rock Rock > Infinite Light ltd.

Biographie > Vers l'infinie lumière et au-delà...

Infinite Light Ltd. est un projet collaboration n'existant que grâce aux merveilleux progrès de la technologie, ceux-ci effaçant les distances géographiques par le biais des nouveaux moyens de communication. Vivant respectivement au Canada, au Royaume-Uni et aux USA, les trois membres du projet, soit le songwriter Nathan Amundson (aka Rivulets), notamment connu outre-Atlantique pour ses travaux avec Chris Brokaw de Codeine, Jarboe (Swans, J2) et Bob Weston (Shellac), Aidan Baker (moitié des presque cultes Nadja) et le très underground anglais Mat Sweet aka Boduf Songs. Au cours de l'hiver 2010, ces trois-là enregistrent des choses chacun de leur côté, dans leurs propres studios respectifs, avant de partager des fragments de morceaux, esquisses de chansons par le net et d'harmoniser tout cela afin d'aboutir à un album complet. Eponyme, celui-ci voit le jour aux première lueurs de l'été 2011 via Denovali Records.

Infinite Light ltd. / Chronique LP > Infinite light ltd.

Infinite Light Ltd. Au départ, il faut bien admettre que sur le papier tout du moins, le mélange folk minimaliste / abstract post-rock / noise/shoegaze / drone ambient peut déconcerter. Et puis on se dit que si cela nous vient de chez Denovali Records (les dernières productions en date, dont le sublime Birds of Passage incitant largement à l'optimisme béat), c'est qu'il y a quand même de grandes chances que ce soit vraiment bien, puis en se disant que la moitié de Nadja consiste en un tiers de cet Infinite Light Ltd. (et qu'Aidan Baker est un bourreau de travail archi doué), donc que cet album mérite fatalement que l'on se laisse tenter... d'autant plus qu'il est livré dans un joli digipak, simple mais illustré avec ce petit "truc" en plus qui fait que l'on a envie de se laisser envoûter.
Et c'est justement le terme qui prévaut lors de la première plongée dans l'univers de ce "groupe" du nouveau millénaire, qui n'a donc pas eu besoin de se voir "physiquement" pour composer et enregistrer un album. La magie du jam en répète s'efface, la musique reste. Ici, les deux premières pistes de l'album sont un bonheur de mélancolie épurée, empreintes d'une gravité introspective dans laquelle on se perd en fermant les yeux ("December 16", "Vision of god in a cowbarn") pour se laisser bercer. La découverte de l'album n'a débuté que depuis huit minutes et des poussières que l'on est déjà littéralement habité par l'oeuvre du trio... qui va nous ramener un peu brutalement à la réalité avec le très expérimental "Weather". Lardé de drones sursaturés, dissonant et proche d'un essai de musique abstraite bruitiste, il rompt assez soudainement avec la quiétude intérieure des deux premiers titres pour nous laisser un peu sur le carreau.
Une rupture qui ne sera (heureusement serait-on tenté de dire) pas suivie d'effets dévastateurs, Infinite Light Ltd. retournant rapidement à ses amours pour les mélodies feutrées et noctambules, ces esquisses de panoramas embués de larmes, appelant avec une tendresse infinie au recueillement ("The bullet sent to kill me is already on its Way", le minimaliste "Surprising spectral illusions showing ghosts"). Pourtant, au moment même où l'on pense se diriger vers une forme d'apaisement quasi ataraxique, ce boys-band underground qui consiste en l'association de Aidan, Nathan et Mat, insuffle une petite dose d'étrangeté à un "Eyes of snow" parsemés de drones inquiétants, instillant par là-même chez l'auditeur un insidieux sentiment de malaise naissant... avant de le faire disparaître sur "(More) weather", porté par un folk intimiste véritablement sublime. On comprend alors que le trio cherche à jouer avec les émotions que sa musique sera susceptibles de procurer, libérant des textures sonores abstraites et variant les approches stylistiques avant de montrer tous les aspects, même les plus expérimentaux, de ce projet polymorphe et assez fascinant en son genre. Classe.