rock Rock > Harms Way

Biographie > Le riff et la manière

Harms Way existe depuis 2003 et il faut bien le reconnaître, ce combo suédois a bien failli sombrer dans le ridicule s'il n'avait pas changé son nom d'origine pour celui que l'on connaît maintenant. Car, là, il faut savoir que l'on a échappé à Root of all evil, ce qui est quand même la crème du hard kitchissime. Mais voilà, des groupes de hard marqués au fer rouge par les Black Sabbath ou Kyuss, scandinaves qui plus est, il y en a déjà à la pelle, alors Dim (chant, basse), Erik (guitare), Freddie (guitare) et Stipen (batterie) avaient plutôt intérêt à passer la surmultipliée pour sortir du lot ; et après avoir sorti un maxi 10'' en édition ultra-limitée (1000 exemplaires) en 2004, les voici débarquant fin 2006 avec un album intitulé Oxytocin qui taille dans le vif... et qui effectivement tape dans le haut du panier.

Harms Way / Chronique LP > Oxytocin

harms_way_oxytocin.jpg Lorsqu'un groupe nous a marqué pendant des années de son empreinte, il est légitimement difficile de s'affranchir de son influence lorsque l'on sort, soit-même son premier disque. Mais parfois, revendiquer et assumer pleinement ses références musicales permet également de travailler en toute liberté et d'affirmer sa personnalité artistique. Harms Way en est l'exemple même. Du Black Sabbath, du Kyuss, ces quatre suédois en ont bouffé, c'est une évidence. Mais avec Oxytocin, le groupe parvient souvent à digérer son background pour trouver son propre style, sa griffe rock. Et pourtant ce n'était pas gagné d'avance. Car avec le titre "As time goes by" qui ouvre l'album, on ne peut pas dire qu'Harms Way parvienne à marquer les esprits. Des lignes de gratte répétitives, une structure classieuse, des mélodies peu inventives, le groupe fait du rock lorgnant vers un hard surrané. On repassera.
Et justement, lorsque l'on attaque la suite, le groupe semble se réveiller et passe la seconde. Finit de déconner, le combo lâche les cheveaux et fait parler la puissance avec un "High becomes low" burné, massif et ravageur. La machine à riffs vient d'être enclencher et les suédois trouvent leur rythme et là, ça fait "mâle". Guitares acérées, ambiances caniculaires, chant clair parfaitement maîtrisé, section rythmique au poil (de cul), Harms Way vient de passer au choses sérieuses. On se rassoit et on écoute. Le groupe parvient à conjuguer riffs bruts de décoffrages façon Kyuss et arrangement psycho-stoner à la manière d'un Monkey3. Le pied intégrale. Surtout que la suite est du même calibre avec un "Million ways" branché sur courant alternatif et au relents très Queens of the Stone Age, puis un "Move your face" énergique, mélodique et parfaitement jouissif. Harms Way a de l'énergie à revendre et le fait savoir, livrant des wagons de riffs façon "il y en a un peu plus je vous le mets quand même ?" sur "Tsunami" avant de se poser un peu et de ralentir le tempo avec "9 out of 10" puis "Hocus pocus". Car, c'est ça le petit truc en plus d'Oxytocin, une propension à livrer des hits heavy rock aux soli de grattes bien gras et massifs, mais également des morceaux aux structures plus travaillées, aux arrangements subtils et maîtrisés. Dans un genre qui ne manque pourtant pas de prétendants, Harms Way parvient à imprimer sa marque.

Version anglaise
When a group marked us during years of its print, it is legitimately difficult to be freed from its influence when one leaves, is -even its first disc. But sometimes, to assert and assume fully its musical references also make it possible to work with complete freedom and to affirm its artistic personality. Harms Way is the example even. Of Black Sabbath, of Kyuss, these four Swedish puffed out some, it is an obviousness. But with Oxytocin, the group often manages to digest its background to find its own style, its claw rock'n'roll. And yet it was not gained in advance. Because with the title "Have time goes by" which opens the album, one cannot say that Harms Way manages to mark the spirits.
Lines of guitars repetitive, a classiest structure, not very inventive melodies, it's a little too traditional to convince. One will pass by again. And precisely, when the continuation is tackled, the group seems to awake and spends the second. Finishes joking, the group makes speak the power with a "High becomes low", solid mass and ravager. The machine with riffs has just been to engage and Swedish finds their rate/rhythm and, that made "male there". Sharp-edged guitars, clearly perfectly controlled song, rhythm section with the hair (of bottom), Harms Way has just passed to the serious things. One sit down and one listens. The group manages to combine riffs rough dismantling Kyuss way and arrangement psycho-stoner with the manner of Monkey3. Especially that the continuation is same gauge with a "Million Ways" connected on AC current and with the relents very Queens of the Stone Age, then a "Move your face" energetic, melody and perfectly powerful. Does Harms Way have energy to resell and the fact knowledge, delivering coaches of riffs way "there is a little more I put it nevertheless to you?" on "Tsunami" before being posed a little and slowing down the tempo with "9 out of 10" then "Hocus pocus". Because, it is that the small trick in more of Oxytocin, a propensity to deliver hits heavy rock'n'roll to the soli of guitars quite fatty and massive, but also of the pieces to more worked structures, with subtle and controlled arrangements. In a kind which however does not miss applicants, Harms Way manages to print its mark.