L'homme à la casquette en pleine lumière L'homme à la casquette en pleine lumière On s'est vu il y a quelques semaines sur Montélimar, l'accueil du public, pourtant très hétéroclite, était plutôt bon, comment l'avez-vous perçu ?On s'est vraiment éclatés ! Pour nous ça a été un super moment. Y'avait du monde de partout et ça s'est plutôt bien passé. Le fait de jouer sur un kiosque avec des gens tout autour c'est vraiment le délire. Et puis, ça nous a permis de nous prendre pour Metallica pendant un moment. (rires)

Comment est né Holophonics au juste (et tant pis pour les détails croustillants) ?
Le groupe s'est monté un peu comme ça, sans vraiment se poser de questions, quand notre projet précédant s'est cassé la gueule. Avec Mike, on a décidé de remonter un truc. Alors on s'est enfermés chez lui, devant le PC, et on a composé quelques instrumentaux sur l'ordi. Une fois qu'on avait quelque chose à proposer, on a créé un site pour trouver le reste de l'équipe. Yann, avec qui on jouait déjà dans la formation précédente, nous a rejoint. Stef nous a contacté par le net. Il nous a fait passer par mail des essais de voix qu'il avait enregistré sur les instrumentaux et l'affaire était pliée. Puis Mike a recontacté Greg avec qui il jouait il y a déjà un bon bout de temps.

Pour les néophytes, comment décrirais-tu le "style Holophonics" ?
Le style Holophonics, c'est le mélange d'influences rock/métal pour la musique et d'un chant plutôt orienté pop/rock à la voix, le tout teinté d'electro. On a pas mal de difficultés s'identifier à un style précis parce que quand on dit qu'on fait du metal, les metalleux purs et durs trouvent qu'on fait de la pop, et quand on dit qu'on fait du rock, les gens trouvent ça bourrin. Mais ça fait aussi le charme du truc. En gros, pour situer les quelques grosses influences du groupe, on aimerait bien être entre Metallica et Muse, en passant par Portishead et Massive Attack. Mais la route est longue ! (rires)

Quand on s'est croisé, Stef (chanteur) m'expliquait qu'il était par exemple plutôt branché pop-rock et que le background de Mike était plutôt metal à la base. Sachant que vous utilisez également un sampler, d'où question bancale : comme ça se passe le processus d'écriture des compos et qui fait quoi dans le groupe ?
Pour les compos, on a gardé le processus qu'on avait adopté au tout début du groupe. C'est à dire qu'on compose les titres en instru avec Mike. Stef pose ensuite les mélodies voix, et Mike écrit les textes en fonction. Ensuite, chacun donne son avis et on n'en tient pas compte (rires). En gros, on n'a pas opté pour la compo tous ensembles dans le local. Quand quelqu'un a un truc à poser, il va au bout de son truc sur ordi et le propose aux autres. On trouve ça plus efficace.

La première démo (éponyme) était prometteuse, mais là, honnêtement, A land to end my flight est deux/ trois crans au dessus alors que vous avez tout fait vous-mêmes ? Allez dis-le quel est votre secret de fabrication ?
Notre secret de fabrication ? Quel secret ??? (rires) On a pas mal galéré, je crois que c'est ça le secret. On a tellement tout fait seuls que Mike a du fabriquer lui même la salle dans laquelle il a enregistré les batteries. Pour les prises, vu qu'on était chez nous, on avait le temps de faire quelques essais. En gros, on a tatonné. On a quand même eu quelques potes (merci Will et Jean) qui ont eu pitié de nous et qui nous ont filé un coup de main.

Stef aime son micro Stef aime son micro Maintenant que A land to end my flight est sorti et que vous ne pouvez plus rien corriger ou améliorer dessus de quoi êtes-vous les plus satisfaits et inversement [ça c'est la question vache du jour] ?
Quand on écoute l'album, et qu'on se remémore les conditions dans lesquelles il a été enregistré, on en est globalement contents. Peut-être qu'on aurait voulu prendre plus de temps pour le faire, ou alors l'enregistrer dans un studio confortable, avec un vrai ingé son aux manettes. Mais bon. On n'en avait pas les moyens. De toute manière, cet album, c'est un instantané. Peut-être que dans un an, on trouvera que ça, ça va pas, ou que ci, c'est trop aigü, ou que ce morceau, c'est vraiment de la merde (rires). mais c'est pas très grave. Holo, début 2007, c'était ça.

