Cher Guillaume Circus ! Quel plaisir de te retrouver à l'occasion de cette magnifique rubrique qu'est HuGui(Gui) les bons tuyaux. Ça peut paraître pompeux et complètement égocentrique, mais cette rubrique, elle déboîte ! Tu te rends compte, nos échanges sans filtre permettent à nos lecteurs de (re)découvrir des groupes qui nous marquent et de prendre non pas une mais deux gifles coup sur coup. On devrait être nominés au prix Nobel de la Paix tellement cette rubrique est apaisante. Comme je n'ai cessé de te le dire depuis quelques semaines, tu as encore visé juste avec Radkey qui m'a rendu tout chose. Quel sacré tuyau mon ami. Toujours est-il que notre joute écrite commune a été le dernier papier rendu pour boucler le dernier numéro du W-Fenec mag (dantesque, mais pas grâce à moi) et une fois n'est pas coutume, je te propose bien en amont de la publication du numéro 49 mon tuyau du moment. Un tuyau qui ne manquera pas, j'en suis sûr, d'obtenir l'homologation made in Circus. Par contre, je te préviens, on va rentrer un peu plus dans le dur pour ce coup-ci avec Kids Insane. Ça te parle ?

kids insane "Kids Insane is a hardcore band from Israel" (source : Discogs). Voilà, les présentations sont faites. Vite fait, bien fait. Comme leur musique. Fat, fast, Israël, ça te rappelle quelque chose ? Not On Tour bien sûr ! C'est par l'intermédiaire du quatuor mené par la chanteuse Sima que j'ai connu Kids Insane qui existe pourtant depuis 2010 et qui a trois albums et quelques formats courts à son actif. Pas sûr que les types soient venus jouer en France (contrairement à N.O.T. que tu as eu la chance de voir si mes souvenirs sont bons) mais peu importe. Kids Insane et Not On Tour ont partagé un split le printemps dernier, avec trois titres chacun pour environ 8 minutes de zik ! Et crise sanitaire oblige, la release party du split a fait l'objet d'une retransmission via Facebook Live d'une battle entre les deux groupes dans un local de répet ou un studio, un peu à la manière de Swad et des Pookies à la grande époque. C'était fun, si bien qu'à la fin du show, c'est bien Kids Insane qui m'avait le plus marqué (l'attrait de la nouveauté, sachant que j'ai usé des lives de Not On Tour sur le net. D'ailleurs, la captation de l'ami Bir du Wallabirzine lors d'un Xtrem Fest reste une de mes favorites). Comme tu commences à me connaître, je suis allé fouiner tout ça sur le net et je me suis aperçu qu'en plus de publier le split, Kids Insane venait de presser Whos's the enemy, un 7'' très certainement enregistré lors de la session des morceaux du split. Et là, j'ai pris une sacrée baffe. Kids Insane, c'est instinctif, surpuissant, rapide et sans fioriture. Le son est énorme (cette basse !) et le format titres courts (exercice qui peut se révéler casse gueule) colle parfaitement à la peau du quatuor, qui enchaîne mélodies rugueuses et refrains tape à l'oreille : clairement, ça te donne envie de danser version mosh pit. Les codes du punk hardcore sont respectés à la lettre, c'est clair, net et précis. Le groupe a reçu le soutien de Yotam Ben Horin (Useless ID, Chabad Religion) pour les arrangements et la production, et l'ensemble a été mixé et masterisé chez Jason Livermore au Blasting Room (Descendents...). Tu parles d'une équipe ! Pour la petite histoire (car sans petite histoire, la vie serait bien chiante), je me suis empressé de me connecter à en.talitimholim.com (le site du label israélien au logo improbable) pour commander fissa les disques. Mais le paiement en dollars et les frais de port exorbitants ont eu raison de moi et de ma passion dévorante de posséder les objets sur lesquels sont gravés la musique que j'aime. Mais comme je ne m'avoue jamais vaincu, j'ai quand même fait affaire chez Twintoe Records, un label basé à Berlin chez qui j'ai fait quelques jolies emplettes. Bien vu l'aveugle, hein ? Alors mon bon Circus, c'est peut-être un peu rugueux pour toi, mais je suis persuadé que tu vas te prendre au jeu et ça te changera un peu des Sheriff hein ? Du bon rock'n'roll pour ta bagnole mon pote (ou pour ton mauvais RER B). Bon tuyau non ?

