Salut Guillaume Circus ! J'espère que tu vas bien pendant ce nouveau confinement. J'ai cru comprendre que tu pratiquais l'isolement dans le Sud, à l'abri de la pollution parisienne et des salles de concerts fermées. Ça t'évitera de croiser Jean-Michel Blanquer, c'est déjà ça de pris. En tout cas, je suis tout excité d'ouvrir cette nouvelle rubrique pour notre zine aux grandes oreilles. Et tu sais quoi ? Comme tout est basé sur le nom de ladite rubrique, on sera tous les deux, comme des grands. Rien ne nous empêchera d'inviter des amis, mais uniquement des Guillaume, hein ?

new pagans En attendant, je te refile mon premier tuyau. Et je peux te dire que celui-là, c'est au moins du tuyau de 666. Tu as déjà dû au moins lire son nom quelque part, car je te sais adepte des bonnes choses et que tu guettes régulièrement les sorties du label anglais Big Scary Monsters. Ce fameux tuyau s'appelle New Pagans. Ça en jette hein ? New Pagans est un quintet de Belfast mené par le duo à la scène comme à la ville, Lyndsey McDougall (envoûtante chanteuse)/Cahir O'Doherty (guitariste et compositeur du groupe). Oui, le Cahir O'Doherty de Jetplane Landing dont je savoure l'excellent album qu'est Once Like A Spark de 2003. Le type est "accessoirement" technicien guitare sur les tournées de Frank Turner. Bref, revenons à nos moutons. New Pagans vient de sortir son premier album The Seed, The Vessel, The Roots and All chez BSM et ça caresse le sublime. Pourtant, je ne suis pas un inconditionnel de l'indie noise rock, mais je suis tombé sous le charme de ce groupe depuis le premier confinement de 2020, au cours duquel j'ai assisté à un concert en ligne. Sans savoir pourquoi, j'ai été en quelque sorte envoûté par les mélodies et le côté mystique de la musique de New Pagans. C'est hyper frais, noisy comme il faut et mélodique à souhait. Je craque littéralement pour le morceau "Harbour" qui est juste parfait et qui résume à lui seul tout ce que je viens de te dire pour te convaincre. Pour la petite anecdote, j'ai voulu commander le disque sur le site du label, mais ce satané disque a été sold-out hyper vite. Du coup, j'ai profité des soldes de BSM pour empocher des disques de Nervus, Gender Roles et autres. Et figure-toi que trois jours après ma commande, il y a eu un réassort du New Pagans ! En tout cas, j'ai le sentiment que c'est encore un groupe qu'on n'est pas prêt de voir sur une scène française (à moins que le groupe soit tour support sur des dates européennes d'un band américain). Mais c'est pas grave ! J'irai faire une grande tape dans le dos de Cahir quand il aura terminé de remballer le backline de Frank Turner, pour lui dire tout le bien que je pense de son super band. Et toi t'en penses quoi ?

Salut Gui de Champi ! Ahahah, t'es bien renseigné. Ou peut-être que je fanfaronne un peu trop avec mes lectures à la plage sur les réseaux sociaux... Mais oui, je suis descendu au vert pour assurer la continuité pédagogique. Enfin, quand il n'y a pas, justement, de problèmes de tuyaux et d'attaques en réunion (non mixtes) des hackers russes sino-coréens islamogauchistes, dont le but est de mettre à mal le cours de SVT des 5èmeA de Trifouillis-Les-Oies... Bref, revenons à nos tuyaux.

Je suis content également d'inaugurer cette nouvelle rubrique et bien vu concernant BSM. Je suis ce label depuis une douzaine d'années, grâce à mon pote Matt qui piochait dedans pour nos émissions radio Joining The Circus (Secondsmile, Minus The Bear...). J'y ai aussi précommandé l'EP Kicker de The Get-Up Kids, pour leur excellent rereretour en 2018. Ouais, ils nous ont fait le coup plusieurs fois. En fin d'année, BSM avait aussi pour coutume de faire une opération Pay what you want (même 0 €) sur leur bandcamp, l'occasion de fouiner un peu plus dans leur catalogue très fourni et divers mais j'aime pas tout. J'avais bien vu passer ce disque de New Pagans dans mon fil d'actus mais pas pris le temps d'y donner suite. Je ne sais pas si c'est le nom du groupe, le titre de l'album, la pochette mais ça ne me donnait pas plus envie que ça d'écouter. Grossière erreur et merci pour le tuyau. Je comprends mieux en lisant ton pedigree du groupe pourquoi tu as jeté ton dévolu sur NP, connaissant ta fanattitude pour ce bon vieux Francis Turner. Je ne connaissais pas en revanche Jetplane Landing et les quelques vidéos glanées sur Youtube m'ont fait penser par moments à Far et ce genre de rock/metal, post-hardcore emo, pour faire bref. Mais revenons à ces nouveaux païen.nes. J'accroche d'emblée, dès le premier morceau "It's darker" à la voix de Lindsey et à l'instrumentation, qui imprime une certaine tension et je suis définitivement conquis dès le deuxième, "Bloody soil", mon préféré. Je te rejoins aussi sur "Harbour", excellent morceau, qui paraît tout mignon au premier abord mais gagne en intensité au fur et à mesure. La référence qui me vient direct à l'esprit c'est le groupe Pretty Girls Make Graves de début 2000. J'ai racheté tout récemment le cd The New Romance (2003) lors de ma première commande Discogs, avec le split 45t Sixpack / Elmerhassel (1995) et le dernier 45t (2020) du groupe punk Oi ! Syndrome 81, avec leurs reprises de Stephan Eicher et Nanard Lavilliers. Sur le post-it, Vincent Emergence avait écrit "Wow, du vieux, du neuf, de l'éclectique !". La ressemblance entre les deux groupes est encore plus flagrante sur le morceau "Yellow room" mais si j'ai un album à te conseiller des Pretty Girls c'est Good Health, sorti en 2002 sur Lookout ! Y'a un côté un peu foufou, At The Drive-In au niveau des guitares, avec alternance des chants féminin - masculin, hyper catchy, sans oublier d'être mélodiques. Ah et c'est marrant mais j'ai fait écouter New Pagans cette semaine à un ami, moins pointu que nous et pour la voix il m'a sorti Björk. Je pose ça là, t'en fais ce que tu veux. Bonne pioche en tout cas et quand tu iras mettre une tape dans le dos de Cahir, demande lui s'il a pompé sciemment le riff d'intro de "Paranoid" de Black Sabbath sur "I could die". NP, un groupe que j'aurais sûrement zappé et découvert un ou deux ans après, comme cela m'est arrivé avec White Reaper. Tu connais ces ricains ?

