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Biographie > Emmanuel(le)

Inépuisable vivier de talents, la Suède fait naître des vocations précoces. Celle de Claes Strängberg notamment qui à peine âge de 16 ans monte du côté de Jönköping, Immanu El. Rejoint par son jumeau Per puis deux amis d'enfance, Mikael et Emil, Claes démontre rapidement qu'il a la tête sur les épaules et que la maturité d'un groupe peut-être parfois très avancée. Une démo, un EP enregistré à Reykjavik et baptisé Killer whale (2005), une BO pour un film chinois, le groupe sait dès ses débuts où il va franchissant une à une les étapes qui le conduiront aux sommets des sphères du post-rock. En 2007, Immanu El passe en mode "album long format" et sort via And the sound Records/Thomason Sounds son premier LP : They'll come, they come

Immanu El / Chronique LP > They'll come, they come

immanu_el_they_ll_come_they_come.jpg Invitation à la rêverie contemplative, songe d'une nuit d'hiver perdu parmi les panoramas arctiques, They'll come, they come est l'archétype de l'album de post-rock céleste aux effluves mélodiques oniriques. Quelques éclats évoquant les incontournables Sigur Ros, des harmonies lorgnant du côté de The Album Leaf, un sentiment de plénitude qui nous étreint de ses murmures séraphiques, "Under your wings I'll hide" ou "Panda" nous enveloppent dans un cocon musical bercé par une douce pluie de guitares enivrantes. Etincelant, Immanu El navigue dans des eaux voisines d'un Robin Foster ou d'un Arms and Sleepers. Quelques arrangements à cordes déployés le long d'un "Home" aux mélodies stratosphériques, les suédois nous emmènent planer au-dessus des fjörds de leur Suède natale. Des arpèges qui parcourent un clavier scintillant, crescendo éruptifs (l'élégant "White seraphs wild"), envolées émotionnelles, en quelques huit morceaux, They'll come, they come nous fait vivre une véritable idylle musicale.
Un chant haut perché et clairement habité par le fantôme de Jónsi Bór Birgisson (Sigur Ros) et Gary Lightbody (Snow Patrol), des mélodies feutrées d'une richesse infinie, quelques accents pop indé ("Astral days"), un petit côté Amusement Parks On Fire dans les arrangements, Immanu El fait clairement penser à plein de groupes reconnus, mais parvient pourtant à trouver sa voie via des compositions qui volent au dessus des nuages (c.f : l'artwork) et nous emmènent très haut dans l'atmosphère, visiter le royaume des cieux (le très beau "Kosmonaut"). Des morceaux raffinées aux contours subtilement dessinés, une musique qui parle à l'intime, le quartet suédois nous gâte et en guise de final, nous offre un doublé "I know you so well... / "... In valleys" enchanteur et fourmillant de petites finesses. Sublime. Encore peu connu hors de ses frontières, Immanu El ne devrait pas tarder à faire parler de lui dans un avenir proche. On aura été prévenus.