Salut mon Gui de Champi. Je te renvoie la pareille, c'est un plaisir, comme toujours partagé, de te retrouver pour cette rubrique. Tu me vois d'autant plus ravi d'apprendre que tu es un nouveau fan de Radkey mais je n'en attendais pas moins de toi. Je commence à te connaître depuis le temps. Tiens, fun fact ou coïncidence marrante en bon français (va falloir se mettre au pas avec les élections putrides qui arrivent), alors même que j'avais bouclé mon papier bon tuyau pour le dernier mag (en retard pour changer), je feunais chez General Music Store, un disquaire / libraire d'occasion à Montpellier et v'là t-y pas que je tombe sur le premier LP de Radkey qui me manquait, compilation de leurs premiers EPs et singles, à 12€. Autant te dire que je ne l'ai pas laissé passer. Pas fou le gars ! Pas comme tes enfants israéliens.
Fou... enfants... Kids Insane... c'est bon, tu l'as ? Si j'avais pu voir le nom du groupe ici ou là - sûrement associé à Not On Tour, chouette band, chouette concert à l'Xtrem Fest 2019 et big up aux amis Bir et Junk (derrière la caméra) du Wallabirzine -, je n'avais jamais fait l'effort d'écouter. Je viens de m'envoyer les deux 7" dont tu parles. Ça trace direct dans le vif du sujet, sans fioriture aucune, en effet. C'est pas forcément un style qui me touche le punk hardcore. Ça ne me déplaît pas mais ne me procure pas de frissons ou d'émotions particulières or c'est ce qu'on attend de la musique, non ? Mais là je ne ressens rien, déso pas déso. J'ai essayé plusieurs fois pourtant, avec différents groupes, sommités du genre, susceptibles de me brancher, notamment via leur fibre mélodique et toute la clique Lifetime, Kid Dynamite (d'autres sales gosses), auxquels renvoie Kids Insane mais non. Après, les quelques titres que j'ai écoutés passent nickel mais je pense que cela est justement dû au format court. 5-10 minutes c'est ok, au-delà je vais décrocher. En remettant une deuxième fois les deux 7", je retrouve des influences The Bronx du premier album (mais sans le côté R'n'R), cela passe bien, le son du Blasting est cool mais je sais que je n'y reviendrai pas. Je connais néanmoins désormais un quatrième groupe de Tel-Aviv grâce à toi, après ceux que tu as cités et Carusella. Tu te rappelles ce duo heavy rock et leur tube "Star quality" ? Ça date de 2008 je crois et je vais lancer illico ce morceau que j'ai pas écouté depuis un bail. Mais patience, ce n'est pas encore mon tuyau.

colleen green Allez, à mon tour de m'aventurer hors des sentiers battus, de la comfort zone (zone de confort en bon français... remarque si Zemmour savait le nombre de mots qu'on utilise quotidiennement et qui viennent de l'arabe, il ferait un AVC direct) avec un groupe à des années-lumière, enfin 12130 kms... à Los Angeles. J'ai nommé Madame Colleen Green. J'annonce la couleur d'entrée (verte ? hihi), contrairement aux fois précédentes avec White Reaper et Radkey, je suis là bien moins sûr que tu accroches. Alors que moi je fonds pour sa power pop synthétique adulescente. L'album avec lequel je l'ai découverte à l'été 2015, au détour d'un groupe Messenger avec des potes toulousains, dans lequel on se partageait déjà nos bons plans, tuyaux (décidément, l'histoire de nos vies) et liens pour choper les mp3, s'appelle du reste I want to grow up et est à mes oreilles le meilleur. Le dernier, sorti cette année, est comme son titre, Cool. Elle était / est toujours affiliée à la scène garage californienne, Burger Records, Hardly Art et consorts, notamment une proximité avec Jeff The Brotherhood. Ça, perso, ça me parlait pas des masses mais en revanche, le fait qu'elle ait grandi en écoutant Blink-182, Descendents ou les Ramones, là je dis banco. Elle avait même bricolé une reprise de "M+M's" de Blink et y a deux ans, repris intégralement à sa sauce un peu lo-fi leur album Dude ranch. Bon, ma fanattitude m'a fait raquer quelques $$ sur bandcamp mais je concède que c'est pleinement dispensable, même quand on aime les deux. I want to grow up je l'ai par contre poncé en boucle. Je suis le parfait client de ce truc un peu bancal, minimaliste, mélancolique derrière la pochette kitsch, avec des morceaux très différents, weezeresques comme "TV", "I want to grow up", "Things that are bad for me (pt. I & II)", le tube "Pay attention", le punk rock "Grind my teeth", le plus léger "Wild one", le lancinant "Deeper than love" ou le magique "Whatever I want", que j'avais mis dans une compil / mixtape pour une fille que je branchais. Ma tentative avait lamentablement échoué (bon, elle était en couple, j'avais pas mis toutes les chances de mon côté, ahaha) mais elle est un peu à l'image de ce que représente Colleen pour moi. Une artiste touchante, un peu maladroite, qui cache vainement sa timidité derrière ses lunettes noires, même en concert à l'intérieur et un côté nonchalant, j'men bats les ovaires... J'aurais bien convié mon pote Gautier (ex Fat Beavers) pour en parler mieux que moi (c'est son fan number one) mais il n'a pas la chance de porter notre beau prénom.
