Hole - Nobody's daughter Quand elle n'est pas complètement défoncée suite à une énième sur-absorption de drogues dures (on ne va pas tout énumérer ici, la liste serait longue), quand elle ne défraie pas la chronique des faits divers de caniveau, qu'elle ne fait pas en sorte de perdre la garde de sa fille pour la deuxième fois (si si), Courtney Love fait donc de nouveau de la musique. En fait elle n'a jamais vraiment arrêté, sauf que ses dernières tentatives étaient tellement misérables qu'il vallait mieux faire comme si ça n'avait jamais existé. Mais au milieu de tous ces déboires toxico-fisco-judiciaires, il y a Hole, fondé à la fin des années 80 et avec lequel Courtney a quand même sorti Pretty on the inside ou Celebrity skin. Deux disques qui ont de la gueule et qui faisaient alors de Hole une des figures majeures de la mouvance grunge des 90's. Jusqu'à la séparation du groupe en 2002.
Mais comme il fallait nouveau remplir son compte en banque l'ex-madame Cobain a très logiquement réactivé son projet de toujours en 2009, annonçant un album sur lequel elle travaillerait avec Billy Corgan (Smashing Pumpkins). Collaboration forcément houleuse qui après de nouveaux déboires, plus privés, cette fois, abouti en 2010 à Nobody's daughter. Et c'est là qu'intervient une stratégie marketing très personnelle de la part de Courtney qui n'hésite pas à aller loin pour faire monter le buzz autour dudit album. Etape 1 : se montrer à moitié topless sur le web (on déconseille les âmes sensibles, c'est assez atroce). Etape 2 : balancer des saloperies sur de supposées orgies avec Billy Corgan (là c'est déjà plus drôle quoique...). Etape 3 : faire en sorte que ce-dernier l'accuse de lui avoir pompé (désolé) les titres de Nobody's daughter... Bref, de la communication qui vole très haut, à la hauteur du passif de la lady. Bon et sinon musicalement ? On va la faire courte, cet album censé soit-disant ranimer la flamme grunge 90's de Hole, est une blague. De mauvais goût. N'en déplaise à certains médias hexagonaux qui se sont extasiés en l'écoutant (quels pitres...), parce que bon... on a beau en recevoir des disques bien mauvais, là c'est quand même quelque chose.
Nobody's daughter donc, c'est son titre, qui débute par "Nobody's daughter", et qui ne commence pas si mal en fait. Une mélodie vaguement rock, une Courtney Love qui essaie péniblement de faire ce qu'elle peut au micro (au moins elle essaie...), des arrangements pas trop compliqués pour que tout le monde puisse suivre derrière, le résultat se laisse écouter comme n'importe quel single de pseudo-rock pour les kids destiné à abreuver les ondes FM, mais en un poil mieux. Honnêtement, ça aurait pu être pire. D'ailleurs, ça va être pire.... "Skinny little bitch" essaie de ressusciter la rage d'antan mais ne fonctionne qu'à moitié, voire même au tiers, "Honey" est une vague ballade grungy poussiéreuse sur laquelle Courtney Love parvient à écoeurer jusqu'au plus hardcore des fans de Hole de la première heure, et "Pacific coast highway" est juste chiant à mourir (courage, plus que 7 titres à tenir). Le problème étant qu'ici est que plus l'ex-Faith No More (et oui...) enchaîne, plus c'est mauvais. "Samantha", "Someone else's bed", "Force once in your life"... on n'a même pas droit au minimum syndical et la médiocrité crasse des compos prend le pas sur la mauvaise foi du début et on se dit que finalement... oh et puis rien, on arrête là sans voir la fin. Poubelle.