China Drum Salut Gui de Champi, comment s'est passé ton été ? En forme pour attaquer la rentrée et cette nouvelle saison de tuyaux ? T'as réfléchi, mis de côté quelques pépites à faire découvrir aux aficionados de cette rubrique, à moi et à nos éventuels futurs invités ? Bah ouais, tu l'évoquais quand on a démarré l'année dernière, il va falloir convier d'autres Guillaume pour tchatcher musique. Bon, je crois que ça dépendra aussi, beaucoup, de ma propension à rendre mes papiers à l'heure, surtout quand c'est moi qui dois commencer. À ce propos, quand sortira ce numéro 52 du W-Fenec, j'espère que j'aurai mis un terme à la mise en page de notre fanzine papier qui regroupe tous nos échanges de la saison 1, avec un petit épisode bonus des familles. Un fanzine HuGui(Gui) les bons tuyaux, nom de nom ! Mais tu me connais, rien n'est moins sûr. Ahaha ! Mais tu me connais aussi, même si ça prend le temps, j'honore toujours (hum, presque) mes engagements. Sinon, tu n'as pas aimé Wet Leg plus que ça... Ah là là, on en reparle dans quelque temps. Tu finiras bien par craquer, comme tout le monde, héhé.

Allez, on va attaquer cette saison 2 sur les chapeaux de roue, avec un groupe et un album qui figure sans conteste dans mon top 50 ever. Alors oui, ce top serait très vraisemblablement impossible à réaliser mais il y aurait pour sûr Goosefair de China Drum dedans. C'est marrant que ce groupe soit passé sous tes radars car je sais d'avance qu'il représente tout ce que tu aimes. Ils sont anglais, viennent des 90's, font de la power pop punk avec quelques grosses guitares, pures mélodies, refrains imparables... Sur Goosefair, leur premier album sorti en 1996, il y a 14 morceaux affichés pour 15 tubes, pas un de moins. Oui, le compte n'y est pas tout à fait (bien vu, tu as passé le test et peux postuler dans n'importe quel rectorat pour être prof de Maths en collège) mais à l'instar de cette période, il y a une chanson cachée à 30 min de la quatorzième piste, une reprise de Kate Bush. Elle était déjà partout à l'époque, avec ici une version musclée de "Wuthering heights" que je préfère largement à "Running up that hill". Mais perso, c'est avec leur deuxième album, Self made maniac, que j'avais découvert le groupe, grâce tout d'abord à un titre sur un sampler Rock Sound et le CD que j'avais eu ensuite avec mon abonnement au magazine. Je ne vais pas te faire l'affront de te demander si tu te rappelles cette époque mais sans Internet, c'était quand même un bon moyen pour se perfectionner en tuyauterie et faire ainsi grossir sa cédéthèque. Satan seul sait le nombre de groupes que j'ai découverts grâce à Rock Sound (puis aux hors-série Punk Rawk), aux samplers... Arf, mes souvenirs sont troubles, en y réfléchissant, je ne sais plus si c'est ce disque que j'ai eu en m'abonnant ou bien Pure, d'autres Anglais, 3 Colours Red, sorti aussi en 1997 et dans un style très similaire. À moins que ce ne soit les deux. Bref.
C'est marrant car si j'écoute très régulièrement Goosefair (le boîtier CD n'a jamais le temps de prendre la poussière), ces dernières années j'avais pas mal délaissé Self made maniac, ressorti donc pour les besoins de ce papier et force est de constater que dans ce disque non plus, rien n'est à jeter. Même "Stop it all adding up" (la onzième plage) est un petit bijou, "Foxhole" peu avant également, tout comme "Fiction of life", légitime premier single de l'album. Mais si j'avais deux titres à écouter en boucle, ce serait l'excellent "All I wanna be" (mets la #5, mets la #5 !) et le plus fougueux (mais pas que) "Guilty deafness". D'ailleurs, écoute bien le début de ce morceau et la fin, quand ça repart et dis-moi à quel titre de nos bisontins préférés, j'ai nommé Second Rate, il te fait penser. Ahah, je te challenge et te sachant joueur, je suis sûr que tu vas te retaper leur disco pour trouver. Les deux groupes partagent une autre similarité, en plus de références communes (comme Mega City Four, Senseless Things...), c'est qu'ils ont tous les deux un batteur-chanteur. Fait assez rare pour être souligné et généralement c'est soit parce que les autres musiciens ont des chants pas terribles, soit parce que la voix du batteur apporte une véritable plus-value. C'est bien évidemment dans ce registre qu'on se situe avec China Drum, comme c'est aussi le cas avec Snuff, Seven Hate, Satanic Surfers, Hard-Ons au début, pour en citer quelques-uns.
