radkey Salut Gui de Champi ! Je me repenchais sur notre rubrique dans le précédent Mag et on ne va pas se mentir, ça faisait bien plaisir de la lire sur papier, tout comme les 166 autres pages évidemment. On a bien fait d'aller contre l'avis de certains récalcitrants et d'envoyer ça à l'impression. D'ailleurs il en reste encore quelques exemplaires pour les retardataires qui seraient passés à côté, avec toutes les infos sur le site du W-Fenec (en cherchant bien) pour se le procurer. J'dis ça, j'dis rien... Concernant nos précédents tuyaux, je suis content d'avoir tapé juste avec White Reaper mais j'étais assez confiant et ça ne m'étonne pas que MinMin connaissait et aimait beaucoup lui aussi. Tu m'as ensuite parlé de ton amour pour le rock britannique mais il m'a bercé également - si j'en crois mes parents, je me dandinais dans mon parc au refrain de "De Do Do Do De Da Da Da" de The Police - et continuellement accompagné depuis. J'adore Supergrass, surtout les deux premiers albums mais aussi Ash (je me rappelle avoir acheté Trailer à la Fnac en 1995) etc. et mes préférés dans le genre sont, je pense, les Écossais d'Idlewild. Sens de la mélodie hyper aiguisé, les disques sont remplis à ras bord de tubes, grosse énergie et je n'ai qu'un regret : ne les avoir jamais vus sur scène. J'ai des cousins qui y ont eu droit en première partie de Muse et a priori c'était une véritable tornade en concert. Et sinon encore merci pour le New Pagans et le joli LP qu'on s'est échangé quand tu es venu à la capitale début septembre, il tourne régulièrement sur ma platine.

Passons maintenant aux choses sérieuses, nos tuyaux pour ce Mag #48 car à l'instar de Super Mario et Luigi, nous sommes de bons plombiers et fins limiers et aimons partager et faire découvrir nos trouvailles aux autres. Je vais donc te parler de Radkey. Tu ne connais pas Radkey ? C'est un groupe, ils étaient number one. Bon, number one je sais pas, c'est tout le mal que je leur souhaite mais la classe américaine, ils l'ont. Ça tombe bien, ils viennent du Missouri. Ce sont donc trois vrais frères, comme les Hanson et pas comme les faux frangins new-yorkais (même s'ils sonnent davantage Ramones que MMMBop), fils de pasteur (je crois), qui ont démarré en 2010 et fait les choses dans l'ordre, en commençant par sortir plusieurs EPs, se faisant connaître par des clips assez sympas, puis un premier album en 2016. À l'époque je ne les connaissais pas encore, ce n'est que fin 2019 qu'un pote m'a parlé d'eux. Je sais pas comment il était tombé sur ce groupe car je n'avais encore jamais vu passer leur nom nulle part. Toujours est-il que je suis allé fouiner et checker les-dits clips ("Start freaking out", "Dark black makeup", "Glore"...) et ai aimé ce que j'ai trouvé. Du punk rock sans forcément trop d'originalité (est-ce encore possible ?) mais avec une voix qui parfois me faisait penser aux Misfits, des tempos différents mais un truc cohérent... et j'y décelais un certain talent, un truc prometteur. Et bim, voilà t'y pas qu'ils lançaient un Kickstarter pour leur LP à venir, No strange cats. Je ne te cache pas que généralement je suis pas très fan des financements participatifs. D'ordinaire je ne contribue pas, préférant acheter les albums directement sur les stands de merch, d'autant que c'est parfois un peu l'arnaque les offres. Il y avait déjà un ou deux extraits en ligne, ça sonnait bien, je savais que je ne verrais jamais ce disque en France et surtout on était en plein confinement. J'ai donc craqué. Y avait des idées débiles, donc très cools, genre avoir la photo de ton chat dans l'insert (50$) ou même carrément en pochette (100$) mais je me suis contenté d'une des 500 copies du disque jaune translucide à 25$ (coté plus du double sur Discogs à l'heure où j'écris). Il va sans dire que je regrette nullement cet achat, que ce soit avec les plus énervés "P.A.W." et "Spiders" qui ouvrent le disque ou le très efficace "Basement". Ils ont réitéré depuis avec Kickstarter pour leur album suivant, Green room (2021) et cékiki a encore lâché des sousous ? C'est bibi. Enfin Guigui. Un poil (de chat) moins bien mais cette fois j'ai vu une chronique dans New Noise. En préambule je disais que je leur souhaitais d'être number one et Dave Grohl semble du même avis car ils les a conviés sur plusieurs dates avec les Foo Fighters et le gars a plutôt bon goût. Il a déjà embarqué ton ami Frank Turner avec lui alors tu pourras pas me contredire. Voilà, j'espère t'avoir donné envie de t'intéresser à ce band et je suis bien curieux de savoir de qui tu vas me parler. À toute !

