Hoboken Division - The Mesmerizing mix up of the diligent John Henry Bonnie & Clyde auraient-ils vécu plus longtemps avec un troisième porte-flingue pour tenir la chandelle ? Malins, les Nancéiens d'Hoboken Division ont en tout cas décidé de transformer leur duo de malfaiteurs en power-gang. Alors que Marie (chant) et Mathieu (guitare) se reposaient jusqu'ici sur une boîte à rythmes parfois handicapante en live, un batteur a en effet été recruté depuis quelques temps. Et comme tout malfrat qui se respecte, il fallait bien qu'il apparaisse enfin sur un album, « for the record ».

C'est chose faite avec ce second album au titre tiré par les cheveux. Un album qui prend donc un peu à revers au premier contact puisqu'on ne retrouve pas les coups de boutoirs métalliques du premier opus. Cependant le son reste rugueux et gentiment saturé. Quant à la frappe elle reste toujours aussi roots tout en se payant cette fois le luxe d'être humaine. D'ailleurs tout est plus humain cette fois-ci, puisque l'on sent bien que les deux autres se sont ainsi libéré de la place et de l'esprit pour explorer d'autres horizons sonores.

Là où Arts & crafts (2015) paraissait plus punk et direct (en réalité plus contraint donc) son successeur se permet de creuser le même sillon en prenant plus de risques. Le trio nancéien révèle alors tout son talent de compositeur et de mélodiste. Un talent qu'on avait certes aperçu auparavant mais qui ici s'exprime pleinement.

Au final on a donc un deuxième petit chef d'œuvre super varié, bourré de bonnes idées et d'arrangements efficaces. On navigue avec aisance entre une intensité bluesy, une énergie grunge, une urgence rock et des vapeurs psychédéliques. Les lignes de chants de Marie marquent la cervelle au burin alors que ses deux comparses tissent une toile aussi compacte qu'aérienne. La guitare chantonne tout autant qu'elle placarde et la batterie sait rester à sa place tout en faisant monter la sauce. Et surtout, cette fois, ça groove pour de vrai !

De quoi donner l'envie d'aller voir très vite ce que tout ça va donner sur scène. Mais attention ! Un batteur c'est sympa, mais contrairement à la beatbox, il boit et quand il boit il accélère !

(Ah et, inutile de le préciser, mais l'artwork de Jean-Luc Navette est encore superbe)

Enjoy plutôt deux fois qu'une !