honcho_corporate_rock.jpg Avec un premier titre baptisé "Grebo mentor", on se doute bien que les premiers riffs d'Honcho vont tapisser les enceintes. Et c'est effectivement le cas, car au rayon heavy rock qui tabasse, les norvégiens en tiennent une bonne couche. Leur rock explosif et guerrier claquant dans les enceintes à la manière d'une rafale de M16, le groupe l'assume et le maîtrise parfaitement. Chant complètement possédé, section rythmique ravageuse et riffs stoner rock massifs, le groupe démarre fort, très fort. Et ne s'arrête pas en si bon chemin puisque lorsque "In the wood" ou "Frontside disaster" viennent prendre la place du premier titre sur la platine, on comprend que ce premier titre complètement jubilatoire n'était pas un feu de paille, ni un effet de manche de la part des rockeurs scandinaves. Non, Honcho a vraisemblablement la capacité d'enchaîner les quilles à un rythme effrené et une précision diabolique. Son rock tâche mais n'en met jamais à côté. Chirurgical. Corporate rock est un premier album, soit. Sa production est pourtant irréprochable et n'en déplaise à ceux qui se plaignent toujours du manque d'argent dont ils disposent pour enregistrer leur album, le premier effort d'Honcho a coûté la modique somme de 3000 euros et des poussières...
Le quintet norvégiens distille ses riffs avec une régularité métronomique effarante, mais n'en oublie pas l'aspect mélodique de sa musique. Véritable machine à tubes heavy stoner rock, le groupe ne se laisse jamais aller, livrant à la suite un "Peyote" viking et branché sur courant alternatif ou un "Industrial lane" à la lourdeur caniculaire qui n'a absolument rien d'industrielle. Ici, il s'agit plutôt d'errer de longues heures durant dans le désert californien ou les fjörds norvégiens (pour les non-frileux), à la recherche du riff qui tue, de la mélodie qui se vissera dans les mémoires dès la première écoute. Et que ce soit avec un "Loco team" lancé à pleine vapeur avec ses lignes de gratte à headbanger comme un damné, ou "Dark tunnel of love", titre final qui boucle la boucle de ce Corporate rock en insufflant un peu de psychédélisme hypnotique à une musique qui avait jusque là marquée les esprits par sa lourdeur ou sa capacité à délivrer des compos gorgées d'éléctricité jouissive. Cette fois, la messe est dite,hormis quelques rares exceptions (QOTSA, Hermano, Clutch)) les combos venus du Nord de l'Europe ont définitivement la mainmise sur la scène stoner rock internationale et avec Honcho, celle-ci tient l'un de ses plus gros fers de lance.