honcho_burning_in_water.jpg Après un Corporate Rock qui n'était pourtant pas vraiment mou du genou, les rockeurs vikings d'Honcho reviennent avec un deuxième album véritablement taillé pour défoncer des cloisons. A cette occasion, exit l'artwork sexy des débuts et bienvenue à une pochette plus sombre, moins portée sur la déconne et qui veut faire passer le message comme quoi le groupe va passer aux choses sérieuses. Et dans ce cas, on préfère s'asseoir confortablement, décapsuler sa binouze et se préparer tranquillement au choc frontal, à la collision auditive. L'impact ne se fera pas attendre bien longtemps, Honcho déboule sur la platine avec un "Some say" paradoxalement pas si remuant qu'attendu. On a plutôt l'impression de ce trouver face à un titre de rock 70's mais drôlement plus heavy que d'ordinaire et avec en bonus, un petit quelque chose évoquant les Queens of the Stone Age. Sympathique mise en bouche en attendant la première fournée de plats principaux. Laquelle vient avec l'énormissime "Seeing red", un titre massif et bétonné dans tous les sens, avec des guitares omniprésentes et cette impression de plus en plus latente que l'on fait un voyage dans le temps en compagnies de ces norvégiens volants. Alliant à merveille les segments purement heavy rock avec les passages plus bluesy et psyché, Honcho commet là l'un des meilleurs titres de sa discographie. Verdict : 6 minutes 12 secondes de must absolu. La grande classe. Rien à redire, le gang scandinave a passé la vitesse supérieure, maîtrisant toujours plus son sujet pour livrer des compos largement au-dessus de la moyenne. Dopé par la performance de tout premier ordre de son chanteur, le groupe distille alors son rock dense et cette fois influencé par les grands noms de 90's (Down et Alice in Chains en tête) au travers de titres plutôt inspirés et de soli de gratte absolument dantesques ("Hangover blues", "Through"), sans jamais oublier cette petite dose de blues caniculaire qui fait également tout l'intérêt de la griffe Honcho. On passe à la suite du festin heavy rock proposé par nos hôtes musicaux et l'impression d'aisance absolue dégagée par le groupe se révèle de plus en plus troublante. D'autant que les cinq scandinaves ont gagné en matûrité depuis Corporate Rock. Et de se rendre alors compte que ce Burning in water, drowning in fire est comme on l'attendait largement plus abouti que son prédecesseur ; ce qui n'était pas pour autant une mince affaire, mais assez prévisible au regard du potentiel intrinsèque des norvégiens. Car, ce deuxième album est mélange habile de doom massif, de rock psychédélique ("Holy") et de stoner gorgé d'éléctricité..., un subtil cocktail à haute teneur rock'n roll qui se permet de nous offrir comme dessert puis léger digestif, deux titres ("Falling behind" et "Lost and there") sévèrement burnés et donc de la trempe de leur prédécesseur. Un seul mot : jouissif.