Salut mon Cher Circus ! Quel plaisir de te retrouver pour cette fabuleuse rubrique inaugurée dans le non moins fabuleux numéro 47 du W-Fenec Mag. Un sacré numéro qui, comme tu viens de le rappeler, a fait l'objet d'une impression papier, une première depuis la création du mag au début des 10's. Je l'ai lu, relu et rerelu, si bien qu'une fois encore, je suis un peu à l'arrache pour l'écriture de mes articles. Ou plutôt de mon (unique) article pour ce numéro 48. Cet échange de bons tuyaux semble apprécié par nos lecteurs, et même ma chère et tendre Victoria me parle assez souvent de cette rubrique (sans véritablement savoir ce qu'elle contient). La magie des enfants, en quelque sorte. Et ma descendance risque d'entendre parler de ton super tuyau certifié iso 666, car bien évidemment, tu as tapé dans le mille avec Radkey. Sans toi, encore une fois, je serais passé à côté d'un groupe parfaitement calibré pour ma rockothèque. Car moi non plus, figure-toi, je n'avais jamais entendu parler de cette pépite américaine. Et pourtant, à la première écoute de "Spiders", je ne te cache avoir été un peu surpris que ce chant un poil rugueux associé au punk à roulettes joué à toute vitesse soit ta came. Mais la surprise passée et les titres s'enchaînant, j'ai compris. Tout compris même. Radkey exécute avec classe et vitalité les hymnes power punk qui vont bien. Le refrain de "Junes" me file des frissons, le punk bubblegum de "Rock & roll homeschool" fait mouche à chaque écoute, et les raffinés "St. Elwood" et "Basement" m'ont complètement envouté. La grande classe ! Les types ont étudié avec rigueur et engouement le guide sobrement intitulé "comment enchaîner les tubes parfaits" et je pense que je vais me pencher sur l'intégralité de la discographie et lâcher quelques biftons pour me porter acquéreur de quelques galettes. Mais tu ne diras rien à Victoria hein, sinon, je vais encore avoir le droit au fait que j'ai plus de disques qu'elle n'a de jouets. Sérieux, Circus, je me demande comment tu fais pour me rendre accro à tes tuyaux. Je ne sais pas si ça te parle, mais l'écoute de No strange cats m'a quelque peu rappelé ce disque génial que Lolo Dirty Witch avait sorti de Kurt Baker en 2013. Brand new beat est un sacré skeud que j'ai réécouté dernièrement et je te conseille d'y jeter une oreille (ou de te replonger dans cet album car je suis persuadé que tu connais). En tout cas, encore merci pour ce tuyau loin d'être percé mais qui va bien rincer mes écoutilles.