Goosefair, je l'ai acheté peu après, été 98 ou 99 je dirais, quelques dizaines de francs, la première fois où j'ai mis les pieds chez Gibert Montpellier, sans connaître aucune des chansons le composant et dès la première, "Can't stop these things" (que je devais diffuser tous les 6 mois dans mon émission radio), jusqu'à la dernière et reprise cachée de Kate Bush, c'est donc tube sur tube, mandale sur mandale, poils qui se hérissent tout du long. Que ce soit sur des morceaux catchy à la Hüsker Dü / Sugar / Bob Mould (grosse influence chez eux) comme "Simple", "Take it back", avec en plus des petits plans grattes à la Leatherface, qu'on retrouve aussi dans "Find the time", le tube tubesque (oui je ne suis pas à un pléonasme près) "Last chance", l'acoustique "Meaning" ou encore l'émouvant "Biscuit Barrel F.M.R.", tout est parfait. Ça sonne du tonnerre, tout est génialement équilibré, faut dire que c'est sorti chez Beggars Banquet, distribué par Virgin et que le disque avait été mixé par Chris Sheldon. Tu sais, le gars à qui l'on doit le son de Troublegum et d'autres albums de Therapy ?, The colour and the shape de Foo Fighters, des disques de Biffy Clyro, Oceansize et Atomic Garden plus près de chez nous. Je te parle d'eux car c'est Arno, le guitariste-chanteur, énorme fan de China Drum, qui m'a filé un paquet de mp3s inédits provenant de singles ou EPs, notamment le titre "Barrier", tiré de l'EP éponyme sorti avant Goosefair et j'ai halluciné quand j'ai écouté les premières secondes. Lance "The boat" de Chuck Ragan juste après et tu comprendras. Plagiaaaaat !
Je pourrais écrire des tonnes encore sur ce groupe mais j'ai d'autres trucs en retard pour que ce numéro 52 sorte rapidement, j'ai déjà été bien trop disert et je suis curieux de savoir à quel point tu vas t'enthousiasmer pour eux. Quelle chance tu as de poser tes oreilles sur ces chansons pour la première fois ! Profite ! Je rajoute juste pour compléter le tableau qu'ils ont sorti un troisième album en 2000 sous le nom The Drum mais avec une orientation un peu électro et je n'ai jamais eu envie de l'écouter. En revanche, en 2018, ils se sont reformés pour un concert chez eux, dans le Nord de l'Angleterre et j'avais très sérieusement regardé les vols pour m'y rendre... Ce n'est peut-être pas tout à fait perdu car je vois leurs pages Facebook et Bandcamp s'agiter, je sens que ça les démange et qu'on va avoir du neuf prochainement. Tu viendrais avec moi ? Ne regarde pas les LPs sur Discogs par contre, les prix c'est n'imp', même si j'ai pu être tenté, en prenant un incommensurable plaisir à me ré-écouter 10-15 fois ces deux albums pour te/vous transmettre ma China Drumania.

Salut mon pote ! L'été a été chaud sans trop de shows pour ma part. On a bien bossé avec Oli et JC sur le hors-série Hellfest et notre duo a bien envoyé la purée pour l'inédit qui figurera dans le fanzine HuGui(Gui). Pour le reste, j'ai passé l'été au boulot et quelques jours sur les plages du Nord. Pas question pour moi d'aller cramer le peu qu'il me reste sur le caillou dans le Sud (bouhhh). Sinon, très peu de concerts, à l'exception toutefois (et c'est à souligner) d'un show de fin de tournée des amis de Topsy Turvys qui fut, pour l'occasion, le premier concert punk-rock de Victoria. C'est quand même important, non ? Je te confirme également que je n'ai pas passé l'été à écouter Wet Leg, c'est sûr ! Par contre, gros nigaud (c'est affectif, tu le sais), si tu m'avais envoyé ton tuyau China Drum avant, j'aurais pu en profiter pendant l'été !
