Hamasaari

Interview : Hamasaari, Hamasaar' interview (janv. 2026)

Hamasaari / Chronique LP > Pictures

HamaSaari Pictures Pas de surprise avec le nouvel album d'HamaSaari, on sait que le groupe soigne les détails, les ambiances et met à profit son expérience pour davantage sublimer son talent. Et en plus de sa musique, nous sont offerts des images car ce Pictures ne s'apprécie pas uniquement avec les oreilles.

En effet, notre premier contact avec l'opus est un strip assez minimaliste, six cases qui évoquent une nature calme et une case centrale qui reste vierge. On pourrait penser que c'est à nous de la compléter, mais pour ma part, je pense plutôt que chacun des dessins renvoie à l'une des sept compositions, la quatrième étant "Lost in nights", on se retrouve perdu dans le noir, cela correspond à la description que l'on peut faire de cette case qui n'est donc finalement pas vierge, mais noire... Le titre ne l'est pas tant que ça, la voix limpide de Jordan survole le paysage et émerge lorsque les riffs de guitare créent un brouillard électrique. Le timbre particulier et repérable du chanteur nous sert de guide tout au long des plages, peu importe que le son soit clair ou saturé, il reste mélodieux et touchant, établissant un contact immédiat et constant avec l'auditeur. C'est que HamaSaari aime à jouer avec les sonorités, ils ont performé en acoustique avec leur précédent album et cela s'entend sur la qualité de la résonance des peaux de la batterie comme des cordes ("Below the lightnings", "Under the trees"), y compris quand elles sont caressées pour aller chercher une autre note. Le passage sur la distorsion se fait toujours en douceur, même quand le riffing se fait plus lourd et aiguisé ("The wild ones") ou joue sur la tension et la nervosité ("Frames" que l'on remarque davantage par les quelques tournures proches de l'esprit de Tool que par les cœurs de Christelle Ratri, la chanteuse de Kristel apporte, certes une dynamique intéressante, mais avec une aussi belle voix, on aimerait l'entendre encore plus). Personnellement, c'est quand le groupe amalgame les opposés et marie les atmosphères que je les trouve les plus efficaces. À ce titre, même si "Under the trees" est très beau, je lui préfère les tourments et les variations de "Home".

On avait découvert HamaSaari avec un excellent Ineffable il y a un peu plus de deux ans, on les retrouve en ce début d'année avec un Pictures tout aussi réfléchi et réussi. Attention, le groupe est relativement discret, il ne fera pas spécialement de tapage mais pourrait passer près de chez toi, ce serait dommage de louper une telle expérience...

Publié dans le Mag #69

Hamasaari / Chronique LP > Ineffable

Hamasaari - Ineffable C'est parce qu'ils pensaient qu'ils avaient fait le tour des expérimentations possibles avec Shuffle que le quintet a déposé les instruments. Et c'est parce qu'ils avaient encore des idées à exprimer qu'ils les ont repris... Mais en se focalisant sur un style plus précis et pointu, ils ont préféré changer de nom pour ne pas décevoir les amateurs de rock très ouvert et marqué par les États-Unis. Le choix, affiné, s'est porté vers un rock-metal progressif et ce "nouveau" combo s'appelle HamaSaari, une connotation scandinave qui évoque le froid, l'aventure et la beauté des aurores boréales.

Mêmes musiciens, même graphiste, même studio, même label, les Manceaux ont gardé tout ce qui fonctionnait très bien du temps de Shuffle et se sont fait plaisir pour vivre à fond leur nouvelle aventure. En l'occurrence, ils ont travaillé sur la composition et les arrangements avec Guillaume (Klone) et ont fait mixer et masteriser leur premier album par Forrester Savell (Karnivool, Animals as Leaders...), deux renforts de poids pour exprimer l'indicible avec Ineffable.

Si les titres ne sont pas très longs (entre 4 et 7 minutes), les ambiances prennent le temps de s'installer, plutôt dans la clarté et la douceur, c'est avec des sons clairs et ronds qu'on entame chaque trip, l'électricité comme la distorsion n'arrivent qu'en cours de route pour apporter de la tension si c'est nécessaire ("Lords" ou "Prognosis" préférant par exemple rester paisible et tranquille). Exception à cette règle, c'est avec saturation que nous reçoit "White pinnacles", et malgré le déluge de feu des guitares et de la rythmique, le chant garde son aspect lumineux et chaleureux, nous laissant la tête hors de l'eau, limitant les écarts gutturaux, ces derniers étant même passés relativement à l'arrière-plan dans le mix.

Avec cette domination d'une approche plus rock que metal et un timbre de voix assez pop, HamaSaari peut être comparé à Porcupine Tree ou Steven Wilson en solo. Il y a pire comme référence...

Publié dans le Mag #55