« Quand sa mère accoucha de Léo, c'était pour mourir aussitôt » chantaient les VRP en 1992 (Vacances prolongées). Voilà d'où vient le nom du groupe Les Hurlements d'Léo. Mêlant chanson à texte et énergie rock, ce groupe bordelais rencontre un succès immédiat en 1998 avec son premier album, Le café des jours heureux. Quatre albums studio s'enchaînent avec, sur le chemin, un split remarqué avec Les Ogres de Barback sous le nom de Un air de famille. Puis, c'est la pause indéterminée... En 2011, les HDL reviennent avec Bordel de luxe, un album plus rock et rageur que jamais. Décidé à plonger dans le sombre, le groupe rend hommage à Mano Solo avec quelques copains. Dans les deux derniers albums, l'ambiance se fait plus légère dans la musique comme dans l'écriture. Ce 19 septembre, Les Hurlements d'Léo reviennent avec un neuvième album : Sirocco.
L'album démarre sur le titre "Il en faudra des soleils". Il faut à peine quelques secondes pour sentir que la nostalgie va donner le ton. Le refrain souffle l'espoir à une cause perdue ou à un ami au fond du trou. Qu'importe, Les Hurlements d'Léo tapent juste dès l'entrée en matière. Pour la suite de l'opus, le vent nous amène des airs chaleureux sans se contraindre à un style en particulier. "D'autres rêves" rappelle l'écriture des débuts. En plein contraste, les refrains ont un côté plus pop. La formation surprend davantage avec "India sunday pelouz" qui emprunte autant à l'univers hip-hop qu'à celui de la fanfare. Toujours guidé par des artistes comme Miossec, Dominic A ou Mano Solo, les musiciens ont maintenant l'avantage de la maturité. Ils font preuve d'un certaine liberté musicale et peuvent en un instant retourner sur leurs pas. Des morceaux comme "Mauvais garçons" ou "La cuisine du diable" sont plus plus proches de l'énergie des premiers albums. "Litanie" renoue avec le côté sombre/rock. Elle semble intimement liée à "Il en faudra des soleils" dans les paroles. "Liberté ma chérie" est une pépite. Son style manouche en fait un morceau dansant et les cuivres font tout pour fixer cette impression.
30 ans plus tard, les Bordelais peuvent encore se montrer percutants. Une tournée traversant 26 pays est en cours. Les dates françaises sont annoncées. Il y aura bien sûr la présentation de Sirocco et ses airs modernes. Il y aura aussi des classiques, plus sombres. De mon côté, je tiendrai fermement mon "Ticket pour le chaos".
Publié dans le Mag #68