Clairement, je suis passé à côté de ce groupe. Le nom ne me dit rien, les horribles pochettes non plus, et j'ai beau écouter, je ne crois pas avoir déjà entendu ce joyau de la Couronne (God save the Queen, ah merde, the King, faut que je m'y fasse). À première vue (ou plutôt à première écoute), toutes les cases sont effectivement cochées pour que ça le fasse du côté de mon terrier. Ça rock sans agresser les tympans, ça roll en toute décontraction et ça balance des mélodies sans surjouer. La grande classe. Je capte carrément où tu veux en venir. Et surtout où le groupe a voulu nous emmener : sur l'autoroute du plaisir !
J'ai une nette préférence pour Goosefair, que je trouve plus frontal et plus énergique. Tu me connais, j'ai besoin que ça fasse 1, 2, 3, 4, sans chichi, ni prise de tête, pour que mon petit cœur de rockeur s'emballe. Ça me fait penser à beaucoup de bonnes choses (et pour revenir à un précédent tuyau, à Radkey !). Clairement, ça sonne à l'anglaise, ça ne s'emmerde pas avec les structures biscornues et ça va droit à l'essentiel. Bob Mould et consorts, bien évidemment, mais aussi toute cette scène power pop anglaise qui défonce. Je ne te parle pas d'Oasis ou de Pulp bien sûr, mais bien de Supergrass, Gun ou du 3 Colours Red de Chris McCormack. Tu sais, le petit frère de Danny, le bassiste des Wildhearts (désolé, je n'ai pas pu m'en empêcher). Le son est bien caractéristique de l'époque (avec quelques abus au niveau de la réverb') et les chœurs sont à tomber par terre. Et même si le son peut paraître un peu faiblard aujourd'hui, ça n'a clairement pas pris une ride. Que veux-tu, quand c'est efficace et authentique, ça ne bouge jamais, hein ? Parmi mes titres préférés, "Can't stop these things" est chirurgical, "Situation" et "Pictures" frôlent la perfection, tandis que "Biscuit barrel" est aussi efficace que le meilleur titre de Hot Water Music et "Last chance" pourrait être sponsorisé par les mouchoirs Kleenex. Et plus j'écoute ce disque, plus je le trouve bon, rafraichissant, typique d'une époque riche en distorsions et en émotions. Une sacrée pépite, dont il va falloir que je me détache assez rapidement pour donner sa chance à Self made maniac, qui m'a l'air un peu plus "fouillis" mais dans lequel je place de grands espoirs. Vivement qu'on puisse rediscuter de tout ça tous les deux !

Pour être complet, je suis allé écouter sur Deezer le nouveau single qui est sorti le mois dernier, et je peux t'affirmer sans trop me forcer que China Drum a encore de beaux restes ! Si ça rejoue sur scène et que ça fait un plateau avec un groupe de Ginger, je t'accompagne sans problème ! Et pour le défi concernant Second Rate, c'était bien tenté mais je n'ai pas été (complètement) piégé ! Ce groupe a autant compté pour moi que pour toi, et ce n'est pas parce que tu as été le premier à commander la discographie complète en vinyle chez Kicking Records (j'étais le numéro deux, confirmé par Mr Cu!) que tu dois te permettre ce genre de distractions avec moi. Non mais ! Je te rappelle que j'ai vu quatre concerts sur cinq du "Reunion tour" et toi, "seulement" trois. Na !!! Belle pioche mon gars, et encore un joli défi pour moi d'aller gratter le fond des bacs pour choper les skeuds chez un disquaire. En tout cas, je peux le crier sur tous les toits, China Drum m'a bien chicoté (si tu regardais plus souvent les matchs du Racing Club de Lens, tu saurais ce que cela signifie min gars !).

