hell_is_for_heroes_hell_is_for_heroes.jpg Cela commence à devenir une habitude, lorsqu'un groupe reconnu peine à trouver un titre adéquat en vue de son nouvel album, même s'il en a déjà plusieurs au compteur, choisi la facilité : l'éponymie. On avait déjà observé celà avec Deftones, le quatrième effort du quartet de Sacramento, la tendance se confirme aujourd'hui avec le troisième album studio des Hell is For Heroes; et très prochainement avec KoRn qui a d'ores et déjà baptisé son futur album : Untitled. Considérés par beaucoup comme l'un des fers de lance de la scène émo-rock, les Hell is For Heroes avaient marqué les esprits avec leur deuxième album Transmit disrupt, deux ans plus tard, le groupe passe la surmultipliée et livre un album en forme de véritable machines à tubes. Production canon, mélodies taillées pour atomiser les charts anglo-saxons, guitares puissantes, rythmiques incisives, les londoniens lâchent tout ce qu'ils ont dans le ventre, mais le font avec la manière, sans jamais céder à la facilité.
Car une fois passé l'excellent prologue instrumental "To die for", le groupe enclenche la seconde et met la machine à tubes en mode "on". Un titre à l'intro évoquant les Bloc Party, une mélodie qui se visse instantanément dans les mémoires, des guitares qui en veulent et le font entendre, le groupe cherche l'efficacité et atteint son but sans difficulté. Mais s'arrêter là et livrer une suite de titres radiophoniques et sans âmes ne semblent pas intéresser les Anglais. Et nos "heroes" émo-rock de s'offrir quelques hits absolus en alliant intelligement leur sens du tube avec des instrumentations plus raffinées que la moyenne ("Between us", "..."). Avec matûrité et un savoir-faire évident, le groupe accroche l'auditeur lambda pour ne plus le lâcher. Dans le doute, une fois la cible vérouillée, les Anglais font parler la poudre et lui offre quelques morceaux de bravoure émo ("Hands up" notamment) afin de démontrer avec force et élégance que l'on peut relever un genre même profondément enterré par des vagues de groupes plus fossoyeurs que musiciens. Certes, parfois un peu répétitif, Hell is for heroes est un album qui se découvre et se déguste avec un plaisir évident tant les Anglais ont su nous pondre quelques pépites rock aux mélodies imparables ("Into the blood", "Only the ridiculous will survive") et à l'efficacité difficilement contestable.