Hein Cooper - The Art Of Escape 1 À 24 ans, l'Australien Hein Cooper sort un premier album nommé The art of escape qui fait suite en tout logique à un EP paru l'année dernière, lui permettant à cette occasion de débuter une collaboration avec Indica Records, le label fondé par les Québécois de Grimskunk. Autant, on ne sait plus trop ce que deviennent ces derniers, autant cela nous enchante de les voir essayer de défendre cette "nouvelle" scène indie folk-pop qui marchent plutôt pas mal depuis 10 ans environ, mais qui a du mal à se renouveler, à confirmer ou tout simplement à se pérenniser. Un peu à l'image de Naïve (M83, Jeanne Added, Liars) qui a pris la licence pour la sortie de ce disque en France tout en continuant, malgré ses problèmes financiers, d'essayer de faire émerger bec et ongles ses coups de cœur.

En France aussi, cette scène musicale florissante fait des émules, si bien que dès l'introductive chanson éponyme, on a comme l'impression d'avoir affaire à un nouveau titre du Bordelais Botibol, lui aussi musicien très curieux et fan de mélodies lumineuses, qui n'a pas hésité à passer du folk-pop au rock au fil de ses albums. En ce qui concerne le son de Hein Cooper, le rock n'est pas encore un parti pris, car quand le rythme s'enclenche, c'est pour toucher de plein fouet une pop fourrée à la fois de beaux arrangements à la mélancolie immédiate ("Rusty", "Water") ou de séquences guillerettes et entraînantes avec une éloquence calculée ("All my desires" ou "Overflow", un titre parfait pour un habillage sonore de publicité).

Ce premier LP, enregistré et produit à Montréal par Marcus Paquin (Local Natives, The National, Arcade Fire), s'affirme par l'écriture mature d'une compilation de dix chansons effectuée sur la route, d'où ce titre évoquant notamment le voyage, sans véritable autre envie que de démontrer qui est Hein Cooper en 2016. Et de se présenter finalement, car absolument anonyme dans l'hexagone. Le bonhomme est encore assez jeune pour se chercher musicalement, se faire un nom aussi, on lui pardonnera donc son manque d'intention de bouleverser une folk-pop déjà fortement bien implantée dans les rayons des disquaires (ou ce qu'il en reste). Mais l'excellent travail fourni sur cette œuvre saura largement contenter ceux qui aiment s'échapper en musique, en été comme en hiver.