherche la perfection plastique, il cherche davantage la vérité du son, celle qui tiendra debout en live. Le travail avec Vance Powell (que le groupe présente comme un artisan de l'analogique) se sent partout. Le son respire, les dynamiques existent, les attaques sont nettes, et pourtant rien n'agresse inutilement. On comprend que le disque a longtemps mûri (écriture, enregistrement, finitions), mais il ne porte pas le poids du "Trop". Il conserve un côté rugueux, une chaleur, comme si l'album avait été enregistré pour rester humain plutôt que pour passer un test de loudness.

La pochette signée A. Lacoste résume à elle seule l'esprit du projet : une maison de ferme noyée dans la végétation, un vert dense, et un chat au premier plan. Clin d'œil direct à "Catfarm", mais surtout rappel que l'univers Cluzo n'est pas un décor "Green" plaqué : c'est un quotidien. Même l'humour est là, discret, terrien, à l'image du duo. Au fond, Less is more est un disque politique sans devenir un tract. Les thèmes écologiques et sociaux s'invitent comme une évidence, portés par des chansons qui restent d'abord... des chansons. Et c'est là la réussite : concilier le message et l'énergie, la conscience et le plaisir. Un album dense, fédérateur, qui prouve qu'on peut faire grand sans faire gros.

Publié dans le Mag #70

The Inspector Cluzo / Chronique LP > The french bastards

The Inspector Cluzo - The french bastards Pas de doute, The Inspector Cluzo avait surpris son monde lors de la sortie de son premier album éponyme. Et moi le premier. Je ne vous raconte même pas combien de fois je me suis envoyé cette galette dans ma petite trombine. Pendant ce temps, le duo complètement déjanté a parcouru le monde entier pour prêcher la bonne parole avec ses riffs incandescents et ses rythmes chaloupés. Alors, on s'interroge de la manière par laquelle les deux compères vont une nouvelle fois assommé son auditoire. A l'heure où je tape ces quelques mots sur mon ordinateur (je sais, ça fait un moment que ce n'est pas arrivé pour le W-Fenec, mais ainsi va la vie), The french bastards vient de débarquer dans les bacs et le moins que l'on puisse dire, c'est que The Inspector Cluzo a brillamment franchi le sacro-saint cap du "deuxième" album. Je m'explique ? Je m'explique. Il semblait difficile pour le groupe de sortir de ce créneau complètement assumé de fusion funk 'n' roll délirant du premier disque. Ce n'est donc pas une surprise si on retrouve dans The french bastards tous les ingrédients qui font prendre la sauce : guitares tantôt funky, tantôt rock 'n' roll, rythmiques toujours dans le ton, voices précieuses. Le triptyque Fishbone/Red Hot Chili Peppers/Infectious Grooves est toujours d'actualité. Sauf que cette deuxième galette va encore plus loin dans le "délire", en musclant parfois le jeu avec des guitares tranchantes et des voix plus saturées qu'à l'accoutumé. The Inspector Cluzo étoffe ses références (l'hommage non camouflé à AC/DC avec "Terminator is black in his back", "F*** Michael Jackson" que n'aurait pas renié les Jackon Five, quoique). Le funk mid tempo et les refrains qui ont la classe sont toujours aussi présents ("In love with Lilian Thuram"). Le rock qui sue des couilles aussi ("The french bastards #1"). Mais on sent que le groupe maîtrise de plus en plus son sujet, et n'hésite pas à emprunter des chemins tortueux et plus teigneux ("Giving his opinion is not a job, this is a right", "Zombies DJ's killers"), avec toujours cette insolente réussite qui fait mouche. Après la surprise, la confirmation : pas besoin d'avoir fait l'école de police pour constater le duo a réussi son coup en innovant avec une formule et un son qui lui est déjà acquis. Cerises sur le gâteau, une nouvelle participation du poisson mort Angelo Moore et le packaging cartonné de ce disque qui vaut le coup d'oeil. Assurément, The Inspector Cluzo est dans la place, The Inspector Cluzo mérite sa place (sur le W-Fenec, dans nos coeurs, sur les scènes du monde entier,...) : The Inspector Cluzo est en place. Tout simplement.

The Inspector Cluzo / Chronique LP > The Inspector Cluzo

The Inspector Cluzo : The Inspector Cluzo Who is The Inspector Cluzo ? Dieu seul le sait. Par contre, ce que je peux vous dire, c'est que ce groupe file une patate d'enfer à celui qui s'enfourne sa première galette éponyme dans sa hi-fi. Idéal pour les soirées pluvieuses et pour les réveils difficiles. Par contre, à déconseiller parfaitement en voiture au risque d'envoyer des grands coups de volants dans tous les sens ! The Inspector Cluzo est un compromis parfait entre Fishbone, les Red Hot Chili Peppers version Blood Sugar Sex Magic (mon préféré), les excellents Infectious Grooves et Sly and the Family Stone. Rien que ça. Un groove hors du commun, des grattes funkys à souhait, des riffs rock 'n' roll, un chant explorant des pistes diverses et variées. Pas le temps de s'ennuyer avec ce représentant de l'ordre de la mixité musicale. Ce premier album est impressionnant de maîtrise et de créativité. The Inspector Cluzo évolue principalement du coté du funk rock, en atteste les riffs incandescents (ou incandansants, comme vous le sentez) de "Turtulututututu" ou "Fuck the bass Player", tout en alternant les passages groovies, rock 'n' roll ("Two days", "US Food" le très Stone Temple Pilotien "Change ) et blues rock (l'excellent "The Inspector Cluzo"). Ce putain de groupe risque de défriser les moustaches, de faire danser les boiteux et d'éblouir les non-voyants. Angelo Moore et Norwood Fisher de Fishbone ne s'y sont pas trompés en participant à l'enregistrement de cette production au son excellent, et en apportant leur grain de folie et de technicité à cette ensemble déjà riche. On a du mal à s'imaginer comment le duo va réussir à recréer cette perle de disque sur scène, tellement la richesse des instruments (cuivres, sons divers,...) nécessiterait un big band. Et c'est là le propre et la force de The Inspector Cluzo : surprendre, innover, en foutre plein la vue. En tout cas, en ce qui me concerne, j'en ai pris pour mon grade... d'Inspector.