Lodestar De mon côté, je pense prendre un risque avec mon tuyau, mais ce qui est intéressant, c'est qu'on ne va pas quitter le Royaume-Uni (plus pour longtemps) et la fin des années 90s. Mon tuyau s'appelle Lodestar, à ne pas confondre avec un autre Lodestar, groupe canadien qui a sorti un album il y a quelques mois dans un genre doom rock un peu atmosphérique. Tu me diras que les Canadiens sont pas bien malins d'avoir chopé le même nom qu'un autre groupe. Le truc, tu vois, c'est que "mon" Lodestar est tellement confidentiel et sa carrière si éphémère (quelques mois seulement) qu'il était facile de faire cette boulette.
Ouais, mon tuyau, qui a pourtant reçu toutes les habilitations pour sa mise sur le marché, ne semble pas avoir été un franc succès. Et pourtant, je peux te dire qu'au cours de l'année 1996, quand je suis tombé sur ce disque sans nom, j'ai pris une baffe monumentale. Tu sais, on dit souvent qu'on se rappelle précisément ce qu'on faisait quand on a appris une catastrophe ou un évènement qui bouleversa le monde (comme l'explosion des tours jumelles le 11 septembre 2001 - putain, il y a précisément 21 ans jour pour jour - ou le jour où je t'ai recruté dans la team du W-Fenec). À toute proportion gardée, je me souviens avec une précision chirurgicale des instants qui ont précédé l'écoute de ce disque. On zonait avec quelques potes à la Fnac après la cantine, et un type de ma classe de terminale, après avoir enfilé un casque à une borne d'écoute, repose ledit casque et me dit : "Tiens Gui (à l'époque, je ne portais pas encore la particule "de Champi"), ça devrait te plaire". Je ne me souviens plus du prénom de ce pote de lycée mais gloire à lui pour ce tuyau en or massif. Cette intro de "Another day", premier titre de la galette, m'a tétanisé. Plus rien n'avait d'importance autour de moi, seuls comptaient cette batterie puissante, cette basse slappée, ces guitares incisives et ce chant hypnotique mais néanmoins véner. Un bouillon de culture qui allait (et me fait toujours) chavirer. Il faut replacer dans le contexte : nous sommes en pleine période fusionnante, Urban Dance Squad a sorti les années précédentes des albums stratégiques, la bande originale de Judgement night résonne encore dans tous les esprits, et le néo-metal va bientôt exploser à la face du monde. Lodestar, c'est un mélange hybride qui peut faire penser aux meilleurs groupes de fusion du monde, à Faith No More ("Wait a minute") et même à... allez, je me lance... Asian Dub Foundation ("The representative"). Ce disque est percutant, troublant, jouissif et parfaitement parfait. Pour en savoir plus, j'ai fait avec les moyens du bord, et je pense avoir trouvé une chronique dans un Starter (cette feuille de chou que tu pouvais trouver dans un certain réseau de disquaires, les mêmes chez qui j'allais glaner tous les ans les compilations du Fair) et c'est ainsi que j'ai appris que Lodestar provenait de la scission de Senser. Là, tu vois de quoi je parle. En effet, le chanteur Heitham Al Sayed et le batteur John Morgan ont quitté le cultissime groupe anglais auteur de l'excellent Stacked up pour former Lodestar. Ça a sorti quelques singles, un album, ça a joué en Angleterre et puis c'est tout. Finito, basta, rentrez chez vous, y a rien à voir. Là, pour le coup, c'est certain que ça ne se reformera pas, au contraire de Senser qui a remis le couvert au début des années 2000 avec le retour au bercail des deux dissidents.