lovebreakers De mon côté, j'espère être au niveau de cette super découverte, avec mon petit plaisir du moment et qui nous vient de Birmingham, Angleterre. Lovebreakers, tu connais ? Pour te situer un peu le sujet, on parle de quatre types qui balancent une power pop aux sensibilités punk rock, délicieusement acidulée et d'une qualité irréprochable. Voilà déjà que je m'emballe mais les types ont eu la bonne idée d'user des services de Dave Warsop, producteur anglais exilé aux USA qui a œuvré sur le dernier album de Bad Cop Bad Cop et qui est le guitariste chanteur de Suedehead et Sharp Shock. Le fameux Davey partage sur les réseaux les groupes qu'il enregistre et c'est comme ça qu'il y a presque deux ans, je suis tombé sur la pépite Lovebreakers. Le premier EP, Social hell, a tourné un bon moment dans mon téléphone et j'attendais le premier album avec impatience. Primary colours est sorti en juin dernier sur différents labels (dont Wiretap Records, le label américain qui a sorti le super Talk Host Show). L'album est vraiment top, avec de belles chansons à l'anglaise ("Set in gold", le tube "Family man", l'inoubliable "Worst gentlemen", le parfait "Primary colours") dans un style que ne renierait pas Not Scientists à ses débuts, mais j'ai vraiment un faible pour ce premier EP avec lequel j'ai découvert le groupe. Le chant pourrait te faire penser à Green Day et l'agrément des cuivres sur certains morceaux apporte une touche retro esthétique et touchante. La pandémie liée à la Covid a privé le groupe d'une belle tournée européenne en support de, excusez du peu, Social Distortion (elle aura tout de même lieu en 2022 et la date au Luxembourg est assez alléchante, même si ça va jouer vingt minutes, j'en suis sûr), et je suis persuadé que ce groupe va plaire au plus grand nombre. Si tu me demandes où trouver le disque en France, tu connais déjà la réponse, il va falloir taquiner le web et payer des frais de douane exorbitants pour commander outre-Manche les disques de ce super groupe. Ça ne m'empêchera pas de profiter des plate-formes pour écouter encore et encore Lovebreakers. Pour la petite anecdote, que j'avais racontée dans le numéro 42 du mag, j'ai assisté pendant le confinement à un livestream du guitariste en direct de sa cuisine et nous étions à peine cinquante à profiter de ses belles chansons en acoustique. Un trésor bien gardé mais qu'on a quand même envie de partager. Tu vois ce que je veux dire ? Et toi, tu en penses quoi ?

Il semblerait que j'ai fait mouche à nouveau avec Radkey. Mince, Victoria va finir par me détester ! Peut être que pour le prochain numéro, je prendrai plus de risques et choisirai un groupe qui me tient à cœur mais moins consensuel, moins proche de tes goûts... Je te rassure, il ne sera pas question de Cobra. Muahahahaaha (rire démoniaque).

C'est marrant que tu me parles de Kurt Baker. J'ai bien sûr cet album, que je ressors de temps à autre, notamment quand j'ai vu le band en concert il y a 2-3 ans mais je l'aurais davantage associé à Lovebreakers qu'à Radkey... Concernant ces Anglais, on n'est pas exactement sur le même calibre que New Pagans mais ça reste du bon tuyau. Ça va, je vais pas faire fonctionner la garantie. Quand tu me l'as suggéré, j'avais vaguement vu le nom passer, via Wiretap Records en effet (je m'engage à ce propos à interviewer Talk Show Host pour le prochain mag) mais sans faire l'effort d'aller écouter. Parce que j'ai confiance en toi et surtout parce que j'avais pas le choix pour cette rubrique, je suis allé sur leur bandcamp. Rien à rajouter à ce que tu as écrit et décrit précédemment. Je souscris, paraphe et signe en triple exemplaires. C'est de la bonne power pop, vitaminée et sucrée. J'aurais bien écouté ça cet été en allant à la plage. Du rock'n'roll dans ma bagnole comme disent Les Sheriff. "Set it gold" est un bon gros tube comme je les aime, "Horizons" et "Family man" aussi. T'as de la chance, les cuivres sont discrets. J'ai eu ma période ska/punk dans les 90's mais à part Rocket From The Crypt, j'en suis beaucoup moins friand actuellement. Tiens, je note que c'est un gars de Reel Big Fish qui souffle dans la trompette, j'ai un cd d'eux que j'ai pas du sortir de son boîtier depuis que j'ai emménagé à Paris en 2007... Je suis d'accord avec toi sur le fait que l'EP est plus inspiré et plus catchy. L'album s'écoute bien, sonne bien (Davey a fait du bon boulot) mais hormis les titres mentionnés, ça pêche un peu je trouve pour sortir du lot. Pour autant je suis certain que le set acoustique devait être bien sympa, s'ils passent par chez moi j'irais sûrement les voir et peut-être, soyons fous, que si le concert est cool, qu'il se dégage quelque chose sur scène, je me laisserais tenter par le disque. Mais vais-je remuer ciel et terre (et mon compte en banque) pour me le procurer ? La question elle est vite répondue, pas besoin d'attendre.