Cet album, c'est du "do it yourself" total, j'imagine que c'est une bonne chose au niveau de la liberté artistique, mais plus difficile au niveau technique. Ton sentiment là-dessus ?
Le fait d'être en galère au niveau technique, ça aide pas spécialement à se concentrer sur l'artistique. En fait, les morceaux étaient déjà bien ficelés dans leur version demo. Du coup, chacun savait exactement ce qu'il avait à faire quand il enregistrait ses parties pour l'album. Finalement, ce sur quoi on s'est le plus concentrés pendant l'enregistrement, c'est la technique. Et comme c'est pas un truc qu'on maîtrise à fond. Des fois, je me demande ce qu'aurait donné l'album si on avait eu carte blanche dans un studio de la mort avec Bob Rock aux manettes (rires).

L'artwork est plutôt réussi, personnellement ça m'a fait penser à une sorte d'insecte robotisé en train d'atterrir dans des flammes. mais j'ai peut-être tout faux ? Qu'est-ce qu'il représente en fait ?
L : Le graphisme de l'album est inspiré de son titre, et du texte de Neverelation. On peut y voir plusieurs choses. Mais pour résumer, ça symbolise "une terre où finir mon vol". Après, la fin de l'histoire peut être heureuse (pétales de rose ?), ou pas (flammes ?). En l'occurrence, nous on penche plutôt pour une fin tragique, je vois que toi aussi. C'est pas très rassurant ! (rires)

Hormis vous-mêmes (rires), c'est quoi votre dernière grosse claque musicale à tous les cinq ?
Perso, je crois que c'est Tool. Tout est dans ce groupe ! (rires) Y'a un univers incroyable, ça joue à mort. c'est le groupe anti-cliché par excellence.

Yann dans ses oeuvres Yann dans ses oeuvres Le marché du disque est en crise, notamment à cause du téléchargement illégal, A land to end my flight est dans les bacs et bénéficie d'une distribution numérique. Quel est votre point de vue vis-à-vis de tout cela ?
Notre point de vue c'est que de toute manière, le marché du disque, on n'en fait pas vraiment partie avec nos quelques albums vendus et que du coup, le net, c'est un moyen hallucinant de diffusion pour des millions de groupes comme nous. Ce que j'en pense au fond, c'est que les majors ont cru pouvoir encore se gaver pendant longtemps en vendant des CD's à 20 euros, et se sont laissées surprendre par le numérique. Finalement, tout est de leur faute. Leur boulot, c'est pas seulement de se faire des couilles en or en vendant les oeuvres des autres, c'est aussi d'innover, de trouver des nouveaux supports de distribution, et de s'adapter au marché.C'est quand même un peu bien fait pour leur gueule. Après, sur la mort annoncée des artistes à cause du piratage, j'ai un peu du mal à le croire. Ou alors, la mort de quels artistes ? Et puis, on peut pas cracher sur le téléchargement, on le fait tous, et il ne me semble pas que Metallica ou Depeche Mode soient à l'agonie. De toute manière, l'important c'est pas l'industrie du disque, c'est le spectacle vivant : la scène.

Sur la toile, une rumeur persistante annonce que les Deftones ouvriront pour vous lors de votre prochaine tournée mondiale, info / intox ?
L : Ca devait se faire effectivement, mais on a finalement refusé parce qu'ils exigeaient une bouteille de whisky dans leurs loges ! Non mais pour qui ils se prennent ???

Allez, dis-le jouer dans Holophonics, ça aide avec les filles ?
Il arrive un moment où, quand t'es vraiment très laid, et surtout très con, plus personne ne peut plus rien pour t'aider avec les filles. (rires) De notre coté, elles peuvent plutôt plus se blairer le groupe...

Plus sérieusement, quelle est la prochaine étape pour le groupe maintenant, une suite à A land to end., des concerts, toujours des concerts ?
On a maintenant quelques structures qui vont nous épauler dans la promo du groupe et la recherche de dates. C'est une bonne chose. On espère faire le plus de dates possible pour défendre l'album. Pour l'instant, c'est l'objectif. En parallèle, on va reprendre les compos et commencer à bosser sur la suite.

Quelle est la question que je n'ai pas posée et à laquelle tu aurais vraiment aimé répondre pour conclure cette interview ?
Ca vous dirait d'ouvrir pour Tokyo Hotel ? (rires)