Huck Huck Quand Huck est revenu, le personnel avait changé à 75% et le nom à 20%, pourquoi avoir gardé le même nom ?
On ne s'est pas vraiment posé la question sous cet angle. Les changements de line-up se font toujours de manière assez naturelle. Ce sont les chansons qui sont à la base du projet et ce sont elles qui font que les gens rejoignent Huck ou pas. Ce parti-pris d'avoir une intention rock et de le confronter au français, ce qui n'est vraiment pas une mince affaire. Et pour ce qui est des changements de line-up, ce n'est toujours pas fini. L'équipe, pour le deuxième album sur lequel nous sommes en train de travailler, a encore changé en partie ces dernières semaines. Et on ne se pose pas trop la question de garder le nom Huck, même si ça peut nous arriver d'y penser.

Vous avez sorti un bon album de rock chanté en français qui a bonne presse, c'est gratifiant mais est-ce que ça se vend ?
En fait, je n'en sais rien. Mais pour être honnête, je pense que si ça avait bien marché, on serait au courant (sourire). Mais, pour nous, la vrai réussite de cet album c'est avant tout d'avoir réussi à aller jusqu'au bout malgré son histoire compliquée. Au tout début, on a rencontré plein de labels intéressés mais ça ne s'est pas fait au final. On a donc perdu beaucoup de temps avant de décider de faire l'album par nous-mêmes, ce qui a été aussi assez compliqué. Donc, que les chansons sortent enfin dans de bonnes conditions et que l'on puisse fermer la page, c'est vraiment ce qui compte pour nous.

Le public est plus volatile qu'avant ? J'ai l'impression qu'il se contente d'écouter un titre via internet et ne fait plus beaucoup de démarche pour vraiment découvrir l'artiste...
C'est vrai qu'aujourd'hui les gens n'écoutent souvent qu'un titre et ne vont plus loin que s'ils ont vraiment accroché. Donc on n'a pas le droit de se louper. On réfléchit beaucoup à la façon dont on va présenter le prochain album et le choix du premier titre que l'on va proposer. Et en même temps on est déjà très impatient de dévoiler les nouveaux morceaux.

Vous avez donc déjà des choses de prêtes ?
On prévoit de commencer à dévoiler un nouveau titre début 2013, de sortir un maxi 4 titres au printemps et enfin l'album fin 2013. Comme tu vois, on est dans les startings block !

Pour se faire entendre sur le web, il faut faire le buzz, "allez vous faire foudre", c'est un peu léger pour être scandaleux non ? Vous seriez prêt à quoi pour attirer l'attention ?
Chercher le scandale est souvent un calcul à très court terme. Quand le titre « La foudre » a été écrit, le but n'était pas de choquer mais plutôt de montrer qu'on pouvait être malin et plus fin qu'un simple "*uck" !

Votre site web, c'est "Huck you", là encore c'est un peu irrévérencieux mais ça reste poli et subtil, ça vous plaît d'être des mecs "polis et subtils" ?
Oui, on l'assume. C'est l'idée qu'on évoque aussi dans "Fils de rien. C'est la tragédie de la middle class. Vu les conditions de confort indécent dans lesquels on vit en France, et en occident en général, en comparaison du reste de la planète, on peut s'exprimer adroitement sur ce qui nous agace mais je trouve ridicule dans faire des tonnes. Enfin, c'était aussi un moyen de boucler la boucle avec le jeu de mots de « La foudre » notamment.

Si "on" vous demandait de faire des titres "plus simples, plus consensuels" en échange d'une promesse de gloire, vous acceptez ?
Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. Et puis j'ai l'impression qu'une partie du public est devenue beaucoup plus exigeante et pousse les groupes à devenir plus créatifs. C'est un des aspects positifs de la diffusion de la musique sur internet. Beaucoup de kids se sont forgés une grosse culture musicale et ça oblige à prendre plus de recul sur sa musique, à justement proposer des choses plus pointues et avec une forte identité !

Le titre bonus de Faire parler la foudre, "Mauvaise déglingue" n'est pas une réussite selon moi, vous pouvez expliquer son histoire et le défendre ?
On a toujours écouté beaucoup d'electro dans le groupe et c'est Julios qui a fait ce remix que l'on assume complètement. Il a même largement influencé la version live où la ligne de clavier/basse est la colonne vertébrale du morceau. Et le fait que le titre soit un medley de "Mauvaise came" et "La déglingue", c'est un pari d'Antoine, qui a réalisé l'album, lancé à Julios. Le résultat nous a plu et on l'a ajouté au tracklisting. Après, ça ne reste qu'un titre bonus.

Votre actu est plutôt tournée vers la scène même si vous tournez assez peu, c'est si compliqué de convaincre des salles ?
C'est lié à l'histoire compliquée de Faire parler la foudre. On a quand même enregistré 3 versions de l'album avant sa sortie avec Volvox Music, beaucoup de temps s'est passé et on a travaillé avec beaucoup de personnes différentes. Au final, il y avait un décalage entre l'album et le live qui était beaucoup plus actuel. Mais, c'est avec l'album que le booker travaille pour convaincre les salles. C'est aussi pour ça que l'on se met la pression pour que le prochain album sorte rapidement ; les nouveaux morceaux sont vraiment représentatifs du groupe aujourd'hui !

Au printemps, vous avez fait pas mal de show case, ce sont des plans "à perte" non ?
Pas vraiment. Et puis ça nous a permis de réarranger des versions acoustiques des morceaux sur lesquels on s'est éclaté et d'aller vers un public que l'on n'aurait pas touché autrement. Ca reste un super souvenir pour nous en tout cas !

Sur votre page Facebook, dans la liste des dates, il est noté un passage dans un pub de Seattle ! C'est une erreur ?
Oui, c'est une erreur. J'espère que c'est prémonitoire.

Pour finir une question conne, c'est quoi votre pâtisserie préférée ?
Pour continuer avec les références à l'album je devrais répondre l'éclair... mais c'est le mille-feuilles !