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Originaire des contrées clermontoises, Herscher, duo noise-doom, voit le jour courant février 2010 et se met rapidement en tête d'enregistrer un EP. Une douzaine de concerts plus tard histoire de se rôder, un passage à l'Altho Studio au mois de mai et l'esprit DIY chevillé au corps, voici que le groupe sort donc en fin d'année un effort inaugural éponyme et complètement autoproduit.

Herscher / Chronique LP > Herscher

herscher - herscher Depuis leur premier EP en 2010, le duo auvergnat Herscher a gagné un instrument et ce n'est pas une guitare (ça aurait été trop simple) mais un petit synthé bien crado qui vient s'ajouter à la basse et la batterie. Pour être certain d'avoir un son poussiéreux titanesque, les gars sont retournés bosser avec Serge Morattel (Knut, Impure Wilhelmina, Shora, Year Of no Light... mais aussi leur deuxième EP). Le résultat est à la hauteur des espoirs placés dans le combo pour tous ceux qui aiment se faire mal au crâne avec de la musique. C'est lourd, ça sludge, ça doom, ça grésille de partout, ça pulse même parfois (le génial "Bandana"), le chant lourd (peu fréquent) semble un peu forcé (pourquoi chanter, laissez tout en instrumental ! Ou alors en mode incantation claire comme sur "Apocatastase"), le synthé n'apporte que des touches de gris foncé dans cet univers noir de crasse, c'est donc un régal pour les amateurs de métal obscur qui penseraient que Sunn O))) est trop pop. Et si l'adjectif "drone" te fait peur, laisse-toi tenter puis porter par la rythmique et les saturations des Clermontois, tu risques de changer d'avis (ou de choper la migraine mais bon, faut savoir prendre des risques dans la vie !).

Herscher / Chronique EP > Herscher (first EP)

Herscher Il y en a pour qui DIY et autoproduction ne riment pas forcément avec enregistrement livré n'importe comment. Certains optent pour un CDr+boîtier cristal avec une vague pochette crayonnée au stabilo et une production comme tout droit sorti du garage des beaux-parents... et d'autres qui font les choses bien. Herscher boxe dans la seconde catégorie. Donc CDr oui, mais accompagné d'un beau vinyle 12'' plutôt du genre très classe qui tend à suggérer habilement que ces gars-là ne sont pas du genre à bâcler le travail. Un petit "Robota" plus tard et voici qu'arrive la confirmation : ce duo, c'est du sérieux.
Noise-doom, un gros chargement de groove bien stoner, des tempi lancinants mais pas trop, un feeling phénoménal... dans ce style là, on avait les incontournables Om, après un seul titre, on se dit qu'il se pourrait bien qu'on ait à compter avec Herscher très prochainement. D'ailleurs, tellement vite que "Night of Walpurgis" achève de nous convaincre... déjà. Paire basse-batterie exclusivement instrumentale, l'entité clermontoise ne se cache pas et envoie ses compos éparpiller les décibels aux quatre coins du studio, tout pile entre heavy-rock, noise-doom, stoner, le tout étant largement stimulé par une grosse débauche d'énergie (forcément à deux, difficile de jouer petits bras sans que cela ne se voit tout de suite).
Climax de cet EP, "Cyclopes" voit le duo explorer toutes les facettes d'un stoner-doom "supernoïsique" aux tendances dronisante (sur "Groom lake" surtout), lesté de plomb et sévèrement burné dans son genre. Lourd et obsédant, un son bien gras, une basse grésillante, on se rapproche des sphères opaques du culte Electric Wizard, le côté mystique en moins, l'approche résolument frontale en plus. Car Herscher c'est du noise-doom frondeur et vénéneux (trans)porté par une batterie volubile et percutante, une alchimie entre les duettistes totale pour un résultat qui mérite très largement que l'on s'y penche... de toute urgence.