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Interview : The Hyènes, Hyènterview (sept. 2020)

The Hyènes / Chronique LP > Krakatoa unplugged sessions

The Hyènes - Krakatoa Unplugged Sessions Il y a dix-sept piges, The Hyènes pointait le bout de sa truffe pour faire la BO du film "Enfermés dehors" d'Albert Dupontel. Derrière, c'est trois albums studio et un enregistrement sur un BD-concert. La formation est aujourd'hui composée de Vincent Bosler au chant, Luc Robène à la guitare, Olivier Mathios à la basse et Denis Barthe à la batterie.

Nouvelle galette, nouvelle approche. Le groupe revient avec son Krakatoa unplugged sessions qui reprend exclusivement des compositions du groupe. Oui, mais c'est quoi Krakatoa ? Un volcan Indonésien mais ça va pas tellement nous servir. Sinon, c'est une salle de concert en Gironde lancée par le fondateur de l'association Transrock. Pour la petite anecdote, l'homme est alors manager de Noir Désir... Comme par hasard !

Le contenu sur les titres est sans fioritures. Du premier album est seulement retenu "Quand ça gueule" que je vais préférer dans sa version originale avec un son plus crade. De Peace and loud sortent "On dormira quand on sera mort", "Black B" et "La peur". Les compositions retenues du plus récent Verdure sont à la majorité : "Johnny vs Johnny" (que je peux aisément me passer en boucle), "S'il avait fait beau", "Ici bas", "Hel s'en Fou", "Bègles", "Tu peux dormir tranquille" et "Efface". Pas moins de sept titres sur douze du petit dernier studio arrivé dans les bacs en 2020. Sur l'ensemble de la prestation vient en renfort Guillaume Schimdt au saxophone et au piano Rhodes. Dans ce format, le musicien joue un rôle essentiel dans la transformation des morceaux. Le fan des ricaneuses pourra se régaler à entendre ses morceaux préférés dans un nouveau costume.

L'inédit "Nazillon de nuit" aurait eu toute sa place dans cet unplugged. Musicalement, ça aurait pu coller avec l'ambiance. Cela, nous aurait rappelé que cette pépite était sortie en réaction au score du FN sur le premier tour de l'élection présidentielle 2012 (17,6%). Dix ans plus tard, le parti sous une peau neuve fait 41,45% sur un deuxième tour. "Nazillon de nuit" aurait été aussi d'actualité. Mince, j'ai encore fait une parenthèse. Mais c'est ça The Hyènes. Ils étaient partis pour déconner et puis finalement, c'est devenu sérieux. Cela dit, c'est toujours un plaisir.

Publié dans le Mag #54

The Hyènes / Chronique LP > Verdure

The Hyènes - Verdure Avec l'EP Ça s'arrête jamais, The Hyènes s'est lancée dans une première tournée de dates annonciatrices d'un nouvel album. A peine chauds, le contexte sanitaire a coupé l'herbe sous le pied des musiciens. Même pas mal, la formation bordelaise ricane (comme une hyène) et enregistre Verdure. La sortie de l'opus est prévue pour le mois d'octobre.

Douze titres bien rock pour faire trembler les murs du salon à défaut d'une salle de concert (covid oblige). Ce qui marque cet album, c'est d'abord l'engagement des textes. The Hyènes semble toujours prêt à déconner avec du farfelue mais pas que. Alors cet opus vient illustrer les classes sociales, le fascisme, les problématiques environnementales, l'absurdité de la vie et j'en passe. Des paroles particulièrement pertinentes. Ce n'est que justice si la voix de Vincent est mise plus en avant. Les passages chantées en chœurs renforcent l'intention. Très franchement, on se prend vite au jeu sur des titres comme "Bègles", "Johnny vs Johnny", "Ça s'arrête jamais" ou encore "Ici-bas". En fait, on va dire sur une bonne moitié de l'album pour faire simple.

Si quelques morceaux offrent des accalmies, l'ensemble est plutôt sombre et rageur. La musique forme un ensemble rock dense mais bien ajusté. En effet, les parties de chaque instrument sont bien lisibles. Une qualité qui permet de prendre en compte les talents individuels dans le groupe. Tout est mis plus en relief et c'est pour le mieux. Les parties de basse et de guitares font tour à tour des sorties explosives. La batterie de Denis s'affirme toujours avec la même rigueur.