Tu me diras ce que tu en penses, hein. Moi, là je ne peux pas mettre le rock'n'roll des$heriff dans ma bagnole, quand bien même je suis près de Montpellier. D'une, personne n'a jugé opportun de m'envoyer un promo (et j'attends toujours le lien que tu m'avais promis), de deux, commençant l'année de manière positive, l'assurance maladie m'a demandé de m'isoler et pas sortir de chez moi. Bises. Enfin non, check. Enfin non, coucou de loin.

Mon Circus Covidé, on aura tout vu. J'espère que tu as pu te débarrasser de ce cette saloperie sans encombre. En tout cas, ce virus n'aura pas eu raison de ton (bon) goût même si je te trouve un peu chafouin avec l'attachée de presse des $heriff, oh toi le gars de Montpeul' Punk City ! Pour en finir avec Kids Insane, c'était pas gagné pour que ça te plaise, mais qui ne tente rien n'a rien, pas vrai ? Et Carusella, jamais entendu parler. Si si, promis. Je vais me pencher sur leur cas quand j'aurai réussi à décrocher de I want to grow up de Colleen Green. Car ouais, tu as (encore) raison, ce disque est top. Simple, efficace, emballé c'est pesé comme dirait l'autre ! La paire "Things that are bad for me (pt. I & II)" est redoutable et j'ai une nette préférence pour les morceaux pêchus comme "Grind my teeth", "Pay attention" ou "TV" par rapport aux titres plus lo-fi bricolés comme "Some people" ou "Whatever I want". Pour les titres punchy, j'ai tout de suite pensé à Veruca Salt : voix dans le même registre, guitares avec accords plaqués qui sortent dans Marshall Valvestate deux corps en mode "compresses sound" à la mode des 90's, et super attitude sonore. Ça me rappelle de bons souvenirs de ces mid nineties, quand j'achetais mes skeuds au Hall du Livre à Nancy, gigantesque librairie qui avait au sous-sol un rayon disques et qui était membre du réseau Starter : j'adorais choper les compilations du Fair, choper les mini mag du réseau, gavés de chroniques, et passer du temps sur les bornes d'écoute. Je claquais mes vacations de périscolaire dans les nouveautés quand les singles avaient encore pignon sur rue et que tu payais l'addition en francs. Retour à la réalité et à l'instant présent (difficile, car ce disque de la charmante Colleen sent bon les 90's). Je suis allé écouter Cool, son nouvel album, mais ça m'a moins botté. Un peu trop synthétique et un peu moins foufou que son prédécesseur que je vais m'empresser de commander avec l'aval de ma descendance, qui m'a réclamé l'album sur sa clé USB qu'elle branche sur son petit poste que lui a rapporté le Père Noël. Coincé entre Amel Bent et Chabad Religion, les transitions ne seront jamais évidentes mais que veux-tu mon ami, ainsi va la vie. Pour conclure avec ce sujet, je suis bien curieux de savoir ce que ça donne sur scène et j'espère qu'il me sera offert l'occasion d'aller applaudir l'artiste américaine et de lui dire tout le bien que je pense de son attachant troisième album. Je crois que tu as bien cerné mes goûts mon pote. Je suis assez ouvert, certes, mais quand tu me régales comme tu le fais depuis trois numéros avec cette rubrique, difficile de faire la fine bouche. Tu as encore rempli ta mission les écouvillons dans le nez. On se donne rendez-vous dans le numéro 50 pour de nouvelles aventures !