Petit aparté pour te parler de Senser avec quelques petites anecdotes dont tu raffoles. En 1998, et alors que le chanteur avait quitté le navire, le groupe (ou ce qu'il en restait) a sorti un de mes albums préférés de toute ma vie, le génial Asylum. Pile dans la période où le chant un peu tordu, les guitares tranchantes mélangées aux machines me rendaient dingue. Avec Asylum (que je suis en train d'écouter au moment même où j'écris ces lignes, avec les poils des bras qui s'hérissent !), j'ai été servi. Mon pote Mourad en première année de fac (lui, je me souviens de son prénom, un chic type bien calé niveau rock !) m'avait vanté les vertus de ce disque. J'ai été hypnotisé, vraiment (et je peux te dire que ce disque n'a pas pris une putain de ride). Et figure toi qu'en checkant la programmation du NJP (Nancy Jazz Pulsation, festival de jazz se déroulant en octobre avec toujours une soirée blues, une soirée rock,...), je me rends compte que Senser va jouer sous le chapiteau de la Pépinière de Nancy, bien calé entre, accroche toi bien, Zebda et 16 Horsepower. 1998, l'année de l'éclectisme ! Zebda vient de sortir quelques semaines plus tôt Essence ordinaire et j'ai chopé des places à 10 balles, mises en vente chez Tati. Je te parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Bref, la soirée (un mardi soir) s'annonce explosive et je me régale d'avance. Deux soirs avant, je me rends à mon boulot d'étudiant (veilleur de nuit le dimanche soir dans l'hôtel familial) et quand je me pointe pour prendre ma garde, ma tante tire un peu la tronche. Elle m'explique qu'elle doit préparer pour assez tard le lendemain des petits déjeuners. "C'est pour un groupe de rock. Zebda, que ça s'appelle, tu connais ?". Un peu mon neveu, ou plutôt ma tante. Bref, elle lève le camp, les gars reviennent dans la soirée, prennent leurs clés à la réception et quand je leur demande s'ils sont bien le groupe Zebda (histoire d'entamer la conversation, car je sais bien que c'est eux !), je regarde les trois chanteurs dans les yeux et je leur dis : "Les gars, depuis que j'écoute l'album, j'ai tombé la chemise". Le disque est sorti depuis peu et ce fameux morceau n'est pas encore en heavy rotation sur les ondes ! Les gars se marrent, on discute, m'invitent au concert (ce qui me permettra d'inviter deux potes car j'ai déjà ma place) et quand je les recroise avant le concert, les gars s'excusent s'ils ont fait un peu trop de bruit à l'hôtel ! Bref, revenons à Senser. Le concert a été génial, et quand le groupe a commencé à jouer le morceau "Adrenalyn" (extrait du deuxième album), je me suis pertinemment demandé comment ils allaient retranscrire cet OVNI sur scène. Ils l'ont fait, et de quelle manière ! Un super concert.
Mais revenons à Lodestar. Comme je te disais, le groupe est parti aussi vite qu'il est arrivé, ce qui ne m'empêche pas d'adorer ce disque. Parmi mes ceaux-mor préférés, "Another day" (évidemment), "Better late than never" (qui est pourtant le seul morceau ultra bluesy funky qui n'a rien à voir au milieu de la tracklist lugubre de l'album), "Down in the mud" (ce riff de guitare, man !), "Wait a minute (c'est un slogan de foot ça aussi, non ? Le pont mélodique est à tomber) et "The representative" (plus malsain, tu meurs !). J'espère de tout cœur que tu prendras autant de plaisir à écouter ce disque (qui sonne typiquement 90s) que j'ai eu à t'en faire la promotion (ce qui, au vu des prix du cuivre et de l'alu en ce moment, n'est pas de refus). Ici Champi (enfin Villers, mais Gui de Villers, ça sonne pas top), à vous les studios !

Hé, oh ! Ici c'est Paris ! "Studio"... nan mais, j'habite dans un F2 moi, môssieur De Champi ! Tu vas d'ailleurs bientôt le voir, à l'occasion de ta virée à la capitale. Tu pourras récupérer les moults CDs, vinyles, K7, livre, fanzines que j'ai récupérés, stocke pour toi et on discutera plus en détails de China Drum, que tu auras mieux digéré d'ici là. J'ai prévu de te sortir quelques B-sides pour le digeo et tâcherai de ne pas (divul)gâcher des futurs tuyaux.
