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I love you but I've chosen darkness, sûr qu'avec un nom pareil, la musique du quintet texan va être plutôt gaie. Et même un peu gothique et maso au passage non? Véritable tribute-band aux 80's et icône que sont notamment The Cure et autres Joy Division, ILYBICD se dresse vingt cing ans plus tard en héritier talentueux. Un émule qui, depuis ses débuts en 2001, a beaucoup de choses à dire et ne se prie pas de le faire via son premier album intitulé Fear is on our side, paru en février 2006 chez Secretly Canadian Records.

I love you but I've chosen darkness / Chronique LP > Fear is on our side

i_love_you_but_i_ve_chosen_darkness.jpg I love you but I've chosen darkness, clair que pour le glisser dans la conversation celui-là, il faut s'accrocher. S'il est évident que le nom du groupe n'est pas très vendeur, sa musique, quant à elle l'est largement plus. Et pour cause, Fear is on our side est un hommage aucunement déguisé aux références des membres du groupe. Les The Cure, Killing Joke, New Order ou Joy Division, qui ont tous marqué d'une empreinte indélébile la musique des vingt cinq dernières années. De là à dire que cet album s'adresse aux trentenaires, il n'y a qu'un pas, que je ne franchirai pas étant donné que je n'entre pas dans cette classe d'âge. Une fois passées ces considérations extra-musicales, le travail d'I love you but I've chosen darkness frappe d'entrée les esprits par son caractère intemporel, cette impression étrange de pouvoir nous faire voyager dans le temps (des 80's à nos jours en l'occurence) en seulement deux ou trois lignes de grattes. Telle une longue complainte envoûtante, la musique du quintet est assez sombre, triste et torturée.
La souffrance y est presque palpable, les émotions se dégageant des compositions de l'album auront rarement été aussi proches du nom du groupe qui les a écrite. En clair, il est préférable que les dépressifs passent leur chemin pour se jeter sur l'album de Clay Allison ou n'importe quel titre des Bloc Party, plutôt que celui-ci. Quant aux autres... à condition d'être dans un état émotionnel relativement propice à cette écoute, ils peuvent foncer les yeux fermés. Amateurs de post-punk new-wave, cet album est pour vous, des titres tels que "Last right together", ou "Long walk" ne pourront échapper plus longtemps à vos oreilles. Esthétique travaillée, sens aigu de l'hommage sans jamais sombrer dans le plagiat opportuniste en ces temps de reformation de groupes cultes; I love you but I've chosen darkness a des influences certes potentiellement encombrantes, mais les assume sans aucun problème. Mélodies désenchantées, guitares abrasives et songwriting inspiré, les texans délivre un rock triste et embrumé, théâtral et éthéré. On pensait que le nom du groupe pouvait être handicapant pour sa carrière commerciale, à tort, tant il est le reflet idéal de ce qu'est sa musique : "I love you but i've chosen darkness", tout est là, il n'y a rien à ajouter.