White reaper  - does it again C'est un pote qui a partagé leur clip "Judy French" sur Fb. J'ai cliqué par curiosité car il a plutôt bon goût, même s'il ne s'appelle pas Guillaume et bim, grosse taloche. Gros tube power pop, college rock mais avec des bonnes guitares et un spirit americana avec solo et compagnie. Ils viennent de Louisville dans le fin fond du Kentucky, ça explique peut-être cela. Un premier album White Reaper Does It Again (2015), plus énervé, garage et celui-ci qui s'intitule, sans prétention aucune, The World's Best American Band (2017). Rien que ça ! Les sales gosses sont en mode offensif mais force est de constater qu'ils ont raison. Toi qui aimes les rockers un peu grinçants, qui ont du caractère, je pense que ça peut te plaire. Dès l'ouverture de l'album avec le titre éponyme, on se croirait dans un stade et il y a un passage limite AC/DC sur la fin. Rien n'est à jeter de toutes façons et surtout pas l'autre tube "The stack", sur lequel il n'est pas rare que je m'adonne au plaisir solitaire du air guitar, voire air clavier car ils ont un mec au synthé depuis ce disque, qui s'intègre parfaitement. J'ai donc poncé cet album au max, regardant aussi toutes les sessions lives que je pouvais trouver (KEXP, SxSW) et j'attendais fébrilement le prochain. Comment ne pas être déçu après un tel chef d'œuvre ? Si You Deserve Love (2019) est plus classique et un poil moins bon que son prédécesseur, il n'en mérite pas moins encore tout mon amour. Et toi, t'en penses quoi de ce tuyau ?

Hé Guillaume, clairement, ce premier exercice place déjà la barre très haut. A première vue, White Reaper, ça ne me parlait pas. Je suis donc allé voir Jean-Claude, le conducteur de travaux de GRDF qui nous casse les oreilles depuis quelques semaines pour la rénovation des conduites de gaz du quartier. Tu penses bien qu'en matière de tuyaux, le gars, c'est son rayon. Par contre, il ne s'y connait qu'en métal. Normal tu me diras. Du coup, j'y suis allé à l'aveugle et je peux te dire que j'ai été ébloui par ce super band ! Bien évidemment, je ne peux pas être au fait de tous les groupes géniaux qui existent sur Terre, mais celui-là, j'aurais bien aimé qu'il n'échappe pas à mes radars. Mais comme je viens de le dire, à première vue, ça ne me parlait pas, car en fait, mon bon ami Benjamin m'avait déjà fait écouter The World's Best American Band il y a de cela quelques années, mais je n'avais pas dû être plus attentif que ça. Incompréhensible que ça n'ait pas fait tilt à l'époque. En tout cas, merci de m'avoir offert cette deuxième chance que j'ai pu saisir. Car pour le coup, je ne vais plus les lâcher, ceux-là. Et il me tarde de terminer ce papier pour aller commander sur Internet The World's. et You Deserve Love, son successeur. Car oui, j'adore. Alors comme ça, ce sont des Ricains ? Surprenant, car j'aurais bien mis une pièce sur une origine britannique. Surtout à l'écoute du génial You Deserve Love qui est peut-être moins stadium rock et moins pied au plancher que son prédécesseur, mais pour lequel j'ai une légère préférence. Basse qui tabasse, prod hyper fat, riffs astucieux, arrangements dignes des plus grands et puis cette voix qui me replonge au milieu des années 90 quand Supergrass était au sommet de son art. Car ouais mon gars, tu es un inconditionnel des groupes ricains de cette période, mais moi, c'est avec les groupes de l'autre côté de la Manche que j'ai fait mes classes. Tu connais ma passion pour Ginger et les Wildhearts, mais tu dois être moins au fait de mon amour pour des groupes à guitares et à mélodies que sont Baby Chaos, Gun, Stereophonics et Supergrass donc. Et clairement, You Deserve Love m'a fait voyager dans le temps ! "Headwing", ouvrant le disque, est le mix parfait entre du riffing à la AC/DC et des claviers qui trouvent parfaitement leur place. "Real Long Time" aurait pu être coécrit par Kiss et Queen. Et même quand les types vont trop loin et frisent le mauvais goût ("1F" ou le riff funky de "Might Be Right"), ils sont pardonnés tellement ça fonctionne graaaave ! (tout comme le dernier Biffy Clyro d'ailleurs). C'est hyper plaisant, ça enchaîne les tubes et ... j'arrête là, c'est pas bon pour mon cœur ! Tu auras compris, je suis amoureux de ce groupe ! Merci pour ce tuyau en tout cas, et on se retrouve dans le prochain numéro pour s'échanger notre prochain coup de cœur et en faire profiter par la même occasion nos lecteurs.