Je vois qu'on parle la même langue en ce qui concerne les Anglais mais ce n'est pas franchement une surprise, j'étais sûr de mon coup. Et tu n'es presque pas (mais un peu quand même) tombé dans mon piège Second Rate. C'était au titre "Inside me" que je pensais, inédit dispo à l'époque (2002) uniquement sur un CD maxi promo pour Le Printemps de Bourges et donc désormais sur cette magnifique réédition LP de leur (presque) entière discographie chez Kicking Records, depuis 2014. À jamais le premier pour ce qui est de cette commande. C'est pas un slogan connu, ça ? Héhé... Sport, spectacle, business dont j'ai de moins en moins à foot, notamment à cause du dernier aspect, difficile à occulter et qui gâche absolument tout pour moi, avec les sommes démentielles mises en jeu et les comportements hors sol de certains. Mais oui, je peux avoir une affection particulière pour des outsiders, qui semblent plus authentiques comme "ton" R.C. Lens chéri ou "mon" AJ Auxerre de cœur, le stade Abbé Deschamps étant le premier où je sois allé gamin, ayant grandi dans l'Yonne. Pas de blague moisie avec Emile Louis, hein, j'habitais à 50kms au nord.
Décidément tu perds pas une occasion pour placer Ginger et/ou The Wildhearts ! C'est de bonne guerre, je fais pareil avec Second Rate, Samiam ou Hot Water Music dès que je peux. En revanche, tu m'as appris pour la filiation ou plutôt fratrie avec 3 Colours Red. Je ne savais pas, n'étais jamais tombé sur cette info mais c'est assez cohérent.

On reste donc en Angleterre et 1996 avec ton tuyau. Encore une fois, il semblerait que les grands esprits se rencontrent, même si je dois avouer que tu as pris de gros risques sur celui-ci. Quand j'ai lancé "Another day", j'ai été plus que décontenancé. Parce que le crossover, fusion et la basse qui slappe, c'est pas franchement ma came. Et alors disons le tout net, je ne vais pas me faire que des amis (surtout parmi la team W-Fenec) mais le neo metal, qu'il soit français ou américain, je l'abhorre. Oui oui, ce mot est correctement écrit. Il y a quand même quelques groupes (de fusion) qui ont trouvé grâce à mes yeux et mes oreilles, à cette époque, comme bien sûr Rage Against The Machine et Urban Dance Squad en tête, loin devant les autres prétendants. Mais aussi Bodycount, Infectious Grooves, Sugar Ray (et cette pochette bien sexiste et beauf avec le recul mais bon, quand t'as 15 ans, Nicole Eggert fait son effet...), H-Blockx (tu te rappelles ces Allemands et leur "Time to move" ?), un peu de Downset ("Anger") et donc Senser ("The age of panic"). Chouette song. Mais Lodestar m'était complètement inconnu au bataillon. Je ne pense pas acheter le CD si je tombe dessus en farfouillant les bacs à soldes (pas grand-chose ne vaut ce petit frisson quand tu tombes sur une pépite à quelques euros) mais ce serait mentir que de dire que je n'ai pas passé un agréable moment en écoutant ce disque. Et ce sont les mêmes morceaux qui m'ont marqué, avec une préférence pour "Better late than ever". Il démarre en effet bluesy mais enchaîne très vite avec un côté speed funk, à la Cyco Miko / Suicidal Tendencies, puis retour à nouveau au bluesy groovy, puis passage chanté à la Faith No More et ça repart à toute berzingue pour finir, le tout en 5 minutes. On n'en fait plus des morceaux comme ça. Dans l'ensemble, j'aime bien le début de l'album, moins la deuxième partie, perdant pas mal en intensité, hormis "Down in the mud", qui réveille le headbanger qui sommeille en moi avec son riff de malade pendant toute une minute.

Merci pour ce tuyau en tout cas, ça m'a donné envie de ressortir quelques disques des groupes susnommés et la B.O. de Judgement night, achetée il y a quasi un an, en fouinant les bacs de chez Gibert St-Michel... avec toi. La boucle est bouclée mais on en rouvre une nouvelle au prochain numéro. J'ai déjà hâte !