Huit ans se sont écoulés depuis le dernier album de The Hyènes. Il y a eu d'autres projets en groupe ou en solo pour les musiciens. Sans doute, ces expériences ont porté leurs fruits dans le résultat que la formation obtient aujourd'hui dans sa musique. Quand on déconne à moitié, on sait jamais vraiment quand vient l'album de la maturité. En tout les cas, Verdure est l'album studio le plus abouti de la formation sur bien des plans. Si l'horizon se dessine sous ses allures, c'est encore plus facile d'aimer les hyènes.

The Hyènes / Chronique EP > Ça s'arrête jamais

The Hyènes - ça s'arrête jamais En 96, Bernie Noël plantait dans le décors une phrase pour toujours : "Etre ami avec une hyène souvent c'est plus important que d'être ami avec des vrai amis". 10 ans plus tard, Albert Dupontel réalise le film "Enfermés dehors". Pour la B.O, il se tourne vers Jean-Paul Roy, Denis Barthe (tout deux ex-Noir Désir) et Vincent Bosler (The Very Small Orchestra). Inspiré par le personnage de Bernie, la formation prend le nom de The Hyènes.

Suite à cette première aventure, Olivier Mathios (Ten Cuidado, Mountain Men) rejoint le groupe pour apporter sa basse. 2009 et 2012 voit respectivement la sortie d'un album éponyme et de Peace and loud. Dans une autre démarche artistique, The Hyènes réalise ensuite une tournée BD concert "Au vent mauvais" en collaboration avec le dessinateur Thierry Murat et l'auteur Rascal. Cette année, c'est le chemin des studios qui titille à nouveau les rockers. Jean-Paul Roy quitte le navire et trouve un remplaçant en la personne de Luc Robène (Strychnine, Arno Futur). Lancé sur un Tour de Chauffe pour ravir un public en attente, The Hyènes propose en guise d'amuse gueule l'EP Ça s'arrête jamais.

The Hyènes, ça se prend pas la tête. C'est brut, c'est cash et sans fioritures. Côté textes, c'est pas du Baudelaire et c'est bien sûr l'effet recherché. "Plus Dark que Vador" cultive plutôt l'art du décalé sur un rock sombre taillé pour le live. Le titre "Ça s'arrête jamais" est dans la même veine. Les paroles témoignent d'une vie oppressante et sans issue "On voudrait que ça cesse, on s'rait même prêt à crever pour le temps d'une journée". Un état d'esprit punk souligné avec une reprise de The Damned sur le titre "Neat neat neat" (1977 - Damned Damned Damned). Puis, c'est au tour de Jean-Louis Murat de fournir une de ses compositions. En effet, The Hyènes ponctuent sur "Suicidez le peuple est mort" (1981) qui semble être le triste reflet de la société ou peut être le gros titre d'un journal fataliste. Dans sa tradition la plus stricte, le quatuor rock fait un enregistrement qui sert le n'importe quoi sur un son classique et sans prétention. C'est cette essence qui fait du bien. The Hyènes a prévu des surprises à venir dans les quinze prochains mois. Voilà, Ça s'arrête jamais.

Publié dans le Mag #40

The Hyènes / Chronique LP > Peace and loud

the Hyenes - Peace and loud
Sur le papier, The Hyènes a de quoi séduire (sauf Aurelio qui n'a jamais été sensible aux baffes sonores de la bande à Bertrand C.) : deux Noir Désir (Denis et Jean-Paul) aidés de deux potes (venus de Ten Cuidado ou de Spooky Jam) pour la zik, Ted Niceley (Fugazi, Girls Against Boys) à la prod' et Athome pour emballer le tout. A l'écoute, on déchante et on se retrouve un samedi soir dans un rade de seconde zone où un groupe punk rock garage joue devant 2-3 membres de leur famille, 3-4 potes qui n'ont pas trouvé d'excuse valable et 4-5 piliers de comptoir qui en ont une pour boire un coup de plus. Que la musique sonne old-school, pourquoi pas, les rythmes et les riffs sont corrects même si très loin d'être transcendants, mais le chant et surtout les textes sont d'une pauvreté navrante. Il y a un peu d'humour (le clin d'œil "Dead Pompidou'z"), un peu de travail ("Bougez-vous") et donc beaucoup de titres qu'il devrait être interdit de jouer hors des bars ("Die Deutschen" ou "On dormira quand on sera mort" rivalisent d'affligeance). Finalement, le groupe ne s'en sort que quand il s'exprime en anglais, ça n'atteint pas les sommets mais au moins sur "Black B" ou "R le roadie", on n'a pas trop